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Les aurores boréales et moi, c’est une histoire d’amour qui dure maintenant depuis plus de 5 ans. On commence à se connaitre pas mal et je vais les voir plusieurs fois par an. Pas seulement pour faire de la photo, mais parce que voir ce spectacle, c’est inlassablement se retrouver émerveillé avec ses yeux d’enfants. Il est impossible de s’en lasser car chaque aurore est différente, chaque lieu est différent et ce n’est, mine de rien, pas si évident que ça de se retrouver dans les meilleures conditions. Donc ça se mérite, et ça amplifie d’autant plus la satisfaction 🙂
Je vais surtout dans le nord de la Norvège, à Tromso, Senja, un peu les Vesteralen et Lofoten et une paire de fois dans la région d’Alta. Je suis également allé les voir en Islande mais c’était un superbe échec 😀
Parce qu’organiser un voyage pour voir les aurores boréales demande un peu d’organisation et surtout fait se poser beaucoup de questions (les meilleurs endroits, quelle période…), j’ai regroupé ici toutes les questions que je me suis posé durant ces quelques années, que je continue également de me poser avant d’y retourner, ainsi que les questions les plus fréquentes que j’ai pu voir sur les forums ou sur les réseaux sociaux. Il peut en manquer, auquel cas, n’hésitez pas à m’envoyer un ptit message, je vous répondrai et je rajouterai les éléments manquants ici.
Je vous ai également listé tous les articles liés aux aurores boréales, ils sont affichés sous les questions/réponses 🙂
Mais attention, je vais le préciser à peu près tout le temps, mais les aurores boréales sont un phénomène naturel, et donc sacrément imprévisibles. Il n’y aura jamais de garantie de les voir, même si les probabilités (basées sur ma petite expérience) sont grandes. C’est ce qui fait la beauté de la chose. Je sais qu’elles peuvent ne pas être là, donc je ne suis pas déçu si je ne les vois pas. Par contre je serai toujours excité comme une puce en les voyant. Même 5 minutes. Donc armez vous de votre plus grande patience, car si elles viennent, elles peuvent venir n’importe quand.
Les 5 questions à se poser pour voir les aurores boréales
Pour vous aider à planifier votre voyage (car il y a vraiment beaucoup de questions à se poser quand on ne connait pas), il y a ces 5 questions à se poser. Evidemment, il y aura plein de sous parties, j’ai vraiment mis un paquet d’informations. Mais d’abord le “quand””, et ensuite vous pourrez choisir le “où”. Ca c’est le plus important.
- En quelle saison partir
- Automne ou hiver : neige ou pas, froid ou pas trop froid.
- Où aller : dans quel pays et quelle région
- Paysages montagneux ou lacs et forêts, choisissez entre la Norvège, l’Islande, la Laponie finlandaise notamment
- d’ailleurs, dans l’article suivant, je vous indique les meilleurs endroits en Europe pour voir les aurores boréales
- Paysages montagneux ou lacs et forêts, choisissez entre la Norvège, l’Islande, la Laponie finlandaise notamment
- Comment voir les aurores boréales une fois sur place
- Etudier la météo pour savoir où aller en louant une voiture
- Comment bien choisir son agence pour voir les aurores
- Trouver les bons endroits avec vue dégagée, loin des lumières
- Comment s’habiller
- Bien se couvrir en hiver car le froid peut être terrible
- Faire attention aux chaussures
- Comment les photographier
- Quel matériel nécessaire
- Quels sont les paramétrages
- Photographier avec un appareil photo

Qu’est-ce qu’une aurore boréale ?
Une aurore boréale est une lumière produite dans le ciel quand des particules chargées venues du Soleil percutent les atomes de notre haute atmosphère. Le champ magnétique terrestre dévie ces particules vers les pôles, où il est le plus faible : c’est pour ça qu’on les voit au nord et au sud, et quasiment jamais ailleurs.
Je ne vais pas vous faire un cours de physique, ce n’est pas mon métier et vous n’êtes probablement pas là pour ça. Mais après quelques années à les chasser, il y a trois ou quatre choses que j’aurais aimé comprendre plus tôt, parce qu’elles changent vraiment la façon dont on les observe.
Comment se forme une aurore boréale ?
Le Soleil envoie en permanence un flux de particules : le vent solaire. Quand il est calme, il glisse autour de notre champ magnétique sans rien faire. Quand il s’énerve (une éruption, une éjection de matière, ou un « trou coronal » qui laisse s’échapper un vent plus rapide), une partie de ces particules s’engouffre par les pôles, descend dans l’atmosphère et percute les atomes d’oxygène et d’azote. Ces atomes encaissent l’énergie, puis la relâchent sous forme de lumière.
C’est tout. Une aurore boréale, c’est de l’atmosphère qui rend l’énergie qu’elle vient de recevoir.
Deux conséquences très concrètes pour vous :
- Les aurores sont là quasiment tout le temps. Ce qui change, c’est leur intensité, et surtout notre capacité à les voir : il faut qu’il fasse nuit et que le ciel soit dégagé. C’est pour ça que je répète que la météo compte plus que l’activité solaire.
- Elles se produisent très haut. Entre 100 et 300 km d’altitude, parfois plus. Elles sont donc à des dizaines de kilomètres au-dessus des nuages, et bien au-dessus des avions. Ce que vous voyez « juste derrière la montagne » est en réalité à 150 km de vous.
Elles entrent dans une zone en forme d’anneau autour du pôle magnétique : l’ovale auroral, grosso modo entre 65° et 75° de latitude nord. C’est la donnée qui compte pour choisir sa destination, et j’y reviens plus bas.
Pourquoi les aurores boréales sont-elles vertes ?
Le vert vient de l’oxygène, entre 100 et 250 km d’altitude. C’est la couleur que notre oeil capte le mieux dans le noir, et c’est aussi celle que l’oxygène émet le plus facilement : d’où la domination du vert.
Les autres couleurs répondent à la même logique, l’altitude en plus :
- Vert — oxygène, 100 à 250 km. La couleur classique, celle qu’on voit dans 90 % des cas.
- Rouge — oxygène aussi, mais plus haut, au-dessus de 250 km. L’air y est très raréfié, l’émission est plus lente et plus rare. C’est pour ça que le rouge apparaît surtout lors des grosses tempêtes.
- Violet / bleu — azote, sous 100 km. On le voit en bas des rideaux, quand ça pète vraiment fort.
- Rose — de l’azote en bordure basse de l’aurore. C’est souvent le liseré rose qui court sous une bande verte, et c’est magnifique.
Point important, que personne ne dit assez : ce que vous voyez en photo ne correspond pas à ce que voit votre oeil. Le capteur accumule la lumière pendant plusieurs secondes, votre oeil non. Une aurore faible, en vrai, c’est un voile pâle grisâtre qu’on pourrait confondre avec un nuage — c’est la photo qui révèle le vert. Une aurore moyenne ou forte, en revanche, est franchement verte à l’oeil nu, et là il n’y a aucun doute possible. Quand ça part dans tous les sens, c’est même plus impressionnant en vrai qu’en photo, parce que ça bouge.
Aurores rouges, arcs SAR et STEVE : ce que vous avez vraiment vu depuis la France
Si vous avez vu « des aurores » depuis la France en mai 2024 ou en janvier 2026, il y a de fortes chances que ce ne soit pas exactement une aurore boréale classique. Et c’est une question qu’on me pose beaucoup, alors autant la traiter proprement.
Depuis nos latitudes, on est trop au sud pour voir la base verte de l’aurore : elle est sous l’horizon. Ce qui dépasse, c’est le haut, donc le rouge. D’où ces immenses voiles roses et rouges photographiés partout en France, sans le moindre vert.
Trois phénomènes différents, souvent confondus :
- L’aurore rouge classique — le sommet d’une vraie aurore, à plus de 250 km, vu depuis loin au sud. C’est le cas le plus fréquent en France.
- L’arc SAR (Stable Auroral Red arc) — techniquement, ce n’est pas une aurore. C’est un arc rouge très diffus et immobile, produit par un mécanisme différent, lié à l’énergie stockée dans la magnétosphère. Il apparaît plus au sud que les aurores et reste stable pendant des heures. Beaucoup de photos françaises de mai 2024 sont en fait des arcs SAR.
- STEVE — un ruban violet-mauve étroit, orienté est-ouest, souvent accompagné d’une « palissade » verte. Découvert par des photographes amateurs, il n’a été étudié scientifiquement que récemment. Ce n’est pas une aurore non plus : c’est un flux de plasma très chaud. Rare, et un des plus beaux trucs à voir.
Ça ne change rien à la beauté du spectacle, mais ça change la façon d’en parler — et si vous avez photographié un arc SAR depuis la Bretagne, vous avez vu quelque chose de plus rare qu’une aurore verte à Tromso.
Peut-on entendre les aurores boréales ?
Oui, mais très rarement, et le phénomène n’est expliqué que depuis peu. Des chercheurs finlandais ont enregistré des claquements et des grésillements secs pendant des aurores intenses, produits à seulement une centaine de mètres au-dessus du sol — pas à 100 km. L’hypothèse retenue : une couche d’inversion de température qui accumule des charges électriques et les libère brutalement.
Personnellement, je n’ai jamais rien entendu. Il faut réunir des conditions rares : une aurore très forte, un froid sec avec inversion de température, et surtout un silence absolu. Autant dire que si vous êtes cinq à discuter à côté de la voiture qui tourne au ralenti, c’est mort. Ce n’est pas une raison pour ne pas tendre l’oreille : c’est aussi ça, la magie de rester planté dans le noir pendant deux heures.
Et dans l’hémisphère sud ? Les aurores australes
Le phénomène est exactement le même, en miroir. On parle alors d’aurores australes, et le terme correct qui englobe les deux est « aurores polaires ».
Le problème du sud, c’est la géographie : il n’y a quasiment pas de terres habitées à la bonne latitude. Les meilleurs postes d’observation sont le sud de la Nouvelle-Zélande (Tekapo, Queenstown, Invercargill), la Tasmanie, Ushuaia et les Malouines. Partout ailleurs, c’est l’océan ou l’Antarctique. Résultat : les aurores australes sont plus difficiles à voir, plus souvent basses sur l’horizon, et beaucoup moins accessibles. C’est pour ça que tout le monde va au nord.
Expliquer les aurores boréales à un enfant, en trois phrases — le Soleil souffle des petits grains de lumière invisibles. La Terre a un bouclier magique qui les repousse, sauf tout en haut et tout en bas, là où le bouclier a un trou. Les grains qui passent par le trou tapent dans l’air très haut dans le ciel, et l’air s’allume en vert. Ça marche très bien, testé sur plusieurs neveux.
Aurores boréales en 2026 et 2027 : est-il trop tard ?
Non, au contraire. Le maximum solaire est passé (octobre 2024), mais l’activité géomagnétique — celle qui produit réellement les aurores — culmine deux à quatre ans APRÈS ce maximum. Nous sommes donc en 2026-2028 dans la meilleure fenêtre du cycle.
C’est le point sur lequel je me suis moi-même trompé pendant un moment, et que je corrige ici. On lit partout « dépêchez-vous, le maximum est passé ». C’est une lecture trop rapide, et les chiffres disent autre chose.
Ce qui est établi :
- La NASA et la NOAA ont officiellement annoncé le maximum du cycle solaire 25 le 15 octobre 2024. Le pic du nombre de taches solaires lissé a été atteint ce mois-là, à 160,9 — bien au-dessus de ce qui était prévu.
- Mais l’indice Ap, qui mesure l’activité géomagnétique réelle, a atteint son maximum du cycle en novembre 2025, soit treize mois APRÈS le pic des taches. Il s’est maintenu à ce niveau depuis.
- L’Observatoire Royal de Belgique l’écrit noir sur blanc : les plus fortes valeurs d’Ap surviennent en général deux à quatre ans après le maximum solaire. En cause : les trous coronaux équatoriaux, qui se multiplient dans la phase descendante, plus quelques régions actives isolées mais très violentes.
- Le comptage des tempêtes le confirme. En 2024 : 41 intervalles de tempête G1. En 2025 : 113. Et 2026 en est déjà à 49 après sept mois.
Traduction pour votre voyage : le Soleil de 2026-2027 reste à un niveau d’activité comparable au maximum du cycle précédent. Il y aura moins de tempêtes extrêmes type mai 2024, mais nettement plus d’occasions — des tempêtes plus modérées, plus longues, et qui reviennent tous les 27 jours au rythme de la rotation solaire. Pour quelqu’un qui part une semaine à Tromso, c’est une excellente nouvelle.
Et un bonus dont on parle peu : ces tempêtes-là sont amplifiées aux équinoxes (l’effet Russell-McPherron, documenté depuis 1973). C’est la raison scientifique derrière ce que je constate empiriquement depuis des années : mi-mars et mi-septembre, il se passe toujours quelque chose.
Où en est exactement le cycle solaire 25 ?
Voici les chiffres officiels de la NOAA, mis à jour en août 2026. Le nombre de taches solaires lissé prévu :
- 2026 : 97 — soit encore au-dessus du maximum du cycle 24 (116 au pic, mais on en est proche)
- 2027 : 77
- 2028 : 47
- 2029 : 25, puis on plonge vers le minimum
La décroissance est lente en 2026 et ne s’accélère vraiment qu’à partir de 2027. Le prochain minimum solaire est attendu vers 2030-2031, et la NOAA refuse pour l’instant de donner une date précise pour le début du cycle 26 (elle annonce une fourchette allant de janvier 2029 à décembre 2032).
Ma lecture, en tant que voyageur et pas en tant que scientifique : si vous voulez voir des aurores, les saisons 2026-2027 et 2027-2028 sont excellentes. 2028-2029 sera encore correcte. Après, ça devient plus dur, mais jamais impossible — sous l’ovale auroral, à Tromso ou en Laponie, on voit des aurores même au minimum solaire. Ce sont les latitudes moyennes (France, Belgique) qui vont vraiment décrocher.
Les grandes tempêtes récentes, de mai 2024 à aujourd’hui
Le palmarès du cycle 25, avec les niveaux officiels de la NOAA (G1 mineure à G5 extrême) :
- 10-12 mai 2024 — G5 extrême, la fameuse « tempête Gannon ». Kp 9, l’événement le plus fort depuis 2003. Aurores visibles jusqu’au Mexique, et évidemment dans toute la France.
- 10-11 octobre 2024 — G4 sévère. Largement observée en France.
- 1er-2 janvier 2025 — G4. Curiosité : le nord de la France était bouché, seul le quart sud a pu observer. Photographiées au Queyras et dans le Var, avec des couleurs perceptibles à l’oeil nu pendant quelques minutes.
- 11-12 novembre 2025 — G4. Visibles dans toute la France, avec un pic vers 3h du matin. Baie de Somme, Côte-d’Or, Morzine.
- 19-20 janvier 2026 — G4, et l’événement le plus spectaculaire depuis mai 2024. Aurores roses ET vertes visibles à l’oeil nu. Les plus belles photos sont venues du nord de la Bretagne — le phare de Ploumanac’h sur la Côte de Granit Rose, Brignogan dans le Finistère — mais aussi des Vosges, du Jura et de Haute-Savoie. Également observées au Royaume-Uni, en Belgique et en Allemagne.
Petite précision sur janvier 2026, parce que les titres de presse ont un peu dérapé : ce qui était inédit depuis 2003, c’est la tempête de radiation solaire (niveau S4, un flux de protons exceptionnel), pas la tempête géomagnétique elle-même, qui est restée au niveau G4 déjà atteint en octobre 2024 et novembre 2025. Ça reste énorme, mais autant être précis.
Depuis février 2026, rien de visible depuis la France. C’est normal : il faut du G4 minimum pour nos latitudes, et l’été rend l’observation impossible de toute façon. La saison reprend à partir de fin août.
Quand peut-on voir les aurores boréales ?
Concrètement, dès qu’il fait à peu près nuit. L’activité est probablement plus forte en hiver, mais dans le nord de l’Europe (Tromso, Islande…), les aurores boréales sont visibles de fin août à début avril. En effet, au delà il n’y a plus de véritable nuit et donc l’oeil ne peut plus voir les aurores. Mais elles sont là toute l’année! Dans certains endroits du Canada, assez hauts pour les voir mais assez bas pour ne pas avoir le soleil de minuit, ils en voient timidement en août (au nord de l’Ecosse aussi, par exemple).
Donc au final, au nord de la Norvège, Suède, Finlande et Islande on a 7 mois pleins pour voir les aurores, ce qui est plutôt pas mal!

