Les aurores boréales, c’est une histoire d’amour vieille de 5 ans. Et c’est une vraie cochonnerie car on y goute une fois et paf! on devient accro. Sauf qu’on a également envie de faire de jolies photos, d’avoir de beaux souvenirs. Puis ensuite, de faire d’encore plus belles photos, d’apprendre de ses erreurs, de progresser, bref, d’apprendre à photograhier les aurores boréales.

Concrètement, la photo d’aurores boréales est parmi les plus difficiles. Parce que ça change tout le temps, parce que c’est de nuit, qu’il faut du matériel spécifique, qu’il faut être en total manuel et qu’il faut tout le temps changer les paramètres car les aurores changent de rythme, de formes. Elles apparaissent et disparaissent très rapidement, il faut donc être prêt. Ce n’est pas comme un coucher de soleil, une voie lactée. L’expérience joue énormément et on fait des erreurs. Mais l’avantage c’est qu’on sait rapidement ce qu’il ne faut pas faire quand on voit le résultat.

Après, c’est aussi une question d’interprétation. Chaque photographe d’aurores est différent, le fait de façon différente. D’ailleurs on peut facilement reconnaitre le travail des différents photographes, savoir qui a fait telle photo. Donc ça sera pareil pour vous, vous allez utiliser les paramètres classiques, puis après vous allez trouver votre façon de faire, ce qui vous plait, ce que vous voulez faire ressortir. Et c’est toute la magie de la photographie d’aurores, ça change absolument tout le temps, vous n’aurez jamais deux fois la même photo, les mêmes conditions.

C’est challengeant, mais c’est passionnant. Les débuts seront probablement ratés, ne vous découragez surtout pas ! On progresse très très vite, photo après photo. Allez, premier conseil (va y en avoir plein) : faites un premier test avec les paramètres de base quand il n’y a quasiment pas d’aurores, avant le premier gros moment.

tungeneset aurores boreales fjord Senja Norveve | Blog Vincent Voyage

Rentrons dans le vif du sujet. Encore un article sur la photographie d’aurores boréales me direz-vous. En effet ! Tous les sites parlant de photographie, d’aurores boréales, de Norvège ou autre, vont faire un article là dessus. Et ils vont tous vous dire la même chose : ouverture à 2.8, ISO 3200, pose longue à 8 secondes, trépied et thermos. C’est mignon, ce n’est pas totalement faux, mais c’est pas aussi simple. Ici, nous ne parlerons pas de théorie, mais de pratique. A quoi servent les paramétrages pour les aurores, quels sont les bons réglages dans telle ou elle situation, une pléthore d’exemples sur ce qu’il faut faire et surtout ne pas faire, photos à l’appui. Et avant de vous embrouiller avec le matériel, on va d’abord s’attarder sur les bases, tout ce que vous devrez manipuler lorsqu’une aurore arrive et même avant. Et on va rapidement s’apercevoir que photographier des aurores, c’est pas si simple que ça.

5 conseils pour photographier les aurores boréales

Le but n’est pas de faire doublon avec ce qui va suivre. Mais si je devais résumer très rapidement la photographie d’aurores boréales, ça serait selon moi ces 5 (en fait 7) conseils. Ils seront développés plus bas, on va faire les choses dans l’ordre.

  • Potasser ce guide avant. Ainsi vous saurez quel paramètre modifier dans telle ou telle situation.
  • EN-TRAI-NEZ VOUS ! Avant le grand soir, faites des petits tests de photo de nuit, de mise au point manuelle. Sachez comment modifier chaque élément avant. C’est pas compliqué, mais parfois c’est bien caché.
  • Ne pas se précipiter, préparer le matériel afin être prêt quand elles arrivent.
  • Bien choisir son emplacement, pour ne pas se retrouver sous les fils électriques et les lumières
  • Prendre grand soin de la mise au point, histoire de ne pas avoir les photos floues
  • Essayer, rater, essayer, être content de soi, car c’est gratifiant de réussir sa première photo d’aurores (et les suivantes aussi!)
  • Le conseil bonus: profitez, n’ayez pas le nez dans l’appareil photo, profitez du spectacle. Car vous êtes avant tout là pour les voir 🙂

Les paramètres de base appliquées aux aurores boréales (iso, ouverture…)

Je ne vais pas vous faire de grands cours théoriques sur la photographie. Déjà vous n’êtes pas là pour ça, ça peut être un chouille barbant et surtout je ne suis pas le plus qualifié pour ça. Donc je vais vous dire à quoi correspond chaque setting pour la photographie d’aurores boréales, ce qui se passe si on le fait bien ou mal, quels sont, à vue de nez, les bons paramètres. Et je suis désolé, mais ils sont tous importants, car ils ont tous un vrai impact sur le rendu de la photo, vous n’avez pas le choix :p

Le mode manuel

Sur les appareil photos numériques, on a le mode automatique qui gère tout (ouverture, temps de pose) et on n’a plus qu’à cliquer. Les modes semi automatiques où on ne s’occupe que de l’ouverture ou la vitesse. Ainsi que la possibilité de mettre les ISO en automatique, la mise au point, bref, on n’a plus grand chose à faire.

Là, vous devrez passer en mode manuel (M) car vous devrez toucher à tout les paramètres et surtout ne rien laisser en automatique. Car si vous changez l’ouverture, alors la vitesse se modifiera d’elle même. On va le voir ci-dessous, changer la vitesse, l’ouverture ou l’ISO a un grand impact sur les aurores donc vous devez pouvoir maitriser tous ces éléments en même temps. Mais ce n’est pas si compliqué que ça.

Comment photographier aurores boréales
Les bandes, 14mm, F1.8, 2 secondes, ISO 1600, sous exposé

La mise au point

Là, c’est super simple, la mise au point manuelle (focus) est indispensable. Vous la ratez, ça ne se rattrape pas avec Lightroom :p Il s’agit de la netteté de l’image (grosso modo). Si on ne fait pas bien la mise au point, la photo sera floue.

La mise au point se règle sur l’objectif et doit être sur l’infini. Mais attention, ya un piège. L’infini indiqué sur l’objectif ne correspond pas à la netteté souhaitée. Il ne faut donc pas tourner jusqu’à atteindre l’infini, il faut le faire à l’oeil, en ciblant une étoile avec l’appareil photo. C’est un peu avant l’infini, faites des tests, prenez une photo, regardez si l’étoile est nette ou non. La première année, je mettais sur l’infini de l’objectif sans savoir qu’en fait c’était un peu avant. Et les photos étaient superbement foirées (vous allez voir en dessous). C’est con, c’était joli. Je pensais que c’était la faute de l’objectif alors que ça venait de moi.

Il faut évidemment le faire à chaque changement d’objectif car en manipulant l’appareil photo et les objectifs, on va forcément changer un peu.

Très important, faites votre réglage de mise au point AVANT de commencer à photographier les aurores. Soyez sur de votre coup, faites une ou deux photos, zoomez et vérifiez. La préparation est indispensable ici.

