Aurores boréales à Tromso sur l'ile de kvaloya Grotfjord

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Il y a deux façons complètement opposées de passer l’hiver, et c’est ce qui rend la question compliquée. Soit vous voulez lui échapper et retrouver du soleil sur la peau. Soit vous voulez le vivre à fond, avec de la vraie neige, du grand froid et des aurores boréales au-dessus de la tête.

J’ai passé beaucoup d’hivers dans le nord et quelques-uns au soleil, et je vais vous dire une chose que personne ne met dans ce genre d’article : décembre et février ne sont pas la même saison. Pas du tout. Décembre dans le Grand Nord, c’est la magie de Noël mais c’est aussi parfois le temps pourri et la nuit permanente. Février, c’est la vraie neige, la lumière qui revient et on profite des paysages. À l’autre bout du monde, c’est exactement l’inverse : décembre est meilleur que janvier-février.

Du coup j’ai classé ces dix destinations en trois envies : fuir l’hiver, changer d’hémisphère, ou le vivre à fond. Et pour chacune, je vous dis quel mois viser.

Allez, c’est parti!

Les 10 destinations d'hiver en un coup d'œil
DestinationEn journéeHeures de jourDepuis ParisBudget / jour / pers.Le bon mois
Les Canaries Lanzarote, Gran Canaria21°C10 h4 h de vol80 – 115 €Tout l'hiver
Punta Cana République dominicaine29°C11 h9 h 30 de vol120 – 170 €Déc. à avril
Nouvelle-Zélande Été austral20 – 25°C15 h24 h de vol150 – 200 €Décembre
L'Argentine Été austral25 – 30°C14 h14 h de vol90 – 130 €Décembre
Laponie finlandaise Rovaniemi-8°C4 – 6 h4 h de vol150 – 220 €Déc. ou février
Tromso Norvège arctique-3°C3 – 6 h3 h 45 de vol160 – 220 €Fin janv. à mi-mars
Senja Norvège arctique-4°C3 – 6 h3 h 45 + route140 – 190 €Mi-janv. à fin mars
L'Islande Reykjavik, côte sud2°C5 – 7 h3 h 10 de vol150 – 210 €Tout l'hiver
Londres Angleterre8°C8 h2 h 30 de train130 – 180 €Décembre
Hong Kong Asie20°C11 h12 h de vol100 – 140 €Déc. à février

Températures et heures de jour : moyennes de la période décembre-février. Les budgets sont des ordres de grandeur pour deux personnes en milieu de gamme, hébergement + repas + activités, hors transport jusqu'à la destination. Dans le Nord, comptez plus cher entre le 20 décembre et le 2 janvier et sur les vacances de février.

Fuir l’hiver : le soleil à quelques heures d’avion

Commençons par le plus évident. Quand il fait gris depuis six semaines, la seule chose qu’on veut, c’est du soleil sur la figure sans y passer vingt heures d’avion.

Les Canaries, le printemps éternel

Autant vous le dire tout de suite : c’est la réponse la plus simple à la question « où partir en hiver ». Quatre heures de vol, pas de décalage horaire, et un climat qui ne bouge quasiment jamais.

On appelle ça le printemps éternel, et pour une fois l’expression est méritée. Il ne fait jamais trop chaud, jamais froid, et il pleut très peu. C’est d’ailleurs pour ça que la haute saison touristique des Canaries va d’octobre à avril, c’est-à-dire pile au moment où le temps devient pourri en Europe continentale. Les îles sont un refuge.

Mon coup de cœur, c’est Lanzarote. Les paysages volcaniques, les champs de lave à perte de vue, l’architecture blanche et basse voulue par César Manrique qui a sauvé l’île du béton. C’est un dépaysement complet à moins de quatre heures de Paris, et je ne connais rien d’équivalent en Europe.

Gran Canaria est l’autre option, plus variée : une côte sud balnéaire, et dès qu’on s’éloigne de dix kilomètres, des canyons, des routes de montagne et des villages blancs à mille mètres d’altitude. Le mirador de la Degollada de las Yeguas m’a fait lâcher un « woh pitin » que je n’ai pas facile.