Quel est le meilleur mois pour voir les aurores boréales
Voici mon avis, mois par mois, pour une destination bien située (c’est à dire Laponie finlandaise, suédoise, Tromso, Islande…). Dites vous qu’il n’y a pas de mois avec plus d’aurores que d’autres, c’est surtout une question de météo, et de ce que vous voulez faire à côté :
- Septembre : j’adore ce mois, les jours sont assez longs, l’effet équinoxe, la météo est normalement bonne
- Octobre : aussi un très bon mois, ça se rafraichit un peu, il peut y avoir un peu de neige, mais ça reste agréable. Il y a plus de pluie
- Novembre : les jours sont courts, la météo devient plus difficile mais tant qu’on est mobile il y a des possibilités
- Décembre : des jours très courts, peu de luminosité. De la neige, du froid, pas mal de monde pour les fêtes de fin d’année
- Janvier : toujours bien froid, un peu plus de lumière, les couleurs sont jolies, la météo est moins difficile que novembre/décembre “normalement”
- Février : un mois populaire, une météo qui s’améliore, il fait froid avec plein de neige, le vrai hiver
- Mars : j’adore. De très belles couleurs, un peu moins froid, toujours plein de neige, des jours plutôt longs, et l’effet équinoxe mi mars
- Avril : mi avril il n’y a plus de vraie nuit, donc c’est très difficile de voir les aurores. Pas impossible mais vraiment pas facile.
Pour vous donner une idée, j’ai fait cette petite infographie qui devrait vous aider

Voir les aurores boréales en France et à basse latitude
C’est possible, mais il faut une vraie tempête solaire — au minimum un niveau G4, soit un Kp de 8. Ça arrive une à trois fois par an dans une période active comme celle-ci. Depuis mai 2024, la France a connu cinq épisodes vraiment observables.
Le seuil dépend directement de votre latitude. Voici les repères que j’utilise :
- Tromso, Laponie, Islande — Kp 2 à 3 suffit. Vous êtes sous l’ovale, il n’y a pas besoin de tempête.
- Écosse, sud de la Norvège, Danemark — Kp 5 à 6.
- Nord de la France, Belgique, Bretagne — Kp 6 à 7 pour un voile à l’horizon nord, Kp 7 et plus pour que ce soit franchement visible.
- Paris et le centre — Kp 7 minimum.
- Sud de la France, Suisse, Alpes — Kp 8 à 9. Autant dire un événement.
Deux choses à savoir avant de vous coucher déçu :
1. Le rouge, pas le vert. Depuis la France, la base verte de l’aurore est sous l’horizon. Ce qui dépasse, c’est le haut, donc du rouge et du rose. Ne cherchez pas du vert au nord, cherchez une lueur rosée qui ne ressemble pas à de la pollution lumineuse. Et prenez une photo de test avec un temps de pose long : l’appareil verra avant vous.
2. La météo décide, comme partout. Le 19 janvier 2026, les trois quarts du territoire étaient sous les nuages au moment du pic. Ceux qui ont eu les plus belles images sont ceux qui se sont déplacés vers une trouée.
Comment être prévenu :
- Me suivre sur Instagram ou Facebook — je préviens quand ça s’agite et qu’il y a des chances sérieuses
- Suivre Spaceweatherlive, qui reste la meilleure source grand public
- Installer une application avec alertes et géolocalisation, comme My Aurora Forecast. Attention : activez bien les alertes, sinon ça ne sert à rien. Et regardez les webcams, c’est ce qui vous dira le plus vite si le show a commencé au Danemark ou en Écosse.
- Pour la France, le Kp est l’indicateur à surveiller. Mais le vrai signal, c’est un Bz très négatif (-20 à -30) associé à un Bt élevé. J’explique tout ça plus bas.
Et pour les années qui viennent ? Comme je l’explique dans la section sur le cycle solaire, il faut compter sur une à trois occasions par an jusqu’en 2028 environ, puis nettement moins ensuite. Le prochain minimum est attendu vers 2030-2031. Si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté sans attendre une tempête, la vraie réponse reste : montez vers le nord.
Quelle est la meilleure saison pour voir les aurores boréales?
Comme je l’indique juste au dessus, les aurores boréales sont potentiellement visibles dès qu’il fait nuit. Donc la meilleure période va dépendre d’abord de vous, puis de la météo. Est ce que vous souhaitez voir les aurores boréales dans la magie de l’hiver, avec la neige, les activités (chien de traineau, raquettes…) ou plutôt en automne avec pas mal de randonnées et de la verdure.
- Pour l’hiver, je conseille février et mars. Novembre et (surtout) décembre sont difficiles en terme de météo et la luminosité est faible. Janvier, c’est surtout la lumière mais ça va mieux à la fin du mois.
- Pour l’automne, je conseille septembre (surtout) jusqu’à mi octobre. Pas encore de neige normalement, les jours encore longs. Il y a de quoi se balader et ne pas avoir trop froid.
- De fin octobre à fin novembre, c’est aussi a priori pas mal. Mais les jours sont courts
- Voici un article vous décrivant TOUS les avantages de voir les aurores boréales en automne!
!! ATTENTION : Il n’y a PAS de mauvaise période ! Il y a des périodes avec une meilleure météo, des jours plus ou moins longs, mais cela reste du conditionnel car la météo est très changeante !!
Donc même si vous hésitez à partir en décembre janvier, c’est mieux que de ne pas partir du tout et en étant mobile vous y arriverez 🙂

Combien de nuits faut-il rester pour voir les aurores ?
Quatre nuits minimum sous l’ovale auroral, une semaine idéalement. Sur cinq à six nuits à Tromso avec une voiture, vous avez de très bonnes chances de voir au moins une belle aurore. En trois nuits, vous jouez à pile ou face.
Je déconseille systématiquement les séjours de trois nuits ou moins, et ce n’est pas une question d’activité solaire : c’est une question de météo. Sous l’ovale, les aurores sont là presque toutes les nuits. Ce qui change, c’est de savoir si le ciel sera dégagé au bon moment.
Pour vous donner un ordre de grandeur : sur la région de Tromso, on compte grosso modo 150 à 180 nuits par an avec de l’activité auroral observable. Le facteur limitant, encore et toujours, c’est le nuage.
Mon expérience personnelle, sur des dizaines de séjours : une seule fois je n’ai rien vu pendant plus de trois nuits d’affilée. C’était cinq nuits un hiver, avec un temps véritablement pourri — et j’ai quand même fini par grappiller une aurore sur un petit créneau. C’est rare de ne pas avoir une seule opportunité en quatre nuits ou plus.
Deux paramètres qui changent tout :
- Être mobile. Avec une voiture, vous allez chercher la trouée. Sans voiture et sans agence, vous subissez la météo de l’endroit où vous dormez. La différence de résultat est énorme.
- Ne pas réserver votre sortie agence le dernier soir. Prenez-la le premier ou le deuxième soir : si vous ne voyez rien, la plupart des agences vous font ressortir gratuitement.
Cinq jours reste selon moi le bon compromis : on ne passe pas son temps dans les transports, on a le temps de faire quelques activités en journée, et on se donne quatre nuits de chances. Une semaine, c’est le confort — et de toute façon il y a bien assez à faire sur place pour ne pas s’ennuyer.