Sur les deux photos, j’ai zoomé sur les photos pour montrer à quoi ressemble une mise au point correcte. C’est net (même si le blog compresse et détériore les photos), on voit bien les étoiles et les montagnes, c’est ce qu’il faut atteindre.

netteté aurores boréales photographie
Bonne mise au point, étoiles nettes. 14mm, F1.8, 15s, ISO 3200
netteté aurores boréales photographie
Bonne mise au point, étoiles nettes. 24mm, F1.4, 2,5s, ISO 4000

Le temps de pose

Le temps de pose, c’est facile, c’est la durée d’exposition du capteur. Plus ça reste ouvert longtemps, plus ça va capter de mouvements, de lumière. Vous voyez les poses longues pour les cascades, où ça fait un filé plutôt qu’un instantané? c’est pareil avec les aurores. Sauf que les aurores ça bouge un peu dans tous les sens, parfois.

Le temps de pose va sacrément influer sur la forme que va prendre votre aurore boréale sur la photo. Plus vous laissez ouvert longtemps, moins les formes vont être visibles. S’il s’agit d’un arc, d’une aurore lente, ça ne sera pas un problème car la forme ne bouge quasi pas. Comme ça capte plus de lumière, ça permettra de baisser les ISO. Mais si l’aurore est rapide, alors il faut baisser le temps de pose pour garder la forme de l’aurore.

Une pose longue, pour une aurore lente, servira donc à avoir bien plus de lumière, surtout si l’aurore est faible.

  • aurore rapide : entre 0.8 et 2.5 secondes (j’aime bien 1.3 secondes)
  • aurore moyenne: entre 3 et 4 secondes
  • aurore lente : entre 6 et 10 secondes

Je vous ai mis un exemple de chaque, pour que vous puissiez vous rendre compte.

Aurores boréales Norvège
Par exemple ici, une rapide : 14mm, F1.8, 1,6s, ISO 6400
Aurores boréales Norvège
Une lente: 14mm, F1.8, 6s, ISO 4000
breivikeidet aurores boréales tromso en Norvège | Blog Vincent Voyage
14mm F1.8, 10 secondes, ISO 1000

L’ouverture

Là ça dépend de l’objectif. Pour les aurores boréales, il vous faut ce qu’on appelle un objectif lumineux. Il s’agit d’un objectif dont l’ouverture se situera entre F1.4 et F2.8. Contre intuitivement, il s’agit d’une très grande ouverture. Plus l’ouverture est grande (1.4), plus l’objectif laissera passer de lumière. Ainsi, à paramètres identiques, une photo à F2.8 sera bien plus “claire” qu’une photo à F5.6. Dans le cadre des photos d’aurores boréales qui se font la nuit, c’est donc ultra important.

Alors oui, mais une grande ouverture joue aussi sur la profondeur de champ, à savoir qu’à 2.8 la zone “nette” n’est pas bien grande. Mais là, c’est pas grave. Comme on a fait la mise au point sur l’infini (et on a vérifié qu’elle était bien faite), le ciel et les aurores seront nets. Cela posera un peu de difficultés s’il y a un premier plan assez proche, auquel cas il faudra soit fermer l’ouverture pour agrandir la zone de netteté, soit faire la mise au point sur ce premier plan et avoir le derrière moins net. Ou alors reculer un peu jusqu’à atteindre la l’infini de l’objectif (pas très loin en général).

Donc vous mettez l’ouverture aussi grand que vous pouvez. Sauf (et oui!) si vous avez un objectif qui a une grosse différence de qualité entre la pleine ouverture et un peu moins. Par exemple, surtout dans les ultra grands angles, à pleine ouverture les coins sont étirés, le piqué moins bon. Ca rend flou et c’est moche. Donc il arrive qu’il faille être à 2.0 au lieu de 1.8 par exemple. Il faudra tester, ça dépend énormément des objectifs. Mais en général les tests sur internet vous permettent de vous faire un avis très rapidement.

Juste en dessous je vous ai mis deux photos prises au même endroit, presque en même temps, mais avec une différence d’ouverture. 1.8 vs 2.8. Ca parle pas mal sur l’importance de l’ouverture. Alors imaginez avec un F4 par exemple.

photo sous exposée aurores boréales
14mm, F1.8, 6 secondes, ISO 1250
photo sous exposée aurores boréales
35mm F2.8, 4 secondes, ISO 1600

Les ISO

Ca, c’est un point ultra important. Les ISO, c’est la sensibilité de la lumière. Donc oui, plus on monte dans les ISO, plus on va avoir de lumière. Mais ce n’est pas “capter plus de lumière”, c’est une amplification. Et forcément, qui dit amplification dit dégradation (le fameux grain qu’on appelle bruit). Donc il faut savoir jusqu’où aller sans que ça devienne trop cracra.

Les ISO sont pratiques car ils permettent de mieux capter les aurores sans avoir à augmenter le temps de pose, surtout si on a une ouverture relativement petite (2.8, 4…) mais il faut faire attention à ne pas trop pousser pour éviter l’apparition du bruit.

Disons qu’avec les appareil actuels (pas le haut de gamme, mais des trucs corrects), on pousse jusqu’à 3200, ça donne une bonne luminosité. Avec les derniers Sony notamment, on peut monter à 12800 sans bruit visible. On peut même aller jusqu’à 40000 avec un bon résultat (genre le A7SIII). C’est épatant.

Mais avec mon objectif qui ouvre à 1.4 (je l’appelle Hubble par sa capacité à voir dans le noir), j’ai les ISO bien plus bas, parfois 640.

Donc, il faut faire super attention aux ISO. Ne pas trop monter sinon soit ça surexpose soit ça fait du bruit (le grain), mais ne pas trop descendre car sinon il n’y a plus de lumière. Mais avec un matériel classique, tablons sur ISO 2500 pour une bonne aurore avec ouverture à 1.8 et 4 secondes.

Dans l’exemple ci-dessous, les ISO étaient à 6400. Pas énorme en soit, limite limite pour l’A7III, mais comme c’était sous exposé, il fallait remonter après l’exposition dans Lightroom et paf! ça fait apparaitre le grain bien visible. Donc j’aurais du baisser les ISO et surtout monter le temps de pose, une belle erreur.

aurores boréales iso trop élevés
14mm, F1.8, 0.4 secondes, ISO 6400

La balance des blancs

La balance des blancs, on peut dire que c’est comment votre appareil photo va interprêter les couleurs. Pour les aurores boréales, je ne vous cache pas que c’est assez relou. Car, on va le voir plus bas, selon comment le ciel est “chargé”, les aurores n’ont pas la même couleur, la même teinte.

