La randonnée du Tongariro Alpine Crossing

Ou comment en prendre suffisamment plein les yeux pour oublier la souffrance dans les mollets.

Introduction

Situé au milieu de l’Ile du Nord, pas loin de Taupo, le parc naturel du Tongariro est un ensemble de volcans et de lacs classé à l’UNESCO. Avec le Taranaki et White Island, il est le très haut lieu du tourisme volcanique en Nouvelle Zélande. Il faut dire que le pays est situé tout au bout de la ceinture de feu du Pacifique, qui porte très bien son nom vu l’activité des volcans du coin.

La renommée du Tongariro est mondiale et on considère cette randonnée comme la plus belle rando d’une journée au monde. Rien que ça. Sa renommée lui vaut d’ailleurs une hausse de fréquentation pour dépasser les 100.000 visiteurs annuels. Sachant que le parc est fermé une bonne partie de l’année à cause du climat, cela donne une idée de la fréquentation quotidienne.

carte tongariro

Pourquoi faire le Tongariro

5 raisons de se faire mal sur cette rando

  • Quand je dis que c’est l’une des plus belles au monde, c’est pas pour rigoler
  • Si vous êtes fan du Seigneur des Anneaux, ça vous rappellera quelque chose
  • Ce petit sentiment de victoire à l’arrivée après avoir morflé 20km
  • Des volcans, des paysages superbes
  • La possibilité de faire le lever de soleil là bas

3 raisons de ne pas aller souffrir dans cette randonnée

  • Les conditions météorologiques ne vous permettent pas de le faire, ce qui arrive souvent
  • Vous avez une condition physique pire que la mienne… et aucune confiance en vous. Mais ça ne doit pas être ça qui vous arrête, vraiment.
  • Vous ne passez pas sur l’ile du Nord. Ca, c’est une excuse valide.

Difficulté du Tongariro

Pour rentrer dans le vif du sujet, la randonnée du Tongariro c’est 19,4km parmis les volcans. Autant dire que le dénivelé est important et qu’il faut avoir les mollets solides et les poumons motivés car ça grimpe.

On va voir le dénivelé plus en détail, mais le trajet se décompose en 3 majeures parties :

  • 4,5 km de presque plat, du parking aux Soda Springs, aka le point de non retour
  • 5 km de choses très sérieuses où on fait 800m de dénivelé. C’est très très costaud
  • 10 km de retour en petite descente, 1100m de dénivelé positif. Attention les genoux.
randonnée tongariro denivelé

Ouiiiii bon ça ressemble à du faux plat, on va dire ça comme ça

En général, on dit qu’il faut 7 à 8 heures pour faire le Tongariro Alpine Crossing. Les confirmés peuvent le faire en 6h, les frappadingues en 5h. Ceux pour qui c’est moins évident le feront en 10h, comme moi. Mais voyons l’avantage, c’est qu’on profite bien plus des paysages que ceux qui vont trop vite! Et les pauses photo sont de bons prétextes pour s’arrêter un peu 🙂

La seule contrainte est la navette du retour. Je serais bien resté pour faire le coucher de soleil là haut, mais les derniers retours sont à 18h.

Autre difficulté : l’eau. C’est simple, vous ne pourrez pas vous ravitailler en chemin. Sur le retour il y a bien une hut, mais l’eau n’est pas potable. Si vous avez une gourde filtrante c’est nickel, sinon c’est tant pis :p

Si vous ne le sentez pas, dites vous un truc. Enfin deux. Déjà, je l’ai fait et j’ai survécu. Ensuite, 100.000 personnes le font chaque année et on trouve vraiment de tout. Personne n’abandonne, même les rares en mocassin (si si!). Donc vous pouvez le faire 🙂
Ce ne sont pas les 20km qui vont faire peur. mais les 5km de montée hardue. La difficulté est ici. Une fois passé ça, le reste est (relativement hein) peinard.

tongariro itinéraire

Les différentes étapes du Tongariro

Le faux plat de mise en bouche

Le Tongariro commence au parking de Mangatepopo. Environ 5km de faux plat jusqu’aux Soda Springs, assez tranquilles, idéal pour chauffer les mollets. La grande majorité se fait sur un chemin aménagé avec des planches de bois.