A quelle heure peut-on voir les aurores boréales ?
Dès qu’il fait nuit, et même parfois un peu avant. J’ai des photos un peu après le coucher de soleil, mais c’est rare. Avant 19h, ça arrive, j’essaie d’être en place à ce moment là mais je dirais qu’à 20h dernier carat il faut être prêt, sur place et au taquet pour l’observation des aurores boréales. C’est pour ça que les agences viennent chercher les clients à 18h. Je n’ai pas vu d’aurores débuter après 1h du matin. Mais c’est arrivé. Par contre j’en ai vu continuer jusqu’à 2h, en ayant commencé bien plus tôt.
Après, ça dépend évidemment de la saison. S’il fait nuit à 22h comme fin septembre, ça ne sert à rien d’être prêt à 20h. S’il fait nuit à 14h comme en décembre, vous avez encore le temps.
J’en ai eu à 18h, 16h, 23h… c’est arrivé quelques fois que cela dure jusqu’à l’aube, ou plus couramment jusqu’à 2h du matin. Il n’y a vraiment aucune règle. Ca aide n’est ce pas? 😀
S’il n’y a rien eu avant minuit, alors n’attendez plus trop. Pour avoir un peu de visibilité, prenez une photo au loin avec temps de pose et iso élevés, pour voir s’il y a un peu de vert à l’horizon. S’il n’y a rien en fin de soirée, alors ça sera malheureusement compliqué.
Donc si je devais vous donner une plage horaire pour l’observation, réservez votre 19h-minuit et soyez prêt! 🙂 et surtout… de la patience. Car comme indiqué, cela peut arriver n’importe quand.
Combien de temps ça dure ?
Très facile! c’est impossible de répondre 😀
Cela peut durer 15 minutes comme 7h. Les deux sont déjà arrivés. J’ai déjà attendu jusqu’à 23h45 et un petit show a duré 15 minutes. Tout comme j’ai déjà eu des aurores à 17h et cela a duré jusqu’à 1h du matin (et un peu plus il me semble, mais j’en pouvais plus du froid, je suis rentré). J’ai déjà eu des choses magnifique à 3h du matin aussi.
Mais en général, on va avoir 2/3 séries d’aurores, espacées d’une demi heure facile. Et c’est totalement aléatoire, c’est ça qui est chouette. C’est pourquoi il FAUT être patient. C’est la qualité à avoir pour observer les aurores boréales.
Petit update: lors d’une soirée en septembre dernier, cela a commencé vers 21h et ça a continué jusqu’aux premières lueurs du jour, vers 4h du matin. Epuisant mais fantastique.

Où voir les aurores boréales et quel est le meilleur endroit ?
Je vous donne pas mal de détails ici mais si vous voulez en savoir plus, dans l’article suivant je vous dis tout sur les plus beaux endroits où voir les aurores boréales !
Les aurores boréales contournent le champ magnétique pour entrer dans l’atmosphère là où il est le plus faible, aux alentours des pôles. Car on trouve des aurores au nord et au sud. En fait, c’est un abus de langage. Ce sont des aurores polaires et au nord il s’agit d’aurores boréales et au sud d’aurores australes.
Au sud (les aurores australes donc), c’est plus compliqué car les terres du sud descendent moins “au sud”. Donc on peut en voir, au loin, de la partie sud de Nouvelle Zélande, Tekapo, Queenstow, Invercarghill. Egalement en Amérique du sud, à Ushuaia et aux Iles Falkland. Tout ça n’est pas à côté et n’est pas forcément évident!
Donc ce qui nous intéresse le plus, c’est l’hémisphère nord. Les aurores contournant le champ magnétique au nord entrent dans ce qu’on appelle l’ovale boréal, c’est à dire une zone entre 65° et 75° nord. Donc la zone entre ceux deux latitudes est l’endroit parfait pour observer les aurores. Et on va trouver les endroits suivants:
- Tromso (69°, juste parfait) et tout l’extrême nord de la Norvège. Quelques précisions :
- iles Lofoten : cela devient de plus en plus compliqué à cause de la météo. Un climat de plus en plus océanique, nuageux, moins de ciel clair qu’avant. je ne favoriserais pas les Lofoten dans l’optique de voir les aurores boréales, ça serait plutôt un bonus
- iles Vesteralen : un peu pareil, on dit que c’est la pire météo du pays. Mais on peut sortir des Vesteralen plus facilement que des Lofoten pour trouver une météo plus clémente en roulant quelques heures. Toutefois, c’est pas facile !
- Senja: ah ben là c’est bien mieux! Plus facile qu’aux Lofoten alors que c’est tout aussi beau, plein de micro climats et pas grand monde. Je conseille!
- Le nord de la Laponie
- Laponie finlandaise vers Ivalo, Inari, Kilpisjarvi (jusqu’à Rovaniemi max)
- Laponie suédoise vers Kiruna, Abisko
- Laponie norvégienne : tout le nord du pays, de Tromso à Kirkenes en passant par Alta (on dit que la meilleure météo, le temps le plus sec donc propice aux aurores est du côté d’Alta)
- L’Islande : mais la météo islandaise est olé olé.
- Mourmansk et sa région, en Russie
- Au Canada, les deux capitales des aurores sont Yellowknife et Whitehorse. Inuvik, bien plus au nord, est très bien situé. Churchill a très bonne réputation.
- Fairbanks, en Alaska
Dans cette zone, on a donc les meilleures chances de voir les aurores, même faibles, car c’est là qu’elles “entrent”. Plus au sud, il faudra qu’elles soient plus fortes et qu’on ait une belle visibilité au nord.
Donc, tout ça pour savoir quel est le meilleur endroit. Cela dépend de pas mal de paramètres, mais aussi des goûts de chacun : latitude (mais là c’est réglé), météo, facilités. J’aime beaucoup Tromso et sa région car:
- c’est très facile d’accès et pas trop cher (enfin, relativement hein, surtout comparé aux destinations canadiennes et islandaises)
- les paysages sont magnifiques et variés
- il ne fait pas “trop” froid comparé au centre canadien ou la Laponie
- la météo est assez clémente
D’ailleurs, regardez mon comparatif Tromso contre Rovaniemi pour voir les aurores boréales, si jamais vous hésitez entre les deux!
En Islande, un peu plus au sud, la météo est beaucoup plus changeante. Au Canada, il fait très très (très froid). La Laponie est plus plate, moins variée, mais tout de même magnifique. Mourmansk plus difficile d’accès notamment pour les visas.
L’énorme avantage de la Laponie pour l’observation des aurores boréales, c’est que comme c’est plus plat, l’observation est plus facile. En effet, on a une vue très dégagée, ce qui est un luxe en Norvège. Et en Laponie, le temps est plus sec. Un ciel plus sec, c’est un ciel avec moins de nuages, donc top!
L’Islande a, je trouve, la plus grande variété de paysages, aucune pollution lumineuse et la possibilité d’avoir une visibilité très lointaine. Mais la météo est taquine 😀 et c’est un peu plus au sud.
De manière générale, il ne faut pas penser qu’être au dessus du cercle polaire garantit les aurores boréales. Rovaniemi, pile poil sur le cercle polaire, a moins d’activité que Tromso, situé environ 500km plus au nord. Il faut regarder l’ovale boréal. L’Islande, plus au sud que Rovaniemi, est normalement mieux située. Mais avec cette météo… 😀
- découvrez dans l’article suivant comment organiser un voyage pour voir les aurores boréales, je vous y indique les étapes à suivre, bien choisir son endroit, sa période, les activités.
Les grandes destinations en un coup d’oeil
- Tromso (Norvège) — 69,6°N. Pile sous l’ovale. Météo côtière changeante mais des micro-climats partout, donc on trouve presque toujours une trouée en roulant. Paysages de fjords et de montagnes, très photogéniques. Beaucoup d’agences, facile d’accès, vols directs saisonniers depuis Paris. Budget élevé. C’est mon choix par défaut, et de loin.
- Senja (Norvège) — 69,3°N. Aussi beau que les Lofoten, bien mieux placé, et presque personne. Micro-climats nombreux, quasiment zéro pollution lumineuse. Il faut une voiture. Mon coup de coeur.
- Îles Lofoten (Norvège) — 68,2°N. Les plus beaux paysages du pays, mais une météo océanique de plus en plus difficile et une pollution lumineuse réelle. À faire pour les paysages, avec les aurores en bonus — pas l’inverse.
- Laponie finlandaise (Ivalo, Inari, Kilpisjärvi) — 68 à 69°N. Climat continental, froid et sec, donc moins de nuages qu’en Norvège. Vue très dégagée : lacs et forêts, l’observation y est plus facile. Moins varié en paysages. Il peut faire -30 et moins. Excellent choix, notamment en famille.
- Rovaniemi (Finlande) — 66,5°N. Sur le cercle polaire, donc en dessous de l’ovale. Nettement moins d’aurores que Tromso, à 500 km plus au sud. Très bien pour un séjour famille, moins pour une chasse aux aurores.
- Laponie suédoise (Kiruna, Abisko) — 67,9°N. Abisko a une réputation méritée : un effet d’ombre pluviométrique lui donne l’un des ciels les plus dégagés de Scandinavie.
- Islande — 64 à 66°N. Aucune pollution lumineuse, des cadres photo uniques, une visibilité très lointaine. Mais la météo la plus capricieuse qui soit, et une latitude un peu juste. À faire pour l’Islande, avec les aurores en bonus.
- Canada (Yellowknife, Whitehorse, Churchill) et Alaska (Fairbanks). Ciel très sec, taux de réussite excellent. Mais très loin, très cher, et un froid d’un tout autre ordre : -40 est courant.
- Groenland (Kangerlussuaq) — 67°N. Un des meilleurs ciels au monde, et une expérience à part. Logistique et budget conséquents.
- Écosse (Highlands, Shetland) — 57 à 60°N. Bien plus proche, mais il faut un Kp 5 à 6, donc c’est loin d’être garanti. Une option sympa pour un week-end à tenter, pas pour un voyage dédié.
La règle à retenir : ne confondez pas cercle polaire et ovale auroral. Rovaniemi est pile sur le cercle polaire et voit nettement moins d’aurores que Tromso, 500 km plus au nord. C’est l’ovale (65-75°N) qui compte, pas le cercle.