Mais de base, il ne faut pas que vos aurores soient trop vert pétant. C’est une question de goût, mais je ne trouve pas ça foufou. Alors c’est pas mal de régler soi-même les kelvin à environ 3000k (enfin entre 2800 et 4000), c’est ce qui donne votre photo plus ou moins chaude (les aurores qui vont de bleu à vert sur la photo). Et en réglage de balance des blancs, je prends un truc le plus neutre possible, “couleurs de jour” c’est plutôt pas mal. Après ça se retouche sous Lightroom, mais certaines teintes visibles à l’oeil nu sont difficiles à capter. Le violet, l’orange, le bleu, le jaune, le rose. L’appareil photo n’interprète pas les couleurs comme notre oeil. Dernièrement, sur mon Sony, j’ai trouvé que le mode “photo sous marine” était vachement bien adapté, c’était le moins pire.

Sinon vous pouvez laisser le mode automatique, ça peut parfois faire le job. Mais pareil, il vaut mieux tester les différents modes avant.

Il faut aussi savoir que tous les appareils photos ne vont pas capter les mêmes couleurs, ni les faire ressortir de la même façon. La colorimétrie des Sony est assez spéciale et ils ne captent que très peu de magenta ce qui est dommage.

Je vous ai mis ci-dessous 3 photos prises en même temps avec l’A7III mais avec 3 balances des blancs différentes. Clairement, sans avoir rien touché, on voit que ça influe grandement sur la photo. Donc ça sera à vous de voir ce qui vous plait le plus, ce qui est le plus naturel.

Aurores boréales balance des blancs
14mm, F1.8, 10 secondes, ISO 1000
Aurores boréales balance des blancs
14mm, F1.8, 10 secondes, ISO 1000
Aurores boréales balance des blancs
14mm, F1.8, 10 secondes, ISO 1000

RAW ou JPEG

Surtout, enregistrez si vous le pouvez vos photos en RAW et JPEG, les deux. Alors pourquoi le Raw? simplement parce que cela vous permettra de les éditer par la suite. On peut éditer du Jpeg, mais le Raw offre énormément plus de possibilités.
Et pourquoi le Jpeg ? parce que vous aurez juste après la photo une version utilisable de votre photo. Donc je conseille vraiment d’enregistrer les deux formats en haute qualité.

Ca prend de la place sur la carte mémoire, mais là vous êtes parés et vous pouvez faire tout ce que vous voudrez ensuite. Directement partager sans édition ou éditer en pleine capacité.

tungeneset aurores boreales vue fjord Senja Norveve | Blog Vincent Voyage

Comment trouver les bons paramètres

C’est là où ça devient challengeant. Disons que on part sur une base classique de 6 secondes, 1600 ISO, ouverture 1.8, une aurore qui ne bouge pas, un arc très classique. Là on est bien car la lumière entre par l’ouverture (très bien), par le temps de pose qui est long mais pas trop et par les ISO qui ne sont pas trop élevés.

Par exemple ici, si on monte les ISO et on baisse le temps de pose, on aura autant de lumière, mais elle sera dégradée à cause du bruit. Or, l’aurore ne bouge pas spécialement, donc autant avoir une lumière plus “pure”.

Mais si l’aurore se met à bouger, alors on doit baisser le temps de pose pour avoir les mouvements. 6 secondes, c’est limite. 3.2 ça va. Mais si vous baissez le temps de pose, il faut avoir plus de lumière. Donc monter les ISO. Mais pas trop. Vous voyez la difficulté là? Il est très important de savoir jusqu’où on peut aller dans les ISO sans détériorer la photo. Ca permettra de jouer avec le temps de pose sans se mettre la pression.

On va le voir, il y a aussi un autre facteur qui va jouer de temps en temps : la lune. Ca peut être vachement bien pour faire baisser les ISO, ça fait réverbère, mais ça enlève de la visibilité des aurores dans le ciel. On va voir tout ça ensuite.

Aurores boréales norvege
Une corona assez active 14mm, F1.8, 0.6secondes, ISO 4000
Aurores boréales iles Lofoten
14mm, F1.8, 0.5secondes, ISO 5000

Les différents types d’aurores boréales et les paramètres à appliquer

Car non, toutes les aurores boréales ne se ressemblent pas, et c’est ce qui fait le charme de ce phénomène, ce qui fait qu’on y retourne soir après soir et année après année (vous verrez, vous finirez drogués vous aussi 🙂 ) Et évidemment, selon ce qu’on a sous les yeux, la vitesse, l’intensité de l’aurore, s’il y a la lune ou non (sinon c’est trop simple), on ne va pas utiliser les mêmes réglages. Et c’est aussi pour ça que la photographie d’aurores boréales est super intéressante, c’est que cela bouge absolument tout le temps, chaque aurore est différente, donc chaque photo doit être prise différemment.

L’arc, la plus classique

L’arc, c’est ce que l’on aura tous les soirs quasiment à coup sur. Comme son nom l’indique, il s’agit… d’un arc, venant du nord et allant vers le sud plus ou moins vite. En général c’est lent et le gros avantage c’est que cela permet de se faire la main.

Quand c’est lent et au loin, on peut partir sur un temps de pose d’une bonne dizaine de secondes, ce qui permettra notamment de capter la voie lactée si elle est dans le coin. Sur une photo (que je ne retrouve plus), je suis allé sur 30 secondes car elle était vraiment lente et ça m’a permis d’avoir la réflexion dans le lac.

breivikeidet aurores boréales tromso en Norvège | Blog Vincent Voyage
14mm F1.8, 10 secondes, ISO 1000

Si c’est assez proche, ça bouge un minimum, alors du 6/8 secondes, 1600 ISO c’est pas mal.

Quand ils sont au dessus de nos têtes, c’est chouette. C’est massif, ça prend de la place, ça donne de jolies choses en fonction de là où vous êtes et il n’y a pas trop de pression à aller vite. Bon ça va quand même bouger plus qu’au loin, là on est vraiment dessous, on va voir les mouvements des “filaments”, ça peut notamment être sympa de faire un timelapse là dessus car il y a plus d’activité visible que quand c’est au loin.

Concrètement quand l’arc est au dessus, on va tabler sur du 6 secondes environ, ou moins selon la forme et l’activité. Là c’est vraiment à vous de voir selon le rendu. Si ça ne bouge pas, entre 4 et 8 secondes environ. Car vous le verrez, ça bouge quand même un tout petit peu dans l’aurore elle même.

Aurores boréales Tromso
14mm, F1.8, 8 secondes, ISO 2000
Aurores boréales senja
14mm, F1.8, 5 secondes, ISO 800

Les “bandes”

Les bandes, ce sont des arcs mais qui vont plus vites, qui sont moins massifs, ça bouge. Ce n’est pas l’explosion mais c’est un super moment.

Là on table sur du 4 secondes ou un peu moins, selon la vitesse de mouvement, l’épaisseur de la bête. Donc les ISO doivent monter un peu, mais le ciel est plus éclairé donc ça aide ! Essayez dans les 4 secondes, 3200. Mais concrètement c’est à partir de ce genre d’aurores qu’il faut être attentif sur les réglages car ça va vraiment bouger !