Volcans Timanfaya Lanzarote iles canaries
ile la graciosa montagne colorée

Pourquoi y aller en hiver

J’y suis allé plusieurs fois, dont janvier, et je vais être honnête avec vous sur ce que ça donne :

  • c’était très agréable, il fait bon, on marche et on randonne toute la journée sans souffrir
  • les paysages volcaniques ne dépendent pas de la saison, Timanfaya est aussi beau en janvier qu’en juillet
  • quatre heures de vol, zéro décalage horaire, une semaine par ile suffit largement
  • et vous pouvez enchaîner sur une autre île, la Graciosa se fait en bateau pour trois fois rien

Le défaut, et il compte : en janvier c’est un peu plus nuageux et les températures sont moins élevées qu’en été. Donc pour la bronzette sur la plage, ce n’est peut-être pas l’idéal. Les nuits sont fraîches, prévoyez une petite laine. Si vous venez chercher un bronzage, allez plutôt aux Caraïbes. Si vous venez chercher des paysages et de la marche au soleil, c’est parfait.

Autre chose : il y a des touristes toute l’année aux Canaries. Ce n’est jamais bondé comme en août, mais ne vous attendez pas à être seul sur la côte. Le remède est simple, filez à l’intérieur des terres.

Quelques ressources sur les Canaries

De quoi préparer votre semaine au soleil :

Punta Cana, quand c’est vraiment la meilleure saison

Vous me connaissez, il me faut normalement de la neige et des aurores. Punta Cana n’était pas franchement ma zone de confort. Et pourtant j’ai vraiment trouvé ça très chouette. Eeeet j’avoue qu’avoir une petite dose de soleil en plein hiver, ça ne fait pas de mal!

Ce sont certaines des plus belles plages des Caraïbes : sable blanc, eau transparente, cocotiers. La carte postale, quoi. Avec la possibilité de faire des excursions dont l’île de Saona, mon coup de cœur, véritablement paradisiaque. On y va en catamaran et on rentre en bateau rapide, repas compris.

Mais surtout, Punta Cana permet de juste profiter de la plage, siroter son cocktail et glandouiller tranquilou. J’étais venu un peu pour ça, et je valide complètement cette activité.

Punta Cana ile Saona
Catamaran punta Cana

Pourquoi y aller en hiver

Parce que c’est la saison, tout simplement. Le top absolu, c’est de décembre à avril, et c’est le seul moment de l’année où je vous le dis sans réserve :

  • vous êtes complètement sorti de la saison des pluies et des cyclones, qui s’achève fin novembre
  • il fait chaud sans être écrasant, autour de 29°C en journée, avec une humidité supportable
  • et l’eau est à 26-27°C, ce qui rend la baignade franchement agréable même en janvier

Le défaut, c’est le prix. Décembre à avril, c’est la haute saison, donc c’est le moment où c’est le plus cher et le plus fréquenté. Si vous voulez l’entre-deux, c’est septembre à novembre : moins de monde, moins cher, climat toujours correct. Mais vous prenez un risque météo.

Trois pièges à connaître, parce que je me suis fait avoir sur le premier. Ne réservez jamais auprès des rabatteurs sur la plage, on vous vend des prestations qui n’existent pas forcément. Vérifiez votre all inclusive au cas par cas, ça va du simple au quintuple. Et payez en pesos et en liquide : en euros les prix sont gonflés, et la carte bancaire est très souvent majorée de 18 %.

Quelques ressources sur Punta Cana

Tout est dans le guide :

  • Vacances à Punta Cana : les trois zones, les excursions qui valent le coup, comment choisir son all inclusive et tous les pièges

Changer d’hémisphère en hiver : là-bas, c’est l’été !

C’est l’option que les gens oublient systématiquement, et pourtant c’est la plus radicale. Pendant que vous grelottez, la moitié sud de la planète est en plein été. Vous partez deux semaines, vous revenez bronzé au mois de janvier, et personne ne comprend.

La Nouvelle-Zélande en plein été austral

S’il y a une destination pour laquelle je casse ma tirelire, c’est celle-là. Les paysages de Nouvelle-Zélande sont d’une variété qui n’a aucun sens pour un pays de cette taille : des fjords, des volcans, des glaciers, des lacs turquoise et des plages, le tout en quelques heures de route.

Décembre à février, c’est le plein été là-bas. Vous avez quinze heures de jour, vous randonnez en t-shirt, et vous pouvez faire le Tongariro Alpine Crossing, qui reste l’une des plus belles journées de marche que j’ai faites.