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Voir les aurores boréales en Norvège
Comme je l’indique plus haut, le nord de la Norvège est un super endroit pour les aurores. Au nord de Bodo, pour maximiser les chances d’en voir.
- Tromso : l’endroit parfait selon moi. Des paysages super photogéniques, très facile de trouver des endroits avec vue dégagée et sans pollution lumineuse. De très nombreuses agences pour voir les aurores, et c’est une jolie petite ville. Top en toute saison, les couleurs de l’automne ou l’hiver avec la neige et toutes les activités!
- Senja : une magnifique ile (d’où je vous écris!), peu de touristes, de superbes paysages, plein d’endroits super photogéniques et quasiment pas de pollution lumineuse
- Iles Lofoten : les plus beaux paysages de Norvège mais une météo funky. Ce qui ne rend pas l’expérience des plus faciles ! Aussi une bonne pollution lumineuse. Mais ça se tente! C’est moins facile qu’ailleurs


Voir les aurores boréales en Islande
Paradoxalement, l’Islande est à la fois l’un des meilleurs endroits pour voir les aurores et également l’un des pires. Je m’explique :
- c’est l’un des meilleurs endroits car il n’y a quasiment pas de pollution lumineuse. C’est une ile très peu peuplée, très concentrée sur Reykjavik, donc à part quelques villages et 2-3 petites villes, c’est tout noir. Donc top pour les aurores boréales.
De plus, avec ces grands paysages, on a très souvent des vues bien dégagées, ce qui est idéal pour l’observation d’aurores
Enfin, avec des paysages magnifiques, des cascades, on a plein de superbes cadres pour donner du cachet aux photos et voir les aurores dans de belles conditions - Toutefois c’est aussi l’un des pires endroits à cause de la météo. La météo en Islande est probablement ce que l’on peut trouver de pire. Avoir un jour sans nuage est assez rare. Avoir une nuit sans nuage ou avec des trous dans les nuages est encore plus rare. La météo change tout le temps, et trèèèès rapidement. Et les conditions sont pires qu’en Norvège par exemple. Un vent plus fort et plus glacial, des nuages plus nombreux, une imprévisibilité totale. Bref, autant vous dire que ce n’est pas évident d’y voir les aurores!
Surtout que la météo ne varie pas à 10km près comme en Norvège, mais plutôt à 100km donc il peut être nécessaire de faire beaucoup de route pour échapper aux nuages (j’ai du traverser la moitié du pays pour assister à une tempête solaire)
Donc aller en Islande spécifiquement pour voir les aurores n’est pas la meilleure idée je trouve. Des photographes proposent des workshops spécial aurores boréales en Islande, je trouve ça assez présomptueux.
En revanche, quand les conditions le permettent, c’est top. Donc mon conseil serait de prendre les aurores comme un bonus, mais d’y aller d’abord pour les paysages uniques.
Voici quelques ressources pour l’Islande :


Voir les aurores boréales en Laponie Finlandaise
La Laponie Finlandaise, c’est toute la partie nord de la Finlande (comme son nom l’indique). Et franchement, c’est un excellent endroit pour voir les aurores boréales.
Comme c’est immense, je conseille d’être au dessus du cercle polaire arctique, donc au minimum au niveau de Rovaniemi. Si vous êtes plus au nord, c’est encore mieux car vous les verrez plus!
Souvent, la météo de la Laponie Finlandaise est meilleure qu’en Norvège. Il est fréquent d’aller passer ses soirées côté Finlande quand on est à Tromso, car la chaine de montagne officiant comme frontière empêche les nuages de passer. Par exemple, on va souvent à Kilpisjärvi (3h de routes depuis Tromso) quand c’est couvert à Tromso.
C’est grâce au climat assez spécial, froid et sec (en hiver). Sauf que justement, qui dit climat plus froid et sec dit que ça caille! Il n’est pas rare d’avoir -30 et encore moins. Bon, bien couvert ça passe, mais ça surprend!
La Laponie Finlandaise, ce sont surtout des lacs et des forêts. Et des lacs. Et des forêts. Encore et encore. C’est beau, surtout en automne, mais ce n’est pas le plus varié qui soit. Par contre comme ce sont des paysages qui ne sont pas en Norvège, c’est pratique, ça permet de varier.
Mais si on cherche du paysage wahou, des fjords, des belles montagnes, on risque d’être déçu.
Donc je dirais que la Laponie Finlandaise coche quasiment toutes les cases pour l’observation des aurores boréales. Son manque de variété dans les paysages (surtout en hiver avec les lacs gelés) est compensé par la vue dégagée et les nombreuses possibilités d’activités !


Comment trouver un endroit pour observer les aurores boréales ?
Ca, je vous l’explique très bien dans mon article sur comment bien chasser les aurores boréales. Il devrait vous être bien utile. Mais voici un petit résumé ci-dessous 🙂
Quelques conseils de base pour trouver un bon endroit pour regarder les aurores boréales :
- le plus important : éviter les nuages. On va aborder ce sujet juste en dessous.
- s’éloigner de la pollution lumineuse. Elle se caractérise par: les lumières des villes, des villages et des lumières de route. Sinon, d’abord ça vous empêcherait de les voir bien, puis la lumière flinguerait vos photos Ce n’est pas s’éloigner de quelques dizaines de mètres, mais plusieurs dizaines de km des villes, quelques km des villages. Selon le taux d’humidité la pollution lumineuse peut être visible de vraiment loin.
- avoir une vue dégagée au nord ouest et idéalement est. Les aurores classiques arrivent par le nord et le plus souvent nord ouest (les arcs). Plus votre vue est dégagée, mieux c’est. Le sud, on s’en fiche un peu. L’orientation est très très importante.
Quand ça pète, ça pète d’est en ouest, donc c’est pour ça que c’est pas mal d’avoir une vue dégagée sur les côtés. Et en cas de tempête solaire ou de grosse activité, les aurores arrivent par le sud. - Eviter les poteaux électriques, routes passantes, ce genre de cochonnerie qui peut être sur votre photo. N’hésitez pas à vous poser au bord de la route et marcher un peu pour vous en éloigner (juste, attention aux lacs gelés et cachés!).
- Se trouver un cadre sympa : une vue sur la mer (attention au vent!), un fjord bien orienté, sur une colline au dessus d’une forêt en Laponie… vous saurez en vous baladant, vous vous direz “ah! ici c’est bien!”
Comme je commence à bien connaitre le nord de la Norvège, j’ai rédigé des petits guides sur les meilleurs spots pour les aurores boréales à Tromso, Senja et les Iles Lofoten

Peut-on voir les aurores boréales en ville ?
Tout à fait! Mais cela ne sera pas pareil de les voir en pleine ville, à cause des lumières. Donc on aura tjs une espèce de voile lumineux qui empêchera de bien voir les aurores. Après, on peut toujours s’éloigner des centres, comme par exemple à Tromso où on peut trouver quelques endroits sympas dans cet article.
Si on reste au centre ville, on aura du mal à voir les petites aurores. On pourra voir les grosses activités, mais il faut essayer de ne pas avoir le nez dans les lampadaires 🙂

Les aurores boréales et la météo
Comment étudier la météo pour éviter les nuages
Concrètement, pour voir les aurores boréales, il y a une condition INDISPENSABLE : avoir un ciel dégagé. Les nuages sont le cauchemar de tout amateur d’aurores.
Donc le plus important, quand vous voulez voir les aurores boréales est : où se trouve le ciel clair ?
⭐️Pour ça, vous devez absolument regarder la météo, la couverture nuageuse⭐️
Mais la météo change très souvent dans les pays nordiques. Donc regarder plusieurs jours en avance donne une petite indication mais ce n’est pas suffisant. Vous devrez regarder le matin même et surtout en fin d’après midi.
- Avant toute chose, regardez la météo sur les sites de couvertures nuageuses comme Ventusky ou Windy (vous pouvez découvrir ça dans cet article sur les applications d’aurores)
- Regardez l’évolution de la couverture nuageuse tout au long de la soirée, car cela peut être différent à 19h et à 23h
- Cela vous donne une grosse indication pour savoir où aller, souvent il faut faire de la route, prendre la voiture pour une heure ou parfois plus (par ex 3h pour aller de Tromso en Finlande, mais ça vaut le coup!)
- Le vent est un facteur à prendre en compte car il déplace les nuages, donc ça peut faire des trous dans la couverture nuageuse
- Enfin, un ciel prévu comme couvert peut tout de même réserver de bonnes surprises
Sur l’image ci-dessous, vous pouvez voir la couverture nuageuse qui change radicalement à un endroit précis. C’est pour cela qu’il faut l’étudier, car à quelques kilomètres, cela change totalement (et en quelques minutes également)

Est-ce qu’il fait froid quand on regarde les aurores boréales ?
Forcément, voir les aurores boréales en hiver, ça peut faire peur. La question que tout le monde me pose est : comment s’habiller. Et ça se comprend! car il peut faire froid. Mais le froid ne sera pas votre pire ennemi. Vous en aurez deux : le vent et l’immobilité. Vous allez bien vous habiller (voir ci-dessous) mais il faut penser qu’en regardant et attendant les aurores boréales, vous n’allez pas bouger. Donc en journée, le -15 (ou moins) ça passe car on est actif, mais la nuit, quand on ne bouge pas, c’est compliqué. Surtout au niveau des pieds qui sont dans la neige. Alors restez actif, faites des petits pas, bougez for orteils tout le temps.
Pour le vent, c’est clairement ce qui fait que le climat peut être compliqué. Le froid, on s’y fait. Mais le vent, c’est plus dur. Et ça souffle fort.
En Laponie et dans les terres de manière générale, c’est encore pire. Le long des côtes, en Norvège (Tromso, Senja, Lofoten) c’est relativement tempéré avec la fin du gulf stream (j’insiste sur le “relativement” 😀 ). Mais dès qu’on va dans les terres au sud, pfou, on perd très facilement 10 degrés. Le froid prend encore plus au corps. Mais vous serez bien équipés, n’est-ce pas ?
Si vous êtes frileux, l’automne est vraiment une belle saison pour voir les aurores boréales. Car entre mi septembre et mi octobre, il n’y a pas encore de neige, il va faire une bonne température. Franchement ça se fait bien.

S’il fait moche, cela signifie que je ne peux pas voir les aurores boréales ?
Et bien… on peut! mais sous conditions. Le plus important, mon conseil n°1 : trouvez une étoile. Idéalement la Grande Ourse, mais on ne fera pas le difficile en cas de temps pourri.
Etre mobile
S’il fait moche à un endroit, cela ne signifie pas qu’il fait moche partout. Cela change à quelques kilomètres, donc n’hésitez pas à bouger un peu! Deux exemples. Le premier, à Senja, il faisait très moche dans le fjord de Mefjordvaer. Je prends le tunnel pour aller à Ersfjord et là hop c’était dégagé et pas de neige. Pourquoi ? parce que les nuages bas étaient coincés dans le fjord et bloqués par les montagnes.
Le second exemple, à Tromso. J’avais fait le pari d’aller à Kvaloya, mais le temps était pourri. Sur l’app Yr.no (top pour la météo) je vois que c’est dégagé 30 km au sud. Et en effet, je me suis rendu dans un fjord plus au sud et j’ai eu un ciel fantastique avec plein d’étoiles. Bon ok, pas une seule aurore ce soir là. Mais ciel très clair.
Donc bouger est important si vous ne le sentez pas. Mais ça va dépendre du vent, on va le voir en dessous.
Grâce au vent
Si le ciel est couvert mais qu’il y a du vent, cela signifie que vous pouvez avoir des éclaircies, car le vent va bouger les nuages. Donc c’est loin d’être perdu. Levez le nez pour voir si les nuages bougent, regardez l’application Yr.no qui vous donne le sens du vent et les prévisions de là où vient le vent (donc pour anticiper).
Des nuages très hauts
Si les nuages sont bas, c’est compliqué pour voir au travers. Si les nuages sont hauts, en revanche cela signifie qu’ils sont moins épais et qu’on peut voir quelque chose, les deux ne sont pas incompatibles comme on peut le voir sur la photo ci-dessous. Forcément c’est moins clair, mais ça reste bien jouable et plus sympa que quand le ciel joue à cache cache avec les nuages.