Aurores boréales iles Lofoten
14mm, F1.8, 0.8 secondes, ISO 8000
Aurores boréales Iles Lofoten
14mm, F1.8, 1.6 secondes, ISO 6400

Les pillars

Alors je ne sais pas trop comment appeler ça. Mais on va voir très visiblement plusieurs spectres de couleurs, notamment le magenta, et les aurores seront très verticales, des espèces de filaments. C’est facilement reconnaissable, c’est signe d’une bonne activité solaire et que ça peut péter. C’est là où l’appareil photo fait la différence car certains arrivent à bien capter le magenta, d’autres non. Ce ne sont pas forcément les aurores les plus rapides en terme de mouvement. En revanche, ça apparait et disparait rapidement.

Aurores boréales Senja
24mm, F1.4, 10 secondes, ISO 1250
Aurores boréales iles Lofoten
24mm, F1.4, 2.5 secondes, ISO 6400

La Corona

Bon là, c’est LE moment qu’on attend tous, que ça pète. Ca peut péter devant nous ou le mieux au dessus. Et là, popopo ! La corona, c’est comme un rideau que l’on secoue. C’est concrètement quand on dit que ça danse, c’est ça. Et en couleur s’il vous plait. Le bas de l’aurore sera rose (très visible), parfois du jaune/orange, du blanc, et le vert.

Ca peut suivre la bande, donc bouger de gauche à droite, à gauche, à droite (bref vous avez compris) ou alors totalement partir en vrille comme sur la vidéo. Je précise que c’est à vitesse réelle, c’est parti ultra rapidement d’un coup et je n’avais pas le temps de mettre sur le trépied. Je crois que je n’en ai jamais vu de plus rapide que ça, c’était exceptionnel.

En revanche pour prendre en photo, c’est compliqué car il faut vraiment baisser le temps de pose pour avoir quelque chose de figé. Le gros avantage c’est que quand il y a une corona au dessus de vos têtes, le ciel s’éclaire vraiment très fort.

Photographier Aurores boréales Tromso
Une corona TRES rapide : 14mm, F1.8, 0.8secondes, 6400 ISO
Corona aurores boréales Norvège
Une corona très lumineuse : 14mm, F1.8, 0.17secondes (oui oui, très lumineuse!)

Pour photographier ça, c’est pas évident. J’essaie d’être à une seconde de pose. L’avantage c’est qu’avec ce ciel, il y a beaucoup de lumière donc il n’est pas forcément nécessaire de monter très haut dans les ISO. Mais ça va très très vite ! Clairement ce n’est pas le plus facile à photographier, surtout qu’il faut regarder pour en profiter. Donc j’essaie soit de mettre en vidéo, soit en timelapse et pof, je profite 😀 Là je vais vous mettre quelques exemples, on est à 1 seconde grand max. Parfois à 0.5″. Mais faire jusqu’à 1.6″ n’est pas déconnant ! Ca donnerai une autre forme, c’est tout 🙂

Le voile

Là c’est chouette, c’est totalement différent. En général, après la grosse explosion, on a un voile tout vert pale qui envahit rapidement le ciel et disparait. C’est sympa, photogénique. Mais ça ne dure pas longtemps. Je ne l’ai pas à chaque fois et je dirais même que je ne l’ai pas vu souvent. Mais c’est super chouette 🙂 Je vous ai mis les paramètres avec les photos ci dessous. Je pense toutefois qu’on peut baisser les ISO et monter un peu le temps de pose.

Aurores boréales Senja
14mm, F1.8, 0,8secondes, ISO 4000
Aurores boréales norvege
14mm, F1.8, 1.6 secondes, ISO 6400

Les pulsatiles

Alors les pulsatiles interviennent à la toute fin, une fois que ça a vraiment pété et que la série d’aurores est terminée (ça ne signifie pas qu’il n’y a plus d’aurores pour la soirée, c’est juste cette aurore là qui a fini son affaire), on va avoir quelque chose de totalement différent et surprenant. Comme son nom l’indique, ça… pulse. Ca apparait, disparait, revient par là, et hop. Ce n’est pas super fort mais largement visible à l’oeil nu bien que rapide. Là je conseille de faire un peu plus long, dans les 3/4 secondes. Comme ça vous en aurez plusieurs. Mais encore une fois, c’est assez spécial donc il faut tester !

aurores boréales pulsatiles
Les aurores boréales pulsatiles 14mm, F1.8, 3.2 secondes, ISO 2000

Les erreurs à ne pas commettre pour photographier les aurores boréales !

Au dessus je vous ai parlé des bons réglages, de ce qu’il fallait faire. Mais tout ça, c’est dans un monde parfait où on ne s’est pas planté. Voici ci-dessous de nombreuses erreurs qu’on fait tous, mais qu’il faut éviter. Tout ça n’est qu’une question d’expérience, de tests, d’erreurs, c’est comme ça qu’on va continuer à les faire, mais moins souvent 😀

Des ISO trop élevés

Alors oui je sais qu’il faut avoir des ISO élevés pour avoir plus de lumière. Mais votre appareil photo a des limites (qui dépendent de chaque appareil) et si on les dépasse, ça va joliment dégrader votre photo. J’ai un joli exemple ci-dessous, où j’avais oublié de baisser les ISO. Ils sont à 40.000, rien que ça, j’ai essayé de rattraper la photo mais impossible de faire mieux. Alors imaginez ce que ça donne avec un appareil qui est moins conçu pour la basse lumière ! Bon là 40000 c’était vraiment extrème, mais on peut voir ça à 4000 sur un petit appareil, à 12000 sur un appareil de bon niveau. Donc testez avant aussi pour connaitre les limites de votre appareil 🙂

aurores boréales iso trop élevés
14mm, F1.8, 1/25secondes, ISO 40000

Sous exposer

Sous exposer, ça signifie ne pas avoir assez de lumière dans la photo, et donc que ça soit trop sombre. On peut avoir tendance à baisser la luminosité via des iso trop bas afin d’éviter d’avoir du bruit, qui peut arriver en montant trop dans les iso. Alors oui on peut augmenter l’exposition avec les logiciels comme Lightroom, mais trop monter l’exposition artificiellement va un peu dégrader la photo et le rendu de la lumière, donc il est bon de ne pas trop sous exposer. On peut le faire un peu, car il vaut mieux sous exposer que sur exposer, mais avec parcimonie.

photo sous exposée aurores boréales
35mm F2.8, 4 secondes, ISO 1600

Sur exposer

Forcément, sur exposer est le contraire de sous exposer. C’est à dire avoir trop de lumière sur la photo. Ca vient soit en ayant des iso trop élevés, soit un temps de pose trop long, soit les deux. Mais ce qui est sur, c’est que ce n’est pas foufou car contrairement à la sous exposition c’est plus difficile à rattraper. Car une aurore surexposée et donc trop lumineuse est ce qu’on appelle “brulée”, comme on peut le voir sur l’exemple ci-dessous. Et ça, ça n’est pas rattrapable, ou très peu.