Le Milford Sound mérite à lui seul le voyage. Et le lac Tekapo avec son eau laiteuse improbable, sous un ciel classé réserve internationale de ciel étoilé.

Le vrai plaisir néo-zélandais, c’est quand même la route. Vous roulez, vous vous arrêtez, vous repartez. Les distances sont raisonnables et le paysage change tous les cinquante kilomètres.

lac tekapo photographie drone Nouvelle Zélande | Blog Vincent Voyage
Randonnée Tongariro Nouvelle Zélande lacs emerald lakes | Blog Vincent Voyage

Pourquoi y aller en hiver

Le calcul est imparable, avec une nuance qui vaut le détour :

  • vous passez de 5°C à 25°C en changeant d’hémisphère. C’est bête, mais c’est le seul endroit de cette liste où vous vivez un vrai été. Et vous n’avez qu’à changer d’ile si vous voulez le climat frais.
  • quinze heures de lumière par jour, ce qui change tout pour un road trip. Vous roulez jusqu’à 21 h et vous voyez encore le paysage
  • c’est la seule période où toutes les randos d’altitude sont ouvertes

Et voilà la nuance, que je vous conseille de prendre au sérieux : visez décembre plutôt que janvier-février. La haute saison touristique va d’octobre à mars, mais janvier et février correspondent aussi aux vacances d’été des Néo-Zélandais. Vous cumulez donc les touristes étrangers ET les locaux sur les routes, dans les campings et dans les logements. Décembre, surtout la première quinzaine, vous donne le même climat sans cette double pression.

Les deux vrais défauts. Le vol d’abord : au minimum 22 heures, plus le décalage horaire. En arrivant, vous serez la tête à l’envers pendant deux jours, prévoyez-le dans le programme. Et le budget : les hôtels sont chers, en haute saison trouver une chambre double à moins de 80 € relève de l’exploit, et souvent sans salle de bain à ce prix-là. Réservez très en avance ou passez au van.

Quelques ressources sur la Nouvelle-Zélande

J’ai beaucoup écrit sur ce pays :

Route Milford Sound Nouvelle Zélande
dauphins kaikoura nouvelle zélande

L’Argentine, de Buenos Aires à la Patagonie

Voilà mon autre grand conseil d’hémisphère sud, et celui-là je l’ai fait plusieurs fois, toujours en décembre. C’était nickel à chaque fois.

L’Argentine, c’est un pays tellement grand qu’un changement de région est un changement de monde. Vous avez Buenos Aires la cosmopolite, le Nord autour de Salta avec ses montagnes colorées et ses villages andins, la Patagonie et son état d’esprit qui ressemble plus aux pays nordiques qu’à l’Espagne, et les chutes d’Iguazu à la frontière brésilienne.

Le glacier Perito Moreno est l’un de ces endroits qui vous scotchent : un front de glace de soixante mètres de haut qui craque et s’effondre dans le lac pendant que vous regardez. La Quebrada de Humahuaca et la montagne aux sept couleurs de Purmamarca, dans le Nord, sont d’un genre complètement différent et tout aussi marquantes.

Comptez deux à trois semaines pour faire honnêtement deux régions. Le pays est immense et les vols intérieurs sont longs.

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Pourquoi y aller en hiver

Attention, la fenêtre est plus étroite qu’il n’y paraît, et c’est là que je peux vous éviter une erreur.

Décembre est le mois vraiment top. C’est celui que j’ai fait, à chaque fois, et voici pourquoi il fonctionne mieux que janvier-février :

  • dans le Nord, autour de Salta, il vaut mieux éviter janvier, février et mars : il pleut à torrent, l’air est humide, c’est vraiment pas foufou. La bonne saison là-haut court de septembre à décembre
  • en Patagonie, l’été austral fonctionne de septembre à avril, mais janvier et février sont très touristiques. Décembre, vous avez la saison sans la foule
  • et en hiver austral, de juin à août, une grande partie ferme tout simplement. El Calafate ressemble à une ville fantôme

Autrement dit, décembre fait la jonction parfaite : la fin de la bonne saison au Nord, le début de la saison en Patagonie, et le tout avant le pic touristique. Si vous partez sur les vacances de Noël, c’est une des meilleures destinations de cette liste.

Le défaut, c’est le vol, quatorze heures en direct vers Buenos Aires, et les distances internes qui vous obligeront à prendre l’avion sur place. Ne sous-estimez pas ça dans le budget.