Que faire si le ciel est bouché toute la semaine ?
Ça arrive, et il vaut mieux y avoir pensé avant. Voici ce que je fais, dans l’ordre.
1. Élargir le rayon de recherche. Avant de renoncer, regardez la carte des nuages à 200-300 km à la ronde. Depuis Tromso, la Finlande est à trois heures de route et la chaîne de montagnes qui sert de frontière bloque souvent les nuages : il n’est pas rare que ce soit parfaitement dégagé à Kilpisjärvi quand Tromso est sous une chape. C’est le déplacement le plus rentable que je connaisse.
2. Miser sur le vent. Un ciel couvert mais venteux n’est pas un ciel perdu : les nuages bougent, les trouées arrivent. Un ciel couvert et parfaitement calme, en revanche, restera couvert.
3. Regarder l’altitude des nuages. Des nuages hauts sont fins : on voit très bien à travers, et ça donne même des images intéressantes. Ce sont les nuages bas qui sont rédhibitoires.
4. Chercher une étoile. Mon test le plus simple : s’il y a une seule étoile visible quelque part, il y a une trouée, donc il y a de l’espoir. S’il n’y en a aucune sur 360°, allez boire un chocolat chaud.
5. Prendre une photo de test. Temps de pose long, ISO élevés, visée vers le nord. L’appareil verra ce que votre oeil ne voit pas : un voile vert derrière une fine couche de nuages, ça se photographie.
6. Accepter et profiter d’autre chose. Et c’est le vrai conseil. Si vous êtes parti uniquement pour les aurores, une semaine bouchée sera une semaine gâchée. Si vous êtes parti pour la Norvège du Nord, vous aurez fait des chiens de traîneau, vu des baleines, rencontré des Samis et des rennes, mangé du poisson exceptionnel et vu des paysages qui valent le voyage à eux seuls. C’est pour ça que je répète toujours de considérer l’aurore comme un bonus magnifique, jamais comme le contrat.
Peut-on voir les aurores boréales quand il y a la lune ?
Tout à fait! Bon ok, la lune agit comme un réverbère dans le ciel, c’est pas très très pratique, clairement (ohohoh). Mais ce qui est cool, c’est que la Lune a plutôt une direction est/sud/ouest, et n’est donc jamais vraiment plein nord dans les aurores. En revanche elle peut être dans les aurores quand celles ci sont plein est ou plein ouest. Mais cela ne gênera jamais vraiment.
Sans Lune, on a un ciel plein d’étoiles, la possibilité de voir la Voie Lactée, les aurores plein pot.
Avec la Lune en revanche, sa lumière se réfléchit dans la neige, ce qui fait que le sol est très lumineux, les photos aussi. Honnêtement, c’est très beau et pas qu’en photo.
Donc savoir si je préfère l’un ou l’autre, honnêtement je ne saurais pas dire. Les deux ont leur avantages. Mais pour une première fois, je conseillerais d’y aller pendant la nouvelle lune, c’est à dire quand elle n’est pas encore là.
Photographier les aurores boréales
Comment photographier les aurores boréales ?
Alors je vous ai fait un article ultra complet ici, mais vous avez ci-dessous voici déjà les points les plus importants.
Déjà, la difficulté des aurores est de pouvoir photographier quelque chose de lumineux dans le noir, et qui bouge. Donc il va falloir jongler entre les différents facteurs qui influent sur la quantité de lumière à faire entrer (temps de pose, ISO, ouverture). Mais comme on ne va pas toucher à l’ouverture, qu’on va laisser la plus grande possible, c’est jongler entre ISO et temps de pose.
Important : il vaut mieux avoir une photo sous exposée (avec moins de lumière) que sur exposée (avec trop de lumière). C’est plus facile à rattraper par la suite. Si la photo est “cramée” c’est à dire que les aurores sont trop lumineuses, c’est difficile à reprendre.
Il faut être stabilisé, avoir un trépied car ce sont des poses longues (plusieurs secondes) et si on le fait à la main, cela va forcément bouger. A moins d’être un grand maitre bouddhiste.
- Le temps de pose définit la “forme” que va prendre l’aurore. Mais évidemment, plus le temps de pose est long, plus il y a de lumière qui entre. Donc il faut pouvoir ouvrir assez longtemps pour que ça ait une forme chouette (mais pas trop) et que ça fasse entrer suffisamment de lumière. Une aurore bouge, mais lentement (en général). Donc on peut faire une pose longue de 6/8 secondes s’il s’agit d’un arc lent que l’on voit venir au loin. Quand l’aurore bouge bcp, on est plus dans les 2 secondes et moins.
- L’ouverture : il s’agit, dans le cas des aurores, grosso modo de la quantité de lumière que va laisser entrer votre objectif. Une grande ouverture est 1,4 jusqu’à 2,8, c’est très bien pour les aurores. Plus c’est grand (une ouverture à 1,4 est plus grande qu’une ouverture à 2,8) mieux c’est, plus ça va capter la lumière de façon nette. Donc ouvrez le plus grand possible. Une ouverture à 4 c’est pas foufou. Moins de lumière qui entre, ça signifie qu’il faut faire monter les ISO et on va le voir, c’est pas top.
- ISO : ils servent à amplifier la lumière qui entre. Plus c’est haut, plus ça va amplifier la lumière. En basse luminosité, on “monte dans les ISO” pour avoir plus de lumière, sinon on ne voit rien. Le souci des ISO est “le bruit”. C’est ce grain que l’on voit, qui rend cracra. Plus on va monter dans les ISO, plus on aura de bruit. La qualité des ISO dépend beaucoup de votre appareil photo et aussi de votre objectif. Donc, cela signifie que l’on ne peut pas trop monter dans les ISO sinon on a trop de grain. Pour les aurores, 3200 ISO c’est bien si c’est pas trop fort.
- Mise au point manuelle : ultra important, c’est pour éviter d’avoir une photo floue. Vous dites à votre appareil “où regarder”, plus ou moins loin. Donc il va faire sa mise au point, son focus, là où vous lui direz, c’est à dire à l’infini (car les aurores sont super loin). Mais il faut le régler soi même en fixant une étoile. Donc, il faut faire la mise au point sur l’infini sur votre objectif, mais attention! sur l’objectif l’infini est indiqué et il n’est pas bon. Il sera un peu avant, mais il faut le trouver manuellement. Donc, vous trouvez une étoile, vous faites votre mise au point sur elle et, très très important, vous faites un test, vous prenez une photo, vous regardez le résultat si c’est net ou flou. Et vous recommencez pour voir si vous pouvez avoir mieux.
Un réglage qui peut servir de base pour une aurore en arc qui ne bouge pas mais qu’on voit avancer vers nous :
- temps de pose de 8 secondes
- ouverture la plus grande possible, idéalement entre 1,4 (le top) et 2,8
- ISO 3200
Là dessus on peut monter le temps de pose si l’aurore est stable, ce qui fait baisser les ISO pour avoir moins de grain (bruit).
Si l’aurore bouge, alors cela signifie qu’elle émet plus de lumière. Mais qu’elle bouge. Donc il faudra baisser le temps de pose. Peut-être jouer avec les ISO aussi.
Et n’oubliez pas l’objectif grand angle ! Car les aurores boréales prennent de la place dans le ciel.
Quel matériel, appareil photo et objectifs pour les aurores boréales ?
J’en parle pas mal dans cet article qui décrit précisément mon matériel, pourquoi j’ai choisi le Sony A7III, mais déjà il faut savoir que n’importe quel appareil photo peut faire des photos d’aurores. Plus ou moins de qualité, mais à partir du moment où vous pouvez faire des réglages manuels, vous arriverez à un petit quelque chose.
Pour moi, les quelques points essentiels pour choisir du matériel photo pour les aurores boréales sont :
- une bonne gestion de la faible luminosité (pour éviter d’avoir plein de bruit, ce grain cracra)
- une gamme d’objectifs qui combinent grand angles (16mm, 20mm) et grande ouverture (entre 1,4 et 2,8)
Après les points classiques sont évidemment:
- un trépied relativement solide et très maniable pour résister au vent
- plusieurs batteries, pensez à les charger avant de partir à la chasse
- des cartes mémoires, plusieurs, car sous les aurores on a tendance à cliquer souvent
- une télécommande pour garder les mains au chaud
Mais dans l’article que je citais, j’explique beaucoup plus précisément mes choix avec des exemples pour chaque objectif. Je suis pro-Sony car ça correspond super bien à mon besoin, mais il n’y a pas de matériel miracle, il y a un appareil qui correspond à chaque besoin, à chaque personne.

Photographier les aurores boréales avec un téléphone en 2026
Oui, un smartphone récent photographie très bien les aurores — parfois mieux que ce que voit votre oeil. Il faut deux choses : un petit trépied, et passer en mode manuel ou en mode nuit prolongé.
C’est le domaine qui a le plus changé depuis que j’ai écrit cet article pour la première fois. En 2020, un téléphone donnait une bouillie verte. En 2026, on obtient des images vraiment publiables. Ce ne sera jamais un boîtier plein format avec un 20 mm f/1,4, mais si vous n’avez que ça, ne vous privez surtout pas.
Ce qui vaut pour tous les téléphones :
- Un trépied, obligatoire. Même un petit modèle à quelques dizaines d’euros. Une pose de 10 ou 20 secondes à main levée est impossible, point. C’est de loin l’achat le plus rentable.
- Coupez le HDR et le flash. Le HDR va essayer de « corriger » la nuit et vous fabriquer une image plate et grise.
- Nettoyez l’objectif. Ça paraît idiot, mais une trace de doigt sur un objectif de téléphone, avec une source lumineuse dans le noir, ça fait un voile immonde.
- La batterie s’effondre par grand froid. Gardez le téléphone contre vous entre deux photos, et prenez une batterie externe (au chaud elle aussi).
- Photographiez en RAW si possible. Vous récupérerez énormément de matière au moment de la retouche.
Sur iPhone — le mode Nuit s’active tout seul dans l’obscurité. Posez le téléphone sur un trépied et l’appareil détecte la stabilité : la durée proposée passe alors de 3 à 10, voire 30 secondes. Touchez l’icône du mode Nuit en haut à gauche pour pousser le curseur au maximum. Pour aller plus loin, passez en ProRAW et utilisez une application tierce qui donne accès au temps de pose et aux ISO.
Sur Pixel — le mode Astrophotographie est probablement ce qui se fait de mieux sur téléphone. Il s’active automatiquement en Vision de Nuit quand l’appareil est parfaitement stable et l’obscurité suffisante, et cumule des poses sur plusieurs minutes. Il faut donc un trépied et de la patience, mais le résultat est bluffant. Petit défaut pour les aurores : une aurore qui bouge vite sera lissée en un aplat vert.
Sur Samsung — passez par l’application Expert RAW ou par le mode Pro de l’appareil natif. Vous y réglez directement le temps de pose (jusqu’à 30 secondes), les ISO et la mise au point manuelle.
Les réglages de départ, si vous avez accès au mode manuel : temps de pose 8 à 15 secondes, ISO 800 à 1600, mise au point sur l’infini, balance des blancs autour de 3500-4000 K. Puis ajustez : si l’aurore bouge vite, descendez le temps de pose et montez les ISO.
Un dernier conseil, valable pour tous : ne passez pas la soirée derrière votre téléphone. Prenez trois photos, puis rangez-le et regardez. C’est ce que je me force à faire, et je n’ai jamais regretté une photo non prise.
S’équiper pour voir les aurores boréales
Que dois-je prendre pour observer les aurores boréales ?
Un peu plus haut on a parlé des vêtements et du matériel photo, mais il y a d’autres indispensables ou très pratiques selon moi:
- le plus important ou presque : une lampe torche, idéalement une lampe frontale qui est bien plus pratique. La batterie du téléphone c’est bien, mais ça part très vite avec le froid et c’est beaucoup moins pratique
- un thermos avec du café, du thé, tisane, chocolat, bref tout ce qui va tenir chaud. Essayez de le prendre léger mais qui tient chaud longtemps, et 1L, c’est bien.
- un livre, de la musique, quelque chose pour vous occuper en attendant les aurores 🙂
- des chaufferettes pour les mains, il en existe aussi pour les pieds!
- de quoi boire et de quoi manger. L’attente peut être longue et ça donne des forces avec ce froid
- avoir plus d’un quart du plein de la voiture. J’essaie de ne jamais avoir moins que la moitié en cas de coup dur.
- une couche de vêtements en plus
- votre patience et vos yeux d’enfant 🙂