Entre la surexposition et la sousexposition, on peut voir que la gestion de la lumière est très compliquée avec les aurores boréales. Gérer quelque chose de lumineux en pleine nuit, ça n’est vraiment pas évident, surtout que l’aurore peut s’illuminer d’un coup, il peut y avoir la pleine lune qui va jouer son rôle de réverbère. C’est difficile, mais super intéressant.

Sur la photo ci-dessous, un exemple d’une surexposition d’aurores boréales. On peut voir que pour l’environnement, les montagnes, le ciel il n’y a pas de souci. Mais en voulant éclairer, la partie la plus claire de l’aurore devient totalement blanche. Elle est “cramée”, et ce n’est pas possible à rattraper. C’est pourquoi on dit qu’il vaut mieux sous exposer que sur exposer, mais il faut vraiment faire attention.

Photo aurores boréales surexposée
une aurore boréale superbement surexposée

Mal régler la mise au point

Ca, c’est le pire. Une mauvaise mise au point, c’est simple, c’est une photo floue. Un ciel cracra, des montagnes pas nettes, ça se voit assez facilement. Et ça n’est absolument pas rattrapable donc il FAUT réussir sa mise au point avant que les aurores arrivent. Il est donc ultra important de se préparer, d’avoir son matériel prêt, d’avoir préparé sa mise au point AVANT (j’insiste).

Pour cela, c’est simple. La mise au point est forcément manuelle, à régler sur l’objectif. Il faut trouver l’infini, mais il ne correspond jamais à l’infini qui est indiqué, en général c’est un peu avant. Mais il faut tester, faites la mise au point en ciblant une étoile, prenez une photo, regardez en zoomant si la netteté est bonne. Si c’est le cas, alors faites gaffe à ne plus toucher à l’objectif, ou du moins à ne pas toucher la mise au point. Il faudra la refaire à chaque changement d’objectif.

La photo ci-dessous est un superbe exemple de ce qu’il ne faut pas faire. J’ai mal réglé la mise au point et on peut voir que c’est flou. Ca se voit facilement aux étoiles, d’où l’utilité de vraiment bien régler sa mise au point avant !

aurores boréales mauvaise mise au point
12mm, F2.0, 8 secondes, ISO 200, mise au point totalement foirée (tout ce qu'il ne faut pas faire)

Un temps de pose trop long

On l’a vu plus haut, le temps de pose correspond à la forme de l’aurore. Plus l’aurore est rapide, moins le temps de pose doit être élevé, sous peine de faire de gros patés.
Mais un temps de pose trop long, ça signifie également de bruler la photo, de la rendre trop lumineuse. Alors il faut donc faire attention à ce paramètre et ne pas utiliser tout le temps les 8 secondes dont vous parlent tous les autres guides (qui n’ont donc jamais vu quand ça allait vite).

Un temps de pose trop court

Alors un temps de pose trop court, c’est moins embêtant. Le temps de pose, c’est la forme et l’intensité lumineuse. Donc un temps de pose plus court sera un instantané plus réel, mais parfois c’est moins bien. Si l’aurore est moins dense, ça rendra moins bien. Si elle n’est pas rapide, ça ne sert pas à grand chose de faire du très court. Mais un temps de pose plus court signifie plus d’ISO pour avoir de la lumière, il faut faire super gaffe à ça !

Sur l’image ci-dessous, le temps de pose de 0.4 secondes n’était pas une bonne idée car l’aurore allait devenir forte mais ne l’était pas encore totalement. Donc on n’a pas encore beaucoup de mouvement. Un peu sur un bout, mais pas sur le haut. Donc il aurait fallu, pour avoir plus de matière, monter le temps de pose, probablement à 1.3/1.6 et baisser les ISO. Ici, ISO élevés + sous exposition vont donner un bon gros grain des familles.

aurores boréales iles lofoten
14mm, F1.8, 0.4 secondes, 6400 ISO

Un trépied mal installé ou trop léger

Le trépied est indispensable, mais on ne peut pas prendre n’importe quoi. C’est à dire qu’il ne faut pas qu’il soit trop léger ou trop frêle car vous pourrez avoir du vent. Alors pas besoin d’avoir un trépied de 3kg hein, mais le petit trépied de 800g de rando ne fera pas l’affaire. Enfin, il le fera si vous n’avez pas de vent, pas de gros objectif, et êtes parfaitement stable. Car sur la neige, ça glisse, ça s’enfonce, c’est peu stable.

Et si votre trépied n’est pas stable, alors vos photos seront floues, aussi simple que ça. Donc quand vous vous installez, c’est quelque chose à vérifier, pour éviter que ça ne s’enfonce dans la neige. Ce mouvement sera quasiment impossible à voir à l’oeil nu, mais quand vous verrez les photos, ça sera un tout petit peu flou, suffisamment pour gâcher la photo.

aurores boreales mauvais trepied
voilà ce qu'il se passe quand le trépied n'est pas stable

Eviter les lumières de la ville

Essayer de regarder les aurores boréales en ville n’est pas vraiment une bonne idée car c’est très lumineux. Donc vous ne les verrez pas bien et surtout c’est difficile à prendre en photo. A Tromso par exemple il y a certains points, mais c’est pas top car les lumières sont fortes et se propagent loin, en hiver jusqu’à plusieurs dizaines de km pour les grosses villes. Et plusieurs km pour les villages. Alors il vaut mieux s’éloigner et avoir ces lumières au sud, là où on ne regardera pas les aurores (ou moins).

aurores boréales tromso ville en Norvège | Blog Vincent Voyage
Pas impossible mais pas facile en ville

Etre sous les lampadaires

Les lampadaires ne sont pas qu’en ville, il y en a aussi le long de routes qui semblent parfaites pour les aurores. Si vous êtes dessous ou à proximité, c’est pas foufou. Déjà, vous verrez moins bien les aurores. Ensuite cela va éclairer le premier plan en général d’une couleur jaune vraiment pas folle, cela risque également de perturber votre balance des blancs et accentuer un vert assez moche sur les aurores. Ce dernier point peut se rattraper avec Lightroom, mais le premier plan, c’est déjà plus fastidieux. Enfin, des lampadaires assez proches qui apparaissent sur les photos, c’est moche, comme vous pourrez le voir ci-dessous (et pourtant j’étais content de mon emplacement à la base).

Donc je vous conseille vraiment de vous éloigner de ces lampadaires, de ne pas les avoir en visible autour de vous, ainsi que leur lumière.

aurores boréales lumières
Voilà pourquoi il faut s'éloigner des lampadaires
Aurores boréales en Norvège
28mm, F2.8, 0.8 secondes, ISO 1600

Les fils électriques

Ca c’est une belle cochonnerie. Les fils électriques sont partout, sans trop se préoccuper de la vue. Donc il faut faire attention à votre environnement, s’il y en a devant ou au dessus de vous. Et on a tendance à oublier ! Ci-dessous un joli exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Et encore je m’en tire presque pas mal.