Quelques ressources sur l’Argentine

Tout ce qu’il faut pour construire les deux semaines :

Chutes Iguazu Brésil
salinas grandes quebrada humahuaca blog vincent voyage

Vivre l’hiver à fond : la neige et les aurores

On arrive sur mon terrain. J’ai passé beaucoup de temps dans le Grand Nord, et je vais vous dire franchement ce que personne n’écrit : toutes les semaines d’hiver ne se valent pas là-haut, et l’écart est énorme.

La Laponie finlandaise, pour la magie de Noël

S’il y a une destination faite pour les vacances de Noël, c’est celle-là. Rovaniemi est la capitale de la Laponie finlandaise, et c’est surtout la ville où tout est facile parce que tout tourne autour des activités : aurores boréales, chiens de traîneau, motoneige, rennes.

Et il y a le village du Père Noël, évidemment. Si vous voyagez avec des enfants, c’est le genre de souvenir qu’ils garderont toute leur vie.

Mais mon vrai coup de cœur là-bas, ce sont les igloos de verre. Vous dormez au chaud sous une coupole transparente, et si les aurores se déclenchent à trois heures du matin, vous les regardez depuis votre lit. C’est aussi kitsch que magique, et je l’assume complètement.

Et pour ceux qui veulent sortir des sentiers battus : les cascades gelées de Korouoma, de décembre à avril, quand les chutes d’eau se transforment en sculptures de glace. C’est nettement moins connu et franchement spectaculaire.

Dans le même genre, il y a le truc dont personne ne parle et qui est peut-être ce qu’il y a de plus beau là-haut : le tykky. C’est le mot finlandais pour ces forêts d’arbres complètement engloutis sous la neige et le givre, qui finissent par ne plus ressembler à des arbres du tout mais à des géants blancs figés en pleine marche. Le meilleur endroit pour ça, c’est le parc national de Riisitunturi, du côté de Posio, mais on en trouve aussi sur les hauteurs d’Ylläs, de Pyhä ou de Luosto. Vous montez sur le fell, et vous vous retrouvez au milieu de centaines de silhouettes de trois mètres de haut. Ça ne se photographie même pas correctement, il faut le voir.

Ounasvaara Rovaniemi Neige
Aurores boreales laponie finlandaise

Pourquoi y aller en hiver

Alors là je vais être plus nuancé que la plupart, parce qu’il y a un vrai piège de calendrier.

Pour la magie de Noël : décembre, évidemment. Le Père Noël, les marchés, l’ambiance. C’est irremplaçable et c’est pour ça qu’on vient.

Et décembre a un deuxième argument, celui-là beaucoup moins connu : c’est le meilleur moment pour les forêts de tykky. Ça paraît complètement contre-intuitif, mais c’est justement parce qu’il fait très froid et qu’il n’y a pas de soleil que la neige et le givre tiennent sur les branches. Fin décembre et janvier, c’est le créneau : après, ça commence à fondre à cause du soleil, même quand les températures restent négatives. Autrement dit, le gros défaut de décembre, le manque de lumière, est aussi exactement ce qui fait sa force sur ce point précis.

Pour le reste des conditions, en revanche, je vous conseille janvier à avril. Et voici pourquoi je préfère vous prévenir : la neige à Rovaniemi arrive de plus en plus tard, elle n’est vraiment fiable qu’à partir de mi-décembre. Octobre, c’est loin d’être sûr. Novembre, ça commence malheureusement à changer aussi. Avant janvier, ça peut être vraiment tristoune à cause du manque de lumière et pas forcément de la neige.

Concrètement :

  • la nuit polaire court de fin novembre à mi-janvier. Ça ne veut pas dire noir complet, mais très peu de lumière
  • les aurores boréales sont visibles de fin août à mi-avril, donc vous êtes couvert toute la saison
  • le tykky tient de décembre à février, avec un pic fin décembre-janvier. Il faut prendre de l’altitude pour le voir : Riisitunturi, Ylläs, Pyhä ou Luosto
  • les prix explosent sur deux créneaux : fin décembre et les vacances de février. Réservez très en avance, surtout pour les igloos

Ma recommandation honnête : si vous venez pour les enfants, le Père Noël et les forêts pétrifiées par le froid, prenez décembre et acceptez la lumière rare. Si vous venez pour la neige installée, les paysages et les aurores avec de la lumière autour, décalez à février, vous aurez un voyage complètement différent.