Comment s’habiller pour voir les aurores boréales ?
Comme je le disais juste au dessus, il va faire froid mais ce n’est pas le plus important. Le plus important, c’est d’abord le vent, puis l’immobilité. Lorsqu’on regarde ou attend les aurores boréales, on est dehors dans la neige (ou s’il n’y a pas de neige il ne fait jamais très chaud vu la région).
Donc il va falloir vous équiper surtout pour les extrémités. Car ce n’est pas au niveau du bidon qu’on va avoir froid, mais surtout les pieds, les mains, la tête (nez et oreilles).
Pour le corps, je fonctionne comme un oignon. J’ai plein de petites couches. Des tee shirts thermiques en merinos, dédiés au ski de fond. C’est redoutable, et ça s’empile sans souci. Puis un gros pull, soit en laine soit en alpaga (j’ai fait mon stock au Pérou, une tuerie!).
En manteau, je conseille de privilégier les gros manteaux en plume d’oie. Alors oui, ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus chouettes pour les oies, mais c’est sacrément efficace, diablement plus que le synthétique. Et avec une capuche, super important.
Pour les jambes, il y a le classique pantalon de ski, mais je conseille de rajouter un collant thermique dédié ski de fond (on en trouve chez decathlon), c’est très efficace. Avec ça et un jean, ça me suffit en bas. Si vous êtes frileux, le pantalon de ski qui traine sera bien.
Les pieds : là c’est pour moi le plus important car vos pieds vont être constamment dans la neige, mais sans bouger. Et c’est très dur. Le top du top, des chaussettes avec un très haut % de laine. J’en avais acheté chez nous à Décathlon, c’était pas foufou, j’en mettais deux paires, ce n’était parfois pas suffisant. J’en ai acheté sur place, au supermarché de Tromso à 80% de laine (ça coute quasi rien), une tuerie. N’hésitez pas à mettre plusieurs paires.
En terme de chaussures, si vous avez déjà de quoi aller au ski c’est bien, sinon il vous faut surtout des chaussures grand froid capables de résister plusieurs jours. Et surtout imperméables!
Les gants, là c’est compliqué. Enfin, en soit ce n’est pas compliqué de trouver des gants qui tiennent chaud, surtout qu’on a les poches aussi, et qui puissent être utilisables avec l’appareil photo. Ce que j’aime bien, ce sont des mitaines, donc des gants très chaud avec les bouts des doigts qui s’enlève pour pouvoir manipuler l’appareil sans avoir à enlever le gant. En cas de grand froid, c’est très très pratique.
Je conseille aussi vivement d’utiliser des chaufferettes pour les mains (et pourquoi pas pour les pieds!). Ca m’est arrivé au début, c’est quand même pratique.
Pour la tête, le bonnet c’est classique mais surtout un qui protège les oreilles, car ça va être difficile pour elles 🙂
Et quelque chose pour cacher le nez et les joues. Une écharpe en laine, un cache nez de sport d’hiver. C’est super pratique en cas de vent, vraiment.

Faut-il louer forcément louer une voiture ?
Alor concrètement non, mais ça simplifie énormément la vie. Je vais donc donner 3 bonnes raisons de louer une voiture :
- le prix. Une location de voiture pour une semaine coûte moins cher qu’une soirée aurores boréales avec une agence. La location de voiture coûte en moyenne 40€ la journée, une soirée aurores 150€ par personne.
- s’éloigner des lumières de la ville. A moins d’avoir une cabane perdue au fin fond de la forêt boréale, vous logerez dans un endroit avec des lumières autour. Et pour en profiter vraiment, il vous faudra vous éloigner de ces lumières. Donc la voiture a vraiment de l’intérêt pour justement faire quelques kilomètres.
- trouver son coin à soi. Le plaisir des aurores boréales ne réside pas que dans leur observation, mais également à trouver les meilleurs endroits. Sillonner les petites routes et se dire “ah! ce soir c’est là!”, et pouvoir en profiter ensuite, ça c’est vraiment chouette 🙂
Donc, si vous avez le permis, n’hésitez pas à louer une voiture. On va le voir, ça se conduit bien.
Pour ma part, comme pour les billets d’avion, je compare beaucoup. Sur deux sites principalement: Discover Cars et Booking.com.
- dans l’article suivant je vous indique les avantages de la location de voiture pour voir les aurores boréales
Conduire sur la neige, c’est facile ?
Soyons honnêtes, c’est… super simple 🙂 Car quand vous allez louer une voiture là haut, on ne va pas vous filer la Lada de 20 ans d’âge. Même en réservant une “économique”, vous vous retrouvez avec une super voiture toute option. Et les pneus sont au top, c’est le plus important. On tient très bien à la route, que ce soit sur neige, sur glace, en montée aussi.
Au début on va patiner un peu, mais il faudra respecter 2-3 règles de bon sens pour ne pas se faire de frayeurs 🙂
- respecter les distances de sécurité, et même plus. Bon ok, il n’y a en général pas grand monde sur la route, mais les freinages sur neige sont beaucoup plus longs, donc si celui devant vous freine, il faut avoir de la marge sans avoir à piler
- éviter les gestes brusques. Freiner brusquement, accélérer d’un coup, tourner trop rapidement, ça peut faire partir en dérapage et ça fait des frayeurs
- respecter les limites de vitesse. Il y a beaucoup de radars, les vitesses ne sont pas élevées, mais c’est vraiment pour le bien des conducteurs
- faire très très attention quand il y a beaucoup de vent, ce vent ramène de la neige sur le bord des routes. Et cette petite neige est beaucoup plus dangereuse que la “vraie” qui tombe, car elle n’est pas uniforme sur la route, et ça déséquilibre la voiture. Vraiment, vous voyez de la neige sur un seul côté, anticipez et roulez doucement dedans.
Comment lire les prévisions d’aurores boréales
Le Kp vous dit à quelle latitude les aurores seront visibles, pas s’il y en aura. Pour savoir si la porte est ouverte ce soir, l’indicateur qui compte vraiment est le Bz : plus il est négatif, mieux c’est.
C’est la section que j’aurais voulu lire quand j’ai commencé. On passe tous par la même phase : on télécharge trois applications, on regarde un chiffre, on ne comprend pas pourquoi une soirée à Kp 4 ne donne rien et une soirée à Kp 0 est magnifique. Voici ce que ces chiffres veulent dire.
L’indice Kp : ce qu’il dit et ce qu’il ne dit pas
Le Kp mesure la perturbation du champ magnétique terrestre, sur une échelle de 0 à 9, par tranches de 3 heures.
Ce qu’il dit : jusqu’où au sud les aurores descendront. Kp 2 = elles restent sur l’ovale. Kp 7 = elles atteignent le nord de la France. C’est une carte, pas une promesse.
Ce qu’il ne dit pas : s’il y aura des aurores ce soir chez vous. Et c’est là que tout le monde se plante.
À Tromso ou à latitude équivalente, partez toujours du principe qu’il y aura des aurores, quel que soit le Kp. Le nombre de nuits où j’ai eu un ciel parfaitement dégagé sans rien voir se compte sur les doigts d’une main. J’ai eu des soirées somptueuses annoncées à Kp 0, et une soirée annoncée Kp 4 où je suis rentré bredouille après trois heures dans un fjord, tout content, à regarder des étoiles.
Le Kp est aussi un indice rétroactif : il est calculé sur les 3 heures écoulées. Ce que votre application affiche pour « maintenant » est une estimation. Sous l’ovale, il ne devrait jamais vous empêcher de sortir. Ce qui doit vous faire renoncer, c’est la couverture nuageuse, pas le Kp.
Bz, Bt, vitesse, densité : les indicateurs qui comptent vraiment
Ces quatre valeurs viennent des satellites ACE et DSCOVR, postés entre la Terre et le Soleil. Ils mesurent le vent solaire environ 30 à 60 minutes avant qu’il ne nous atteigne. C’est votre seule vraie prévision à court terme, et c’est ce que je regarde quand je suis déjà dehors.
- Bz — le plus important de tous. C’est l’orientation nord-sud du champ magnétique transporté par le vent solaire. S’il est positif, il est aligné avec le nôtre et rebondit : porte fermée. S’il est négatif, il s’accroche au nôtre et les particules entrent : porte ouverte. Un Bz à -5 nT, c’est déjà bien. À -10 ou -15, ça va être une belle soirée. À -20 ou -30, sortez tout de suite, où que vous soyez.
- Bt — l’intensité totale du champ magnétique du vent solaire. C’est le potentiel disponible. Un Bt de 20 nT avec un Bz à +18 ne donnera rien ; le même Bt avec un Bz à -18, c’est le jackpot. Regardez toujours les deux ensemble.
- Vitesse — en km/s. En dessous de 350, c’est calme. Entre 400 et 500, ça devient intéressant. Au-dessus de 600-700, on est dans du sérieux, et c’est typiquement la signature d’un trou coronal.
- Densité — en protons par cm³. Moins déterminante, mais une densité qui grimpe brutalement signale souvent l’arrivée d’un choc, et donc le début du spectacle.
Ma routine, très concrètement : en fin d’après-midi je regarde la couverture nuageuse pour choisir où aller. Une fois sur place, je jette un oeil au Bz toutes les vingt minutes. S’il bascule négatif et y reste, je sais qu’il va se passer quelque chose dans la demi-heure. C’est le seul chiffre qui m’a jamais permis d’anticiper quoi que ce soit.
Quelle différence entre le Kp et l’indice G ?
C’est la même chose, sur deux échelles différentes. Le Kp est l’échelle scientifique (0 à 9), l’indice G est l’échelle « grand public » de la NOAA, qui ne commence qu’à partir du seuil de tempête :
- G1 mineure = Kp 5
- G2 modérée = Kp 6
- G3 forte = Kp 7 — les aurores atteignent le nord de la France
- G4 sévère = Kp 8 — visible dans toute la France si le ciel le permet
- G5 extrême = Kp 9 — l’événement de mai 2024
Quand la presse titre sur « une tempête G3 », traduisez Kp 7, et sachez que ce n’est pas suffisant pour un beau spectacle depuis Paris.
Trous coronaux ou éruptions : d’où vient l’aurore de ce soir ?
Il y a deux moteurs différents, et ils ne se comportent pas pareil. Ça vaut le coup de les distinguer, surtout en ce moment.
Les éjections de masse coronale (CME) viennent d’une éruption solaire. Elles arrivent en un à quatre jours, frappent d’un coup, et produisent les tempêtes les plus violentes — les G4 et G5. C’est ce qui a donné mai 2024 et janvier 2026. Elles sont plus fréquentes autour du maximum solaire.
Les trous coronaux sont des zones où le champ magnétique du Soleil s’ouvre et laisse échapper un vent rapide. Ils produisent des tempêtes plus modestes (G1 à G3), mais bien plus longues — parfois deux ou trois jours — et surtout récurrentes tous les 27 jours, au rythme de la rotation du Soleil. Si vous avez eu des aurores le 3 du mois, regardez autour du 30 : il y a de bonnes chances que ça recommence.
C’est précisément la raison pour laquelle 2026-2028 est une bonne période : les trous coronaux se multiplient dans la phase descendante du cycle. Moins de gros coups d’éclat, mais beaucoup plus de soirées correctes.
Et non, l’absence de taches solaires ne signifie pas l’absence d’aurores. C’est même le contraire pour les trous coronaux, qui n’ont rien à voir avec les taches.
Les applications de prévision sont-elles fiables ?
Oui, les applications sont fiables : elles affichent toutes les mêmes données officielles de la NOAA. Ce qui n’est pas fiable, c’est la nature. Elles diffèrent par le design et la lisibilité, pas par la qualité des données.
Ce que je conseille :
- My Aurora Forecast pour les alertes et la géolocalisation. C’est la seule fonction vraiment décisive, surtout en France.
- SpaceWeatherLive pour lire le Bz et le Bt en direct. C’est là que je vais quand je suis dehors.
- Ventusky et Yr.no pour la couverture nuageuse. Honnêtement, je les consulte dix fois plus que les applications d’aurores, et c’est ce qui fait la différence entre une soirée réussie et une soirée ratée.
La bonne façon de s’en servir : l’application ne vous dit pas s’il faut sortir, elle vous dit à quoi vous attendre une fois dehors. La décision de sortir, c’est la météo qui la prend.