Aurores boréales norvege
14mm, F1.8, 6 secondes, ISO 1000
aurores boréales fils electriques
Voici tout ce qu'il ne faut pas faire. Grosses lumières et fils électriques !

Etre sur une route fréquentée

Très souvent on va s’arrêter un peu à l’arrache au bord de la route pour observer les aurores boréales. Ce qui est bien mais pas top car qui dit route dit voitures. A moins d’être perdu dans la pampa, il va y avoir un peu de passage et là haut ils roulent plein phares et même plus, car souvent les locaux rajoutent de grosses loupiottes qui éclairent comme pas possible. Donc ça va un peu gâcher les photos et encore plus si vous faites un timelapse ou une vidéo.

De plus, se mettre au bord de la route peut être dangereux pour vous. Mettez vous, et garez vous, absolument sur les petits renfoncements au minimum. Il y en a souvent, mais vu la vitesse à laquelle ils roulent il ne faut pas que la voiture soit sur la route et vous non plus.

J’en profite, si vous êtes au bord de la route, quand vous voyez une voiture arriver, allumez votre lampe frontale pour indiquer que vous êtes là.

Sur la vidéo ci-dessous, j’ai fait l’erreur de ne pas être prêt au moment où ça a (de nouveau) pété. J’étais bien trop proche de la route et pile où ça s’est mis à danser très fort, paf! une voiture. Je ne crois pas qu’il y ait de meilleur exemple de ce qu’il ne faut pas faire 😀

Ne pas avoir une vue dégagée

Ca, c’est la grande frustration. Avoir une belle soirée d’aurores et être mal placé, avoir une mauvaise vue, ou même ne pas avoir de vue dégagée du tout et passer à côté du show. Surtout au début, le but est de voir les aurores boréales plutôt que le super cadre qui tue. Ensuite on pourra affiner le lieu et le cadre, mais pensez d’abord à avoir une vue dégagée, d’avoir le nord et est ou ouest. Idéalement les 3. Et si jamais les prévisions prévoient une très grosse soirée, alors le sud peut le faire aussi. Difficile de tout avoir n’est ce pas? 😀

Je vous dirais bien de prévoir plusieurs points de vue si jamais celui où vous êtes ne va pas, quel est celui que vous pouvez avoir pas loin avec une meilleure visibilité. Ca demande un peu de préparation, c’est vrai.

Ne pas avoir préparé son matériel

Alors je vous ai déjà parlé de la mise au point à ne pas louper, mais il y a deux choses qui sont super importantes, et ce sont de grands classiques.

Avoir plusieurs batteries et être sur qu’elles sont chargées. Il faut savoir que les batteries d’appareil photo perdent énormément en capacité avec le froid. Ca part très vite. Les dernières Sony ont fait de sacré progrès, mais il faut toujours en avoir plusieurs pour éviter les mauvaises surprise. Et ces batteries doivent être au chaud dans la doudoune, idéalement.

Avoir fait de la place sur la carte mémoire. Et même plusieurs cartes mémoires, si vous êtes un cliqueur compulsif comme moi 😀 Mais ayez toujours plusieurs centaines de photos disponibles sur votre carte mémoire. Idéalement toujours une seconde carte mémoire vide à proximité.

Le plus important : partir trop tôt !

Ca aussi je bassine tout le monde avec. Les aurores peuvent arriver n’importe quand. J’en ai eu à 16h, j’en ai eu à 4h du matin, dès qui durent un quart d’heure, d’autres 5h ou plus. C’est totalement imprévisible alors il vous faudra être patient. Je conseillerais d’être en place de 19h à minuit. Si vous n’avez rien eu avant minuit, c’est rare que ça apparaisse après. Ca peut arriver, mais c’est rare.

Donc soyez patient, plus vous attendez plus vous aurez des chances d’en voir. La seule chose qui doit vous empêcher d’attendre les aurores, c’est un mauvais temps sur toute la région qui vous empêche de vous déplacer.

Comment trouver les aurores boréales

Alors je vous en parle énormément dans cet article sur les aurores boréales, trouver les bons endroits représente 50% du travail. Mais aussi 50% du plaisir ! Et ça c’est chouette. Je prends toujours un sacré plaisir à sillonner les routes du grand nord, noter les endroits intéressants sur ma carte. Mais en gros vous avez deux choix : les endroits wouhou ou les endroits avec une grande visibilité.

Les endroits wouhou ne sont pas les endroits avec la meilleure visibilité. Prendre un de ces endroits (un fjord par exemple) c’est faire un pari que les aurores seront dans cette direction. Les lacs fonctionnent bien pour avoir les deux, s’il n’y a pas de vent il peut y avoir une réflexion dans l’eau, les arbres autour, c’est toujours sympa.
Les fjords sont enfermés mais sont super photogéniques, mais c’est un vrai pari.
Les endroits plats, avec une vue dégagée sur la mer par exemple, sont parfaits pour voir les aurores mais n’offrent pas un cadre wahou.

Donc vous voyez, ça dépend de ce que vous voulez sur votre photo. Je conseille de se faire la main sur les endroits avec une bonne visibilité au début, pour vous faire la main. Mais surtout ça ne dépend que de vous, de vos envies, des endroits que vous trouvez, qui vous plaisent.

Si vous cherchez des inspirations d’endroits, je vous en ai listés dans plusieurs régions :

Aurores boréales à Alta en Norvège

Quelle est la meilleure période pour photographier les aurores boréales

Oh ben là c’est assez facile. Déjà il faut savoir que dans le grand nord, les aurores boréales sont visibles dès qu’il y a de la nuit complète. Donc de fin aout à début avril. Mais de fin aout à mi-septembre, on va dire qu’avant 23h il ne fait pas encore totalement nuit.

Fin aout jusqu’à mi octobre, c’est une période normalement sans neige. Donc vous aurez la possibilité de faire des randonnées, d’aller sur des points de vue en hauteur, d’avoir des lacs qui ne sont pas gelés. Je dirais qu’on a énormément plus de possibilités sans neige. Et les couleurs de l’automne qui sont superbes.

Novembre, décembre, le temps est en général moins bon, les aurores moins présentes, il neige de temps en temps, ça fond, ça pleut, c’est un moit-moit pas fou. Il y a évidemment la possibilité de voir les aurores boréales, mais ce n’est pas la meilleure période. Attention, je ne dis pas que c’est une mauvaise période 🙂 Mais moins bonne à cause de la météo et une plus faible activité.

De mi janvier à mars, c’est le vrai hiver, les nuits sont courtes mais rallongent rapidement, il y a plein de neige. Photographier les aurores boréales avec la neige, c’est quand même top. Il peut faire froid (mais vous serez équipé), mais l’hiver dans le grand nord est magnifique.