Quelques ressources sur la Laponie finlandaise

C’est une région sur laquelle j’ai beaucoup écrit :

Tromso, la capitale arctique

Tromso, c’est la ville la plus simple du monde pour voir des aurores boréales sans être un aventurier. Vous atterrissez en trois heures quarante-cinq depuis Paris, vous êtes au-delà du cercle polaire, et le soir même vous pouvez être dehors à guetter le ciel.

Autour de la ville, il y a les îles de Kvaloya et Sommaroy, et les Alpes de Lyngen qui sont parmi les plus beaux paysages du pays. C’est ce mélange qui fait la force de Tromso : vous avez une vraie ville avec des restos et des bars, et des paysages arctiques à quarante minutes de voiture.

Et il y a une chose que peu de gens savent : de début novembre à fin janvier, les orques et les baleines viennent dans les fjords autour. C’est une activité qui n’est possible que sur ce créneau et qui peut être fantastique.

Lyngen Alpes à Tromso en Norvège
Aurores boréales à Tromso sur l'ile de kvaloya Grotfjord

Pourquoi y aller en hiver

Et là encore, tous les mois d’hiver ne se valent pas. Je vais être direct.

Ma période, c’est de fin janvier à mi-mars. C’est là que vous avez une météo correcte et surtout de la luminosité. Janvier est déjà bien meilleur que décembre, qui cumule en général temps pourri et manque de lumière.

Le calendrier complet :

  • les aurores boréales : de septembre à fin mars
  • la neige : à partir de mi-novembre en général
  • les baleines et orques : de début novembre à fin janvier, et seulement là
  • la lumière : elle revient vraiment à partir de fin janvier, et c’est ce qui change tout pour les paysages

Donc si vous devez choisir : décembre-janvier pour les baleines, février-mars pour les paysages et la lumière. Le créneau qui coche les deux, c’est la deuxième quinzaine de janvier.

Comptez au minimum 3 jours, et plutôt 5 en hiver pour avoir le temps de profiter des activités et surtout de retenter les aurores si la première nuit est bouchée. C’est le conseil le plus important de cette section : ne venez jamais chasser les aurores sur une seule nuit.

Quelques ressources sur Tromso

C’est ma région de prédilection, il y a de quoi lire :

Nuit Polaire Tromso janvier
Lac Nakkevatnet Tromso coucher de soleil

Senja, la même chose mais sans personne

Si vous avez déjà fait Tromso, ou si l’idée de croiser du monde vous agace, voici ma vraie recommandation.

Senja est une île juste au sud de Tromso, et c’est un concentré de Norvège : des montagnes qui tombent à pic dans la mer, des fjords, des plages de sable blanc arctique et des villages de pêcheurs. Les vues de Bergsbotn, de Tungeneset et sur la montagne de Segla sont parmi les plus belles du pays.

Et surtout : ce n’est pas facile d’accès, donc c’est encore peu touristique. Ça évolue d’année en année, mais on est très loin de l’affluence des Lofoten. Vous pouvez y passer une journée depuis Tromso en ferry, mais franchement, restez-y quelques nuits.

gryllefjord norvege senja aurores boreales | blog vincent voyage
Bergsbotn vue fjord Senja Norveve | Blog Vincent Voyage

Pourquoi y aller en hiver

Le calendrier de Senja ressemble à celui de Tromso, avec le même écart entre le début et le cœur de l’hiver :

  • décembre et début janvier : les jours sont vraiment courts et la météo n’est pas évidente. C’est chouette quand même, mais ne venez pas avec des attentes de carte postale enneigée
  • de mi-janvier à fin mars : c’est le gros hiver, avec de belles couleurs et plein de neige. C’est là qu’il faut venir
  • les aurores tiennent jusqu’à début avril, en gros

L’avantage de Senja sur les Lofoten, et je le dis en connaissance de cause : il y a moins d’humidité et plus de neige. La météo y est statistiquement meilleure. Et pour les aurores, vous trouvez très facilement des endroits sans un seul lampadaire, ce qui est loin d’être le cas partout.

Le défaut, c’est la logistique. Il faut une voiture, les routes sont étroites et enneigées, et certains ferries fonctionnent au ralenti l’hiver. Ce n’est pas une destination pour un premier voyage arctique. Si c’est votre première fois dans le Grand Nord, faites Tromso. Si vous revenez, faites Senja.