Comment organiser mon voyage sous les aurores boréales ?
Très honnêtement, organiser un voyage sous les aurores boréales, quel que soit le pays, n’est pas ce qu’il y a de plus compliqué. Le plus important est de vous y prendre tôt. Les étapes indispensables à suivre sont :
- Quand partir : automne ou hiver? neige ou pas neige
- Combien de temps voulez vous partir
- Quel pays et quelle destination : Norvège (Tromso, Senja, Lofoten…), Suède, Laponie finlandaise, Islande… il y a pas mal de destinations possibles!
- Réserver l’avion, comparez les dates, changez, soyez flexibles pour bénéficier de bons prix. Il faut toujours comparer. Pour ma part j’utilise surtout Booking surtout grâce à son outil de prévision des prix, super pratique!.
- Trouver le logement: regardez entre Booking (il y a de plus en plus d’appartements, pas que des hôtels) et Airbnb (mais les frais sont tellement chers!)
- la location de voiture, comparez entre les brokers (comme Discover Cars, ultra clair) et les compagnies en direct (Avis, Hertz…)
Une fois que vous avez ça, vous pouvez regarder les différentes activités. Ca presse un peu moins. En général je regarde les activités chez Viator (groupe Tripadvisor) et Getyourguide. Regardez bien les notes, les avis et comparez. Mais en terme d’activités dans ces pays, on va trouver du chien de traineau, voir les rennes, faire du bateau pour voir les baleines ou les paysages, des sorties photo… on a l’embarras du choix ! Vous pouvez avoir un exemple ici pour Tromso.

Quel budget prévoir pour voir les aurores boréales ?
Comptez environ 1 500 € à deux pour cinq jours à Tromso en jouant serré, autour de 3 250 € pour un séjour confortable en février, et jusqu’à 5 500 € entre Noël et le Nouvel An. Les aurores sont gratuites, c’est tout le reste qui coûte cher.
Ces chiffres sont ceux de la saison 2026-2027, relevés en août 2026. Je les mets à jour régulièrement parce que rien n’a autant bougé que les prix norvégiens ces dernières années — les anciens repères qui traînent sur le web (hôtel à 120 €, voiture à 40 € par jour) ne valent plus rien.
Poste par poste, pour deux personnes, cinq jours et quatre nuits à Tromso :
- Vols aller-retour Paris-Tromso — 200 à 320 € par personne en réservant deux à six mois à l’avance. Novembre et janvier sont les mois les moins chers (moyennes autour de 190 €), décembre le plus cher (277 € en moyenne, et bien plus sur les fêtes). Il existe des vols directs saisonniers depuis Orly et Roissy d’octobre à mars ; sinon 9 correspondances sur 10 passent par Oslo. Septembre-octobre est le meilleur rapport qualité-prix, autour de 240 €, et les aurores sont déjà là.
- Hébergement — c’est le poste qui fait exploser la note, et de très loin. J’ai comparé les mêmes hôtels à trois dates : le Comfort Hotel Xpress passe de 87 € les trois nuits en octobre à 203 € en février et 229 € fin décembre. Le Clarion The Edge passe de 171 € à 358 € puis 453 €. Le coefficient haute saison est de 2 à 2,7 sur des chambres identiques. Comptez 60-90 € la nuit en automne, 200-280 € en février, 300-450 € sur les fêtes. Les appartements tournent autour de 185-190 € la nuit en hiver. Et les bonnes adresses affichent complet six à huit semaines à l’avance.
- Location de voiture — 70 à 110 € par jour en automne, 110 à 170 € par jour en plein hiver. Février est le mois le plus cher (152 € par jour en moyenne sur une économique). Réserver tôt divise à peu près la note par deux. Bonne nouvelle : les pneus hiver sont obligatoires du 16 octobre au 30 avril dans le Troms, donc ils sont toujours inclus. Les clous, en revanche, dépendent du loueur : demandez-les.
- Carburant — autour de 21 à 23 NOK le litre, soit environ 2 € le litre. La Norvège reste chère à la pompe.
- Sortie aurores avec une agence — de 90 € (grand bus) à 275 € (petit groupe avec photographe). Détail juste en dessous.
- Nourriture — 300 € à deux sur cinq jours en faisant les courses, 500 € en mangeant dehors régulièrement. Un plat au restaurant tourne entre 23 et 32 €, une pinte autour de 11 €, un café 5,70 €.
- Transports urbains — le bus depuis l’aéroport et le réseau urbain, comptez 70 € à deux sur le séjour. Le pass 7 jours est à 28 €.
Trois scénarios réalistes, à deux, cinq jours :
- Économique, en novembre ou en mars — vols 400 €, hébergement 480-600 €, une sortie en grand bus 220 €, nourriture 300 €, transports 70 €. Total : environ 1 500 €.
- Confortable, en février — vols 500 €, hôtel 3-4 étoiles 1 100 €, un minibus plus une sortie bateau 580 €, chiens de traîneau 490 €, nourriture 500 €, transports 80 €. Total : environ 3 250 €, soit 1 625 € par personne. C’est le scénario le plus représentatif de ce que dépense un couple français.
- Fin décembre — la même chose avec un hébergement à 450 € la nuit et une voiture : on monte facilement à 5 500 €.
Et le taux de change, qu’on oublie toujours : en août 2026, 1 € vaut environ 11 couronnes norvégiennes. Pour convertir de tête, divisez par 11 — 1 000 NOK font 91 €. La couronne s’est renforcée en 2026, donc si vous vous basez sur un vieil article qui parlait de 11,5 NOK pour un euro, vous sous-estimez tout d’environ 5 %.
Tromso, Laponie finlandaise ou Islande : lequel coûte le moins cher ?
La question revient tout le temps, et la réponse n’est pas celle qu’on croit.
La Laponie finlandaise est moins chère au sol : restauration, alcool et hébergement hors resorts sont plus abordables qu’en Norvège, et vous êtes en euros, donc aucun risque de change. Mais les vols sont plus chers — 311 € en moyenne depuis Paris contre 257 € pour Tromso, avec un mois de décembre écrasé par la demande « Père Noël » à Rovaniemi. Et les excursions ne sont pas moins chères : une sortie en grand groupe y est plutôt à 129 € contre 90-118 € à Tromso. Le vrai bémol est ailleurs : Rovaniemi est à 66,5° de latitude contre 69,6° pour Tromso. À activité solaire égale, vous verrez moins d’aurores. En revanche l’intérieur finlandais a un climat plus continental, donc statistiquement moins de nuages.
L’Islande a des vols comparables (266 € en moyenne, et même moins cher qu’à Tromso en janvier) et des excursions nettement moins chères : 148 € pour un petit groupe, 102 € pour une croisière, 56-85 € en grand bus. Le carburant y est aussi plus abordable, autour de 1,55 € le litre. Mais l’hébergement à Reykjavik est aussi cher qu’à Tromso, voire plus. Et surtout, Reykjavik est à 64°N, sous l’ovale, avec une météo atlantique redoutable : la fiabilité d’observation est franchement inférieure.
Mon arbitrage : pour un budget équivalent, Tromso maximise vos chances de voir des aurores. L’Islande maximise le contenu du voyage — même sans une seule aurore, vous aurez fait un voyage magnifique, ce qui n’est pas vrai d’un séjour à Tromso vendu uniquement sur l’aurore. Et la Laponie finlandaise est le meilleur compromis pour les familles, avec des vols plus chers mais un confort au sol imbattable.