Donc il y aurait deux bonnes saisons, l’automne (septembre et octobre) et l’hiver (janvier à mars), et c’est selon ce que vous souhaitez avoir. J’ai découvert les aurores en automne cette année et c’est top, c’est totalement différent de l’hiver car de nouvelles possibilités, de nouveaux repères, des randos possibles, d’autres points de vue. Mais l’hiver est également fantastique. Donc c’est selon votre goût, sachant que vous n’y irez pas qu’une seule fois, je peux vous le garantir 🙂

Aurores boréales à Alta en Norvège

Quel matériel pour photographier les aurores boréales

Appareil photo

Je dirais qu’on peut prendre des photos d’aurores boréales avec à peu près tout, mais ça va énormément influer sur la qualité et le rendu, bien plus que pour de la photographie de paysage ou animalière. En effet il s’agit d’interpréter de la lumière plus ou moins forte dans de la nuit donc il vous faudra un appareil photo avec une très bonne sensibilité afin d’éviter le bruit et ainsi pouvoir faire rentrer plus de lumière sans risque.

Les meilleurs appareils photo sont les plein format, forcément, mais j’ai aussi pu prendre de très bonnes choses avec un APS-C. Mes 3 premières années sous les aurores, j’étais avec un A6300 de Sony et je faisais de jolies choses. Ca permet toutefois de se faire la main sans que cela soit trop cher. Je suis passé ensuite au Sony A7III, un plein format avec une très bonne sensibilité et abordable. Peut-être le meilleur rapport qualité prix de chez Sony. En passant de l’APS-C au plein format, on franchit réellement un vrai palier, en terme de rendu, de gestion de la lumière, des couleurs.

Mais la référence absolue maintenant est le Sony A7SIII. Parce qu’il est exceptionnel en basse luminosité, il n’y a pas de grain jusqu’à 40.000 ISO et c’est une bête en vidéo. Par contre il est pas donné, plus de 3000€.

Chez les autres constructeurs, que je connais moins, on parle beaucoup du Canon EOS R6, premier hybride haute sensibilité à concurrencer les Sony, il a très bonne réputation.

Vous pouvez trouver plus d’infos sur le matériel que j’utilise dans cet article.

Objectif

L’objectif est aussi important que l’appareil, car il vous faudra un objectif grand angle (12mm –> 20mm) avec une très grande ouverture (1.4 –> 2.8). Il y en a chez les principaux constructeurs (Sony, Nikon, Canon) mais également chez Sigma ou Samyang qui font toutes les marques.

Par exemple j’ai commencé avec le Samyang 12mm F2.0, très bien pour le Sony a6300 et les APS-C de manière générale. Et il existe aussi chez les autres.

Ensuite, j’utilise aussi le 14mm F1.8 de chez Sigma, magnifique (et encombrant!) objectif, ultra grand angle. Qui existe chez tout le monde et est l’une des références.
Sony vient de sortir un tueur, le 14mm 1.8 qui fait…800g de moins que le Sigma.

Ma plus grande ouverture est le 24mm 1.4 GM de chez Sony, le meilleur objectif que j’ai, la meilleure gestion des couleurs et de la lumière. Et clairement, 1.4 c’est exceptionnel. Son petit nom c’est Hubble car il voit des choses qu’on ne voit pas à l’oeil nu.

Enfin le 16-35 GM qui ouvre à 2.8. Je l’utilise moins car comme on peut le voir, l’ouverture est moins grande. Et je le trouve moins efficace que ses deux copains. C’est un super objectif, mais ça démontre que l’ouverture est super importante. Après, ça fait le job dans pas mal de cas, certains bons photographes l’utilisent beaucoup. Mais pour ma part, je vais privilégier les autres, c’est vraiment une question d’affinités.

Donc là vous voyez quel type d’objectif il faut utiliser. Ca ne coute pas forcément la peau des fesses. Chez les moyens formats, APS-C, on en trouve entre 200 et 400€. C’est plus cher en plein format, mais la qualité est wow.

Donc pensez ultra grand angle (14/46mm) pensez lumineux (F1.4/1.8/2.8). Regardez les tests, ceux qui font de l’astrophotographie, les objectifs utilisés.

Trépied

Bon, là c’est un domaine que je ne maitrise pas spécialement. Tout d’abord, j’ai acheté le trépied Manfrotto MT190XPRO4 et la rotule (la boule qui permet de manier l’appareil photo) Manfrotto Rotule XPRO. Pourquoi? tout simplement parce que c’est du super matériel et surtout ça correspond parfaitement à mon besoin pour les aurores :

  • robuste, mais en aluminium
  • plutôt léger, 2.5kg
  • super stable
  • grand, mais peut être en plein de positions différentes et au ras du sol
  • la rotule est très maniable, très facilement et surtout très rapidement

Voilà, c’est pas donné mais c’était moins lourd et parfaitement maniable. Donc je recommande bien. Après, très concrètement, si vous y allez une fois, ne faites pas de la photo régulièrement, est ce que ça vaut le coup de claquer 300€ dans un trépied, je ne suis pas sur. Il y a des alternatives qui feront l’affaire pour 100€, probablement plus lourd, ou un peu moins résistant, mais pour quelques jours ça sera suffisant. Il faut que ça soit stable et maniable, surtout.
Par contre attention, l’alu, avec le froid… c’est encore plus froid 😀 Donc quand on le prend à pleine main, ouille ouille ! Heureusement il y a des endroits où on peu le saisir sans souci.

Autres accessoires

Alors en terme de batteries, je ne peux pas vous conseiller une marque vu que cela dépend de votre appareil photo. Mais il vous en faut plusieurs car ça se vide très très vite avec le froid. Deux, c’est un minimum qu’il faudra recharger tous les jours. Les marques constructeurs sont chères, mais il existe toujours une alternative moins chère et fiable. Zieutez les avis sur Amazon pour connaitre la fiabilité.

En terme de cartes mémoire, il en faut de grande capacité, comme 128Go. Maintenant comme je fais un peu de timelapse et des vidéos, je prends plutôt du 256Go. Mais surtout il vous en faut plusieurs. Il en faut aussi où on peut écrire très rapidement dessus, car maintenant les appareils photos font de gros fichiers et vous pouvez shooter en rafale ou du moins très fréquemment. Donc ça doit écrire vite. Et avant de partir, vérifiez si vous avez de la place dessus. Le grand classique, ce sont les Sandisk class 10. On est très loin des débits annoncés, mais c’est bien et pas cher.

Truc super important : la télécommande. Parce que les petits doigts vont souffrir avec le froid et manipuler l’appareil photo avec des gants est un enfer (bon ok, un enfer où il fait froid, je sais). La télécommande est super pratique pour pouvoir shooter les mains dans les poches, lancer les timelapse, ce genre de choses. J’ai celle ci et ça fait parfaitement l’affaire.