Quelques ressources sur Senja

Une île sur laquelle j’écris beaucoup, et à peu près seul :

Gryllefjord Senja que voir en Norvège paysages
tungeneset senja norvege coucher de soleil

L’Islande, pour les grottes de glace

L’Islande en hiver, ce n’est pas la même destination qu’en été. Et elle a un argument que personne d’autre ne peut sortir : les grottes de glace n’existent que d’octobre à avril.

Ce sont des cavités qui se forment dans les glaciers et qu’on ne peut visiter qu’en hiver, quand la glace est stable. L’été, elles fondent et deviennent dangereuses. C’est le genre d’expérience qui justifie à elle seule de venir à cette saison.

Le reste, c’est la côte sud sous la neige : les cascades gelées, les plages de sable noir, la lagune de Jökulsárlón avec ses icebergs, et le Cercle d’Or à une heure de Reykjavik. Le tout avec la lumière rasante de l’hiver arctique, où le lever et le coucher de soleil durent une heure et demie chacun.

Skaftafelljokull glacier islande
Vik i Myrdal islande

Pourquoi y aller en hiver

C’est la seule saison où vous cumulez tout ça :

  • les grottes de glace, d’octobre à avril uniquement
  • les aurores boréales, de début septembre à mi-avril, avec une pollution lumineuse quasi nulle et des décors de cascades et de glaciers pour les habiller
  • les paysages sous la neige, qui n’ont rien à voir avec la version estivale
  • et des prix nettement plus bas : une voiture qui coûte 500 € la semaine en juillet retombe autour de 150 à 275 € en basse saison

Maintenant, les contraintes, et elles sont sérieuses.

Les hautes terres et le centre du pays sont fermés, point. Vous restez sur la route circulaire et sur la côte sud, ce qui est déjà énorme, mais ne rêvez pas au Landmannalaugar.

Le 4×4 est quasiment indispensable à cause de la neige et surtout du vent. Une voiture un peu plus grosse tient mieux la route quand ça souffle.

Et la règle non négociable : en Islande, quand on vous dit de ne pas rouler, vous ne roulez pas. Si vous recevez une alerte tempête, vous ne sortez pas. Vraiment. Laissez votre numéro à l’agence de location, ils envoient les alertes par SMS, et consultez umferdin.is tous les matins.

Dernier réflexe qui vous évitera une grosse facture : ne lâchez jamais une portière face au vent. C’est l’un des refus d’assurance les plus fréquents du pays.

Quelques ressources sur l’Islande

L’Islande, c’est la destination sur laquelle j’ai le plus écrit :

myvatn islande
cratere hverfjall myvatn islande

Les villes, bien plus agréables en hiver qu’on ne le croit

Dernière famille, et la plus sous-estimée. Une ville en hiver, c’est moins de monde, des hôtels moins chers, et une lumière que les photographes adorent.

Londres pour les illuminations

C’est ma quatrième ou cinquième visite, et mes derniers séjours se sont tous déroulés en hiver. Ce qui m’a valu quelques déconvenues, je vous le dis tout de suite : je n’ai jamais réussi à voir la relève de la garde, annulée à chaque fois pour cause de vent, pluie ou tempête. Et sur huit jours cumulés, jamais pu monter dans le London Eye. Vous voyez le genre.

Mais Londres en décembre, c’est autre chose. Les illuminations d’Oxford Street et de Regent Street, les marchés de Noël, les pubs bondés et chaleureux. La ville s’y prête vraiment.

Et ce que les gens oublient : les grands musées sont gratuits. British Museum, Natural History, Tate Modern, National Gallery, V&A. Il faut réserver un créneau, mais ça ne coûte rien. En hiver, quand la nuit tombe tôt, c’est exactement ce qu’il vous faut pour meubler les après-midis.

Parlement Westminster éclairé Londres
Rues Camden Town Londres

Pourquoi y aller en hiver

Les avantages sont concrets :

  • les hôtels sont nettement moins chers qu’en été, et les créneaux de musées se réservent plus facilement
  • c’est le seul city break de cette liste faisable en 2 h 30 de train, avec des Eurostar parfois sous 100 € l’aller-retour
  • les illuminations valent vraiment le déplacement, et la ville joue le jeu à fond

Le vrai piège, c’est la lumière. À 16 h il fait nuit. Vos journées de visite sont amputées et vos photos en souffrent. En revanche, ça vous permet de voir la ville s’illuminer depuis le Shard sans avoir à attendre 22 h comme en juin.