Les aurores boréales sont-elles trop touristiques ?
Voir les aurores boréales est l’une des activités les plus en vogue actuellement. Je vois la différence par rapport à il y a 5 ans, quand je commençais. Toutefois, les endroits où on peut les voir le plus facilement sont les endroits très natures où les hébergements sont limités. Donc même à Tromso en heure de pointe, cela ne ressemblera jamais aux Galeries Lafayette avant Noel. Il est en plus très facile de trouver des coins tranquille pour les aurores. C’est seulement pour les réservations de logement qu’il faut s’y prendre en avance, car tant en Norvège qu’en Islande ou en Laponie, c’est (heureusement) limité. On respire, c’est bien, si on veut voir des gens on en voit, si on ne veut pas en voir, on n’en voit pas.
Donc oui, ça peut être touristique mais cela ne sera jamais embêtant car tant en ville que dans la nature, on peut facilement se retrouver tout seul. Et c’est d’autant plus vrai dans la Laponie!
Faut-il passer par une agence pour voir les aurores boréales ?
Une agence est très utile la première fois, ou si vous n’avez pas de voiture. Comptez 90 € en grand bus et 155 à 220 € en minibus petit groupe. Si vous restez plusieurs nuits et que vous avez le permis, louer une voiture revient moins cher et vous rend totalement libre.
Ma première fois, je suis passé par une agence, parce que je ne savais pas du tout comment m’y prendre. Je ne regrette pas : ça met en confiance, les guides sont bons, ils expliquent, ils animent, et surtout ils savent où aller. Ce que je ne savais pas, c’est à quel point c’est simple de le faire soi-même.
Les formats et leurs prix réels, saison 2026-2027 :
- Grand bus (40 à 50 personnes) — 90 à 118 €. Le format économique. Ça fonctionne, les opérateurs sérieux emmènent aussi loin qu’il le faut, souvent avec un repas inclus. Mais 45 personnes qui descendent du bus au même endroit, dans le noir, avec des lampes frontales et des téléphones allumés, ce n’est pas exactement l’expérience que je cherche. Certains proposent une réduction de 50 % si vous n’avez rien vu.
- Minibus petit groupe (jusqu’à 15) — 155 à 220 €. C’est le meilleur rapport qualité-prix selon moi, et le format que je recommande. Sorties de 5 à 9 heures, combinaison thermique fournie, repas chaud au feu de camp, photos prises par le guide. La différence de qualité avec le grand bus est énorme.
- Très petit groupe (6 à 8) avec photographe — 220 à 275 €. Si vous voulez de vraies photos et un guide qui s’occupe de vous, c’est là qu’il faut mettre l’argent. Souvent en 4×4, ce qui donne accès à des endroits inaccessibles aux minibus.
- En bateau — 108 à 165 €. Une expérience totalement différente : on quitte la pollution lumineuse en cinq minutes et le cadre est superbe. Le catamaran électrique de Brim Explorer est silencieux, ce qui change tout. Attention en revanche au froid : sur l’eau, avec le vent, c’est autrement plus mordant que sur la terre ferme.
- Privé — à partir de 1 100 € environ pour le groupe. Intéressant à partir de six ou huit personnes, pas avant.
Trois choses que personne ne vous dira :
1. Les prix sont dynamiques. Les « à partir de » ci-dessus sont des planchers. Plusieurs agences l’écrivent noir sur blanc : le tarif monte à mesure qu’on approche de la date. Réservez tôt, les petits groupes affichent complet des mois à l’avance.
2. Réserver en direct est souvent moins cher. J’ai comparé : le même minibus est à 200 € sur le site de l’agence et 224 € sur une plateforme de réservation, soit 12 % de plus. Certaines agences appliquent même une remise de 10 % en direct. Ça vous coûte cinq minutes de recherche, à vous de voir.
3. Attention aux noms qui ont changé. Tromsø Safari, qu’on trouve encore cité partout, n’existe plus sous ce nom : la société s’appelle Best Arctic depuis 2022. Si vous tombez sur une page qui la mentionne encore, c’est que le contenu n’a pas été mis à jour depuis longtemps — et probablement les prix non plus.
Les « aurores garanties » : que valent vraiment ces promesses ?
Aucune agence ne peut garantir des aurores, et celles qui le prétendent jouent sur les mots. Ce qui existe vraiment, c’est une garantie de re-participation : si vous n’avez rien vu, vous repartez gratuitement le lendemain, ou vous êtes partiellement remboursé.
C’est la question numéro un au moment de réserver, alors soyons clairs sur ce que recouvrent ces formules :
- La re-participation gratuite — la plus courante et la plus honnête. Vous ressortez le lendemain sans payer. Elle ne vaut évidemment que si vous restez plusieurs nuits sur place : réservez votre sortie le premier ou le deuxième soir, jamais la veille du départ.
- Le remboursement partiel — souvent 50 % si aucune aurore n’a été observée. Attention à la définition contractuelle : un voile vert pâle sur une photo compte généralement comme « vu ».
- Les croisières avec « promesse aurores » — sur un itinéraire de plusieurs jours, certaines compagnies offrent un voyage ultérieur si vous n’avez rien vu. Sur douze nuits au-dessus du cercle polaire, la probabilité de ne rien voir est si faible que la promesse ne leur coûte presque rien. Ce n’est pas malhonnête, c’est juste du bon marketing.
Mon avis : ne choisissez pas votre agence sur la garantie. Choisissez-la sur la taille du groupe, la durée de la sortie et la volonté du guide de rouler loin s’il le faut. Une agence qui accepte de faire trois heures de route jusqu’en Finlande parce que le ciel est bouché à Tromso vous servira infiniment mieux qu’une garantie écrite en petits caractères.
Croisière ou base à terre ?
La croisière type Hurtigruten a un vrai argument : en remontant la côte pendant plusieurs jours, vous multipliez mécaniquement les créneaux et vous vous déplacez en permanence, donc vous échappez souvent aux nuages. Sur douze nuits, il est très improbable de ne rien voir.
Ses limites, en revanche, sont réelles et rarement dites : vous ne choisissez pas où vous êtes. Si l’aurore se déclenche pendant que le bateau est à quai dans un port éclairé, vous la verrez mal. Vous ne pouvez pas décider d’aller chercher la trouée dans les nuages à 40 km de là. Et le pont d’un navire, même de nuit, n’est jamais complètement noir.
Ma préférence va nettement à une base à terre avec une voiture, parce que la mobilité est le vrai facteur de réussite. Mais la croisière reste un excellent choix si vous ne conduisez pas, si vous voulez voir beaucoup de côte norvégienne, ou si l’idée de rester planté dans le froid à attendre ne vous emballe pas.
- Repas chaud maison et boissons au coin du feu
- Photos souvenir prises par le guide incluses
- Jusqu'à la frontière finlandaise si nécessaire
- Petit groupe : 8 personnes maximum
- Photos et timelapse de la soirée inclus
- Dîner au feu de camp et combinaison thermique fournis
- Très petit groupe : 6 personnes maximum
- 4x4 tout-terrain : des spots inaccessibles aux autres tours
- Photos, trépieds pros, soupe chaude et équipement complet inclus
Organiser son séjour avec Evaneos
Si vous souhaitez organiser votre séjour avec un organisme, je vous conseille l’agence française EVANEOS. Déjà parce qu’avec l’aide de nombreux correspondants sur place, ils ont des itinéraires préétablis. Mais ensuite, vous pouvez contacter ces agences locales pour créer votre propre itinéraire. Et ça c’est chouette.
Les questions que l’on me pose le plus souvent
J’ai regroupé ici les questions courtes qui reviennent en boucle par mail et sur les réseaux. Les réponses détaillées sont dans les sections ci-dessus.
Peut-on voir les aurores boréales à l’oeil nu ?
Oui. Les aurores moyennes et fortes sont franchement visibles à l’oeil nu, et il n’y a aucun doute possible quand ça arrive. Les aurores faibles, en revanche, ressemblent à un voile grisâtre qu’on peut confondre avec un nuage : c’est la photo qui révèle le vert. Depuis la France, comptez plutôt sur des teintes rosées.
Peut-on les voir malgré les nuages ?
À travers des nuages hauts et fins, oui, en atténué. À travers des nuages bas et épais, non — les aurores se produisent à plus de 100 km d’altitude, très au-dessus de toute la météo. C’est pour ça que la couverture nuageuse est le seul critère qui doit décider de votre soirée.
S’il n’y a pas de taches solaires, il n’y a pas d’aurores ?
Faux. Les taches produisent les éruptions, donc les grosses tempêtes. Mais les trous coronaux, qui n’ont rien à voir avec les taches, produisent des aurores tout à fait correctes et récurrentes tous les 27 jours. C’est même le moteur dominant en ce moment, dans la phase descendante du cycle.
Faut-il éviter la pleine lune ?
Non, ce n’est vraiment pas rédhibitoire. La Lune agit comme un lampadaire, mais elle reste dans le secteur est-sud-ouest, donc jamais en plein dans les aurores qui arrivent par le nord. Sa lumière se reflète dans la neige et éclaire magnifiquement les paysages. Pour une première fois, je conseille quand même la nouvelle lune : ciel plus noir, Voie lactée visible, aurores plein pot.
À quelle heure sortir ?
Réservez votre créneau 19h-minuit et soyez prêt. C’est pour cette raison que les agences viennent chercher leurs clients vers 18h. J’en ai eu à 16h comme à 3h du matin, il n’y a aucune règle — mais s’il n’y a rien eu avant minuit, la soirée est souvent compromise.
Combien de temps dure une aurore ?
De quinze minutes à toute la nuit. En général on a deux ou trois séries espacées d’une bonne demi-heure. Ma plus longue : un début vers 21h en septembre et une fin aux premières lueurs, vers 4h du matin. Épuisant et fantastique.
Peut-on les voir depuis une ville ?
Oui pour les fortes, non pour les faibles. Les lumières créent un voile qui masque tout ce qui est discret. Il suffit souvent de s’éloigner de quelques kilomètres du centre pour que ça change radicalement — à Tromso, quelques minutes de voiture suffisent.
Y a-t-il un danger pour la santé ?
Aucun. Le phénomène se produit à plus de 100 km d’altitude et la lumière que vous voyez est parfaitement inoffensive. Les tempêtes géomagnétiques peuvent perturber les GPS, les communications radio et, dans les cas extrêmes, les réseaux électriques — pas les êtres humains. Le seul vrai risque de votre soirée, c’est l’hypothermie si vous êtes mal habillé.
Peut-on emmener des enfants ?
Oui, avec deux réserves. Il faut qu’ils tiennent éveillés tard et surtout qu’ils tiennent au froid en restant immobiles, ce qui est beaucoup plus dur pour eux que pour vous. Privilégiez l’automne (moins froid), les sorties en bateau ou en minibus avec un abri chauffé, et acceptez de rentrer plus tôt. Plusieurs agences ont des tarifs enfants, autour de 110-120 €.
Faut-il un appareil photo pour en profiter ?
Surtout pas. Un smartphone récent sur un petit trépied fait très bien l’affaire, et le meilleur souvenir reste ce que vous aurez regardé sans écran devant les yeux. Prenez trois photos, puis rangez tout.
Quel est le meilleur mois ?
Il n’y a pas de mois avec plus d’aurores. Mes préférés sont septembre (jours longs, effet équinoxe, pas encore froid) et mars (belles couleurs, plein de neige, jours longs, effet équinoxe). Février est le mois du vrai hiver, avec la meilleure ambiance. Décembre est le plus difficile : jours très courts, météo capricieuse et prix maximum.








































Incroyable mine d’infos, reconnaissance et gratitude pour ces magnifiques et généreux partages !!!
Merci à vous!
Bravo pour votre site complètissime ! Quel beau travail. Je pense aller en Laponie début mars , Je croise les doigts .
Bonjour, nous sommes de passage à Tromso (6, 7 et 8 aout). Est-il possible de voir des aurores si l’obscurité n’est pas totale? Nous avons pris un tour sur Get Your Guide (de 19h45 à 23h45 le 7/8) mais hésitons à le faire car hier à 23h30 il ne faisait pas nuit…
Bonjour je fait nous partons 15 fin juin pour faire les Lofoten .de tromso en passant par senja .jusqu’à a i puis bodo …je cherchais quoi voir ,ou s’arrêter sur la route du retour entre bodo et tromso
Merci
Bonjour. Je prépare un séjour aurores boréales. Je vous remercie pour ce site si génial, avec toutes les explications détaillées. Vous m’avez mise à l’aise pour faire les démarches nécessaires. Nous partons aux environs du 10 octobre, pour 10 jours minimum. Je vais chercher un logement sur booking.com à kilpisjàrvi pour 5 jours puis tromso 5 jours minimum. Départ et arrivée à Tromso en louant une voiture à l’aéroport.
Très bel article illustré avec de sublimes photos. Félicitations !
Bonjour Vincent !
Je viens de lire ton magnifique article et je compte lire TOUS les autres 😉
Je viens de décider de sauter le pas ! Enfin !!
En lisant l’article j’me disais mais pourquoi il ne propose pas ses services pour partir en boreal road trip.
Ça serait plus simple pour ma soeur et moi!
Bon en tout cas merci encore pour ces précieux conseils nous sommes encore au stade d’hésitation sur agence ou non et pensons partir en mars !
Merci encore pour ces magnifiques photos.
Bonjour Vincent
Merci beaucoup pour tes informations je rentre de Tromso j ai suivis tes recommandations et suis allé dans les endroits indiqués j ai eu de belles aurores 3 nuits de suite
J ai aussi roulé pas mal dans la region magnifique trop envie d y retourner
Merci d avoir partagé
Salutations R SIMOND
Bonjour,
Merci pour ce bel article ! Nous souhaitons partir à Tromso du 26/12 ou 02/01. Notre objectif principal (après les baleines) : les aurores boréales ! Nous avons déjà fait l’Islande puis la Finlande mais en vain.. Pensez-vous que le mois de décembre soit propice ? J’ai entendu que c’était un mois souvent nuageux par rapport à février ou mars.
Merci d’avance pour votre réponse 🙂
Bonjour !
Désolé je vous répond tard mais c’est une période propice à condition que la météo soit bonne. Si c’est le cas, avec de la patience vous pourrez en voir. Et avec une bonne activité solaire, vous pourrez les voir danser !
N’oubliez pas que si la météo est mauvaise à un endroit, elle peut être meilleure un peu plus loin donc ça vaut le coup de checker des applications de couverture nuageuse comme Ventusky
Très bon article très complet j’y vais avec mon ami entre le 26 décembre et le 2 janvier nous espérons enfin voir des aurores boréales nous avons été en Islande n’en n’avons pas vu par contre on loge au camping lodge de tromso j’ai vu que tu disais qu’il valait mieux pas y aller en hiver j’aurais bien aimé savoir pourquoi je n’ai pas trouvé d’application pour prendre des photos sur un Android peux-tu m’en m’indiquer en tout cas bravo quel plaisir de te lire
A défaut de les voir de nos propres yeux ,ces fameuses aurores boréales dont on rêve depuis longtemps, on se régale de ces magnifiques photos. Quel talent !
toujours aussi super et bien illustré; encore merci.
Merci beaucoup! 🙂
Whaouuuu tes photos d’aurores boréales font rêver, on adorerait en voir un jour, c’est dingue comme phénomène quand même !! Merci pour tout ce travail et tes partages 🙂
Roh merci beaucoup pour ton message! 🙂 Aller les voir est plus simple qu’il n’y parait 🙂