Application de contrôle à distance

Alors je ne sais pas pour les autres marques d’appareil photo, mais chez Sony on a une app qui s’appelle Imagine Edge et qui permet de contrôler à distance. Une fois connecté (en scannant un QR code la première fos), on peut définir les paramètres, lancer les photos, faire un timelapse… bref quasiment tout, avec prévisualisation sur le téléphone.

Donc c’est super pratique pour contrôler de loin, au chaud, ne pas avoir à enlever les gants. Regardez si vous avez un équivalent pour votre appareil photo, vraiment c’est utile.

KP, BZ et autres indicateurs

Alors avant toute chose, sachez que le fameux indicateur KP N’EST PAS l’alpha et l’omega de la recherche d’aurores. Le KP, c’est chouette, ça donne une idée des perturbations géomagnétiques. Mais ce n’est pas parce que le KP est élevé que vous aurez des aurores. Ca aide oui, surtout qu’à KP>=5 ça signifie tempête solaire. Concrètement, j’ai eu de fantastiques soirées à KP 0 ou 1. Et j’ai eu de grosses déceptions à KP4 car il n’y avait absolument rien (alors que le ciel était magnifique). Tout ça car…

L’indicateur qui va surtout vous servir, c’est le BZ. S’il passe en négatif, ça signifie que ça va péter, tout simplement. Toutes les app’ qui vous envoient des notifs s’appuient sur cet indicateur. Mais attention ! S’il reste en positif ça ne veut pas dire que vous n’en verrez pas ! Ca veut dire que ça sera là, mais ça ne pètera pas, donc vous en aurez quand même, selon la densité et la vitesse. Ce sont deux autres indicateurs sur la puissance des aurores.

Donc, pourquoi je vous dis ça? Car les indicateurs c’est cool mais ça ne fait pas tout. Vous aurez des aurores boréales dans presque tous les cas si le ciel est dégagé. Ces indicateurs vont influer sur la tempête, la vitesse, le côté wouhou. Mais à moins d’avoir un KP rikiki, un BZ positif, une densité et une vitesse faible (le combo perdant), vous aurez quelque chose dans le ciel.

Donc sortez, même si vous pensez qu’il n’y aura rien.

Deux applications mobiles pour vous accompagner

Et donc, pour vous accompagner, je conseille deux applications. Une sur l’activité géomagnétique et une sur la météo.

Pour la météo tout d’abord, sans surprise je conseille l’app Yr.no, l’application de météo norvégienne qui donne de bonnes prévisions et surtout est assez simple à lire. L’idée n’est pas de savoir la météo à l’instant T, vous n’avez qu’à lever la tête pour ça, mais savoir comment ça sera autour de vous, à 100km à la ronde, dans les heures qui suivent, pour savoir où aller. Et c’est bien fichu, vous sélectionnez quelques endroits, vous pouvez voir la couverture nuageuse sur la soirée, la pluie, le vent (et son sens, super utile). Vous allez devenir une vraie miss meteo !

Pour l’application d’aurores boréales, je conseille l’application Aurora Alerts. Il y en a plein mais je préfère celle ci car:

  • forcément on voit le KP à très court terme (ok, elles le font toutes)
  • on voit les autres indicateurs, notamment BZ, en temps réel mais surtout l’historique
  • il y a un système d’alertes en cas de chute du BZ, de hausse du KP. C’est super utile, ça se paramètre comme on veut si on ne souhaite pas rester toute la soirée dehors dans le froid.

Les autres n’ont soit pas l’historique du BZ, soit pas les alertes. Donc avec ça je suis content!

Meteo et pleine lune

Je vous parlais de la météo, mais ça ne doit pas être rédhibitoire, sauf en cas de grosse tempête ou de couverture globale sur toute la région, sans vent. Mais sinon, tant que vous êtes mobile, il y a des chances d’en voir. Je vous en parle plus dans cet article.

Mais il y a aussi le facteur lune. Alors je ne vous cache pas que ça peut être un poil enquiquinant. Mais ça peut se faire quand même. L’énorme avantage de la lune est qu’elle fait office de réverbère sur la neige. Donc plus de lumière et ça fait baisser les ISO, c’est pratique. Elle peut être dans l’axe des aurores, et si elle est derrière on peut avoir son ombre dessus, c’est à prendre en compte. Mais ce sont des ambiances différentes.

aurores boréales et pleine lune

Quelques conseils de préparation

Tout au début je vous donnais 5 conseils classiques et rapides qui allaient être détaillés plus bas. Ici, on va parler un peu plus concrètement car sortir pour voir et photographier les aurores boréales, ça se prépare un peu surtout selon les conditions climatiques.

Si vous y allez en hiver, vous allez avoir froid et plein de neige. Et c’est pas forcément facile à gérer, pour vous et votre matériel. Donc:

  • il vous faut de super chaussures, ainsi que des chaussettes 80% laine, car vous allez être immobile dans la neige.
  • le matériel électronique se décharge beaucoup beaucoup plus vite, donc pensez à prendre une recharge de batterie pour votre téléphone ou le cable pour brancher sur la voiture, ainsi que les batteries supplémentaires pour l’appareil photo
  • les aurores vont venir. On ne sait juste pas quand. Donc il faut attendre. Je conseille de quoi grignoter et surtout un thermos de thé. Vraiment, boire son petit thé (ou café) dans la neige c’est un bon petit plaisir 🙂
  • la lampe frontale est indispensable
  • il vaut mieux avoir trop de vêtements que pas assez. Prenez des couches en plus, plutôt que de regretter de ne pas avoir de quoi vous couvrir (l’expérience qui parle!)
  • et le dernier que je répète toutes les 5 minutes : patience et mobilité. Ca va venir à un moment. Et si c’est couvert sans possibilité d’ouverture, alors bougez un peu, regardez la météo et le sens du vent.

Si vous avez des questions ou besoin d’informations supplémentaires, n’hésitez pas à m’envoyer un petit message via ce formulaire.

Conclusion

Ca fait énormément d’infos à digérer, je sais. Et vous allez faire pas mal d’erreurs, vous allez en rater surtout au début. Mais cramponnez vous, essayez, retentez, car la satisfaction de sortir de belles photos vaut les premiers errements. Et franchement on progresse super vite une fois qu’on sait ce qu’implique chaque paramètre de l’appareil photo.

Si vous n’êtes pas très confiant pour la première soirée, vous pouvez passer par une agence ou un photographe. C’est ce que j’ai fait pour mes deux premiers séjours, deux soirées avec un photographe pro. La première fois était très utile, la seconde un peu moins. Donc ça peut être un bon moyen de se lancer. Pour trouver votre prestataire, je vous conseille cet article, avec les conseils et pièges à éviter.

Mais surtout, ne gardez pas le nez dans l’appareil photo, profitez du ciel, profitez du spectacle. Ca reste le plus important.

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