Et les horaires suivent : les musées ferment à 17 h ou 18 h, la Tour de Londres à 16 h 30. Organisez vos journées en conséquence, sinon vous allez perdre du temps.

Deux formalités à ne pas oublier : l’ETA, l’autorisation de voyage obligatoire à 19 €, et le passeport, la carte d’identité étant refusée depuis un moment maintenant.

Quelques ressources sur Londres

De quoi caler le séjour :

Visiter l'abbaye Westminster plus beaux endroits londres
visiter La City Londres

Hong Kong, la meilleure saison de l’année

Voilà la destination que personne ne met dans un article d’hiver, et c’est une erreur.

Hong Kong, c’est un joyeux chaos vertical. 1 300 gratte-ciels, soit 15 % du parc mondial, plus du double de New York. Le quartier le plus densément peuplé de la planète. Et à vingt minutes de là, des collines couvertes de sentiers, des plages et des îles, parce que seulement 20 % du territoire est constructible.

Ajoutez à ça une double culture anglo-chinoise qui se mange autant qu’elle se visite. Les dim sum le matin, les cha chaan teng avec leur thé au lait filtré au bas de soie, les marchés de nuit. Franchement, j’y retournerais rien que pour ça.

Et il y a Macao à une heure de ferry : l’ancienne colonie portugaise face à l’ancienne colonie britannique, avec ses façades pastel et son centre classé à l’UNESCO. La meilleure excursion à la journée.

victoria peak hong kong vue immeubles | Blog Vincent Voyage
Visiter ile lantau tian tian bouddha randonnée Hong Kong | Blog Vincent Voyage

Pourquoi y aller en hiver

Parce que c’est objectivement la meilleure période, et que la plupart des gens se trompent de saison :

  • de décembre à février, vous avez 20 à 21°C en journée, un temps sec, une bonne luminosité et une humidité basse. Pour une ville où on marche et où on grimpe, ça change tout
  • l’été est suffocant : 30 à 32°C avec une humidité record et jusqu’à 20 jours de pluie par mois en juin et en août
  • et les vols long-courriers sont souvent moins chers qu’en juillet

Le piège que personne ne mentionne : l’automne n’est pas la bonne réponse. Beaucoup de gens vous diront « allez-y en octobre-novembre » par réflexe. Sauf que ces deux mois gardent encore la chaleur de l’été, 28 à 31°C, avec un risque de typhon jusqu’en novembre. C’est bien l’hiver qu’il faut viser.

Le seul bémol : il peut y avoir des coups de froid autour de 10°C. Prévoyez une vraie veste, notamment pour le Victoria Peak le soir où le vent ne rigole pas.

Et si vous allez à Macao, prenez votre passeport : c’est une région administrative séparée avec sa propre immigration, vous passez deux contrôles à l’aller.

Quelques ressources sur Hong Kong

Tout est réuni dans un seul guide :

  • Visiter Hong Kong : mon guide complet : que faire, où dormir, comment se déplacer, où manger et l’excursion à Macao

Noël ou février : ce ne sont pas les mêmes vacances

C’est le conseil que je voulais vous donner depuis le début, et il vaut pour la moitié de cette liste.

Pour les vacances de Noël, visez l’hémisphère sud et la magie. La Nouvelle-Zélande et l’Argentine sont meilleures en décembre qu’en janvier-février, pour la même raison dans les deux cas : vous évitez les vacances d’été des locaux et, en Argentine, la saison des pluies du Nord. Et la Laponie en décembre, c’est le Père Noël et les marchés, ce qui est irremplaçable si vous voyagez avec des enfants, mais c’est aussi le meilleur moment pour les forêts de tykky : elles ne tiennent que tant que le soleil n’est pas revenu les faire fondre. Acceptez juste que la lumière soit rare et que les prix soient au maximum de l’année.

Pour les vacances de février, c’est tout l’inverse : c’est là que le Grand Nord devient magnifique. La neige est installée pour de bon, les journées rallongent nettement, et la lumière revient. Tromso de fin janvier à mi-mars, Senja de mi-janvier à fin mars, la Laponie de janvier à avril. Les aurores sont là toute la saison, mais avec la lumière en plus, vous avez aussi les paysages.

Et si vous partez juste au soleil, aux Canaries, à Punta Cana ou à Hong Kong, la question ne se pose pas : les deux créneaux se valent. C’est la seule chose qui change vraiment, mais elle change beaucoup.

Vos questions sur un voyage en hiver

Où partir en hiver au soleil sans faire un long vol ?

Les Canaries, sans hésiter. Quatre heures de vol, aucun décalage horaire, autour de 21°C en journée et très peu de pluie. C’est le meilleur rapport dépaysement/effort de la saison. Attention quand même : en janvier c’est un peu plus nuageux qu’en été et les nuits sont fraîches, donc si vous venez chercher un bronzage, visez plutôt les Caraïbes.

Quelle est la meilleure période pour voir les aurores boréales ?

La saison court de septembre à fin mars, mais toutes les semaines ne se valent pas. Décembre cumule souvent temps pourri et manque de luminosité. Ma période préférée, c’est de fin janvier à mi-mars : vous avez la neige installée, la lumière qui revient pour les paysages, et les aurores. Et surtout, prévoyez au moins trois nuits sur place : sur une seule nuit, une météo bouchée et c’est raté.

Quand voir les forêts d’arbres pétrifiés par la neige en Laponie ?

Ce phénomène s’appelle le tykky, et la fenêtre est plus courte qu’on ne l’imagine : fin décembre et janvier, essentiellement. Il faut qu’il fasse très froid et qu’il n’y ait pas de soleil pour que la neige et le givre s’accumulent sur les branches sans jamais fondre. Dès que la lumière revient, ça commence à tomber, même par températures négatives. Le meilleur spot est le parc national de Riisitunturi, près de Posio, et il faut monter en altitude : dans les vallées, vous ne verrez rien de comparable.

Peut-on partir dans l’hémisphère sud pendant les vacances de Noël ?

C’est même le meilleur moment. En Nouvelle-Zélande et en Argentine, décembre offre le même climat que janvier-février mais sans les vacances d’été des locaux, qui saturent les routes et les logements. En Argentine, décembre a un avantage supplémentaire : le Nord autour de Salta bascule en saison des pluies à partir de janvier.

Faut-il un 4×4 en Islande en hiver ?

Quasiment, oui. Pas tant pour la neige que pour le vent, où une voiture plus lourde tient nettement mieux la route. Et la règle absolue : quand on vous dit de ne pas rouler, vous ne roulez pas. Consultez umferdin.is tous les matins et laissez votre numéro à l’agence de location pour recevoir les alertes tempête.

Combien de jours faut-il pour voir les aurores boréales ?

Cinq jours, c’est le bon format en hiver. Trois est un minimum absolu. La logique est simple : les aurores dépendent de la météo autant que de l’activité solaire, donc plus vous avez de nuits, plus vous multipliez vos chances. Ne construisez jamais un voyage aurores sur un week-end de deux nuits.

Où partir en hiver avec des enfants ?

La Laponie finlandaise en décembre pour le village du Père Noël et les chiens de traîneau, c’est le souvenir d’enfance par excellence. Lanzarote si vous préférez le soleil et le calme, l’île est vraiment adaptée aux familles. Et Punta Cana en formule tout compris si vous voulez zéro logistique.

Quelle destination d’hiver coûte le moins cher ?

Les Canaries, largement. Vol court, hébergement raisonnable, voiture peu chère et restauration abordable. À l’opposé, le Grand Nord scandinave et la Nouvelle-Zélande sont les deux postes les plus lourds de cette liste, entre le coût de la vie sur place et le prix des vols.

En conclusion

Voilà, vous avez de quoi choisir. Et si je devais résumer en trois lignes : les Canaries si vous voulez le soleil simplement, l’Argentine ou la Nouvelle-Zélande si vous avez deux semaines et l’envie de changer d’hémisphère, et Tromso ou la Laponie si vous voulez vivre l’hiver pour de vrai.

Le seul vrai conseil que je répéterais, c’est celui du calendrier. Décembre et février ne donnent pas le même voyage, et beaucoup de gens sont déçus du Grand Nord simplement parce qu’ils y sont allés à la mauvaise semaine.

Et il y a évidemment plein d’autres destinations d’hiver que je n’ai pas mises ici, faute d’y être allé. Si vous avez des questions ou si vous hésitez entre deux, n’hésitez pas à me contacter !

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