Franchement pas méchant, on doit faire 100m de dénivelé à tout péter.
Le truc cool, c’est qu’on passe à côté de volcans et surtout, en partant très tôt (vers 6h) on peut voir le lever du soleil sur le chemin (et si vous êtes rapides, vous pourrez le voir de plus haut, encore mieux).

Arrivé aux Soda Springs, les choses sérieuses vont commencer. Déjà parce qu’on voit ce qui nous attend, mais surtout le panneau-qui-fait-peur. “Vous êtes sûr de vouloir continuer ? Sûr sûr ? vous êtes en forme ? bien équipé ? il vous reste 15 bornes à morfler et vous pourrez plus faire demi tour” Gloups…
Regard vers le panneau. Puis vers la montée. Puis le panneau. Puis la montée. Puis vers l’arrière. Oh et puis merde, foutu pour foutu, on y va (avec la confiance au max) 😀
Mais quand t’es pas sur sur de toi, ce panneau, c’est le diable.

tongariro stop panneau
debut tongariro volcan
lever soleil tongariro taranaki

Lever de soleil sur le Mont Taranaki, fort agréable

Les choses sérieuses commencent

Là, on commence à prendre les escaliers et moins faire le fier. Car ouais, sur cette grmbl de montée qui suit, ils ont mis des escaliers. Sur 300m de hauteur. En gros, c’est comme si on grimpait la Tour Eiffel à pied (et ce n’est que la première partie hein). Donc t’y vas. T’as envoyé bouler le panneau, tu n’as plus le choix, il faut assumer. Et faire des pauses. Et prendre des photos pour faire des pauses (super pratique ça). C’est un peu comme dans le tour de France, tu as les grimpeurs, et ceux qui morflent. Ces derniers vont avoir un petit instinct de solidarité (ou de survie) et rester un peu ensemble dans la douleur.

Jusqu’au South Crater, on va donc souffrir à faire un dénivelé de 280m sur seulement 2km. Et là, arrivé à la moitié de l’enfer, on apprécie la vue magnifique du cratère et le Mont Ngauruhoe.

montée tongariro
vue montée tongariro

South Crater – Au pied du volcan

Vous n’imaginerez même pas votre jubilation une fois arrivé au South Crater. Déjà, parce que fini la grimpette! Enfin, pour l’instant. Mais surtout, parce qu’on est au pied du magnifique volcan Ngauruhoe, que certains connaissent sous le nom de Montagne du Destin, dans le Seigneur des Anneaux.

Ce volcan est d’ailleurs le plus actif de Nouvelle Zélande. Quand on voit ses couleurs, on l’imagine facilement. Sa dernière grosse éruption date de 40 ans et il a grondé il y a quelques années seulement.

Il est sacré chez les Maori, ce qui explique qu’on déconseille de faire son ascension, même si elle est faisable en 3h. C’est pas très très poli.

La plaine dans laquelle on arrive est également une bouffée d’oxygène pour les mollets et les cuisses. Deux petits kilomètres de plat pour admirer pleinement le paysage et se rapprocher de la dernière montée.

volcan tongariro
volcan ngauruhoe tongariro

Grimpette au Red Crater

Ca, c’est la dernière véritable grosse étape. On est à flanc de volcan, une montée très abrupte sans chemin prédéfini, où on en prend encore pour 250m de dénivelé en très peu de temps. Après tout ce chemin, on voit enfin le bout du volcan. Enfin… on le voit mais il est long à venir car les jambes tirent. Et si vous n’avez pas de bol, le vent sera de la partie.

Donc, pourquoi le Red Crater ? et bien vous le verrez en arrivant tout en haut. Mais je vous donne un indice. En haut, on arrive à un cratère, et il est notamment rouge. Et surtout, c’est le point culminant de notre périple, à 1886m d’altitude.

Red Crater tongariro
Red Crater tongariro
Red Crater tongariro

Les Emerald Lakes

Et non, il n’est pas question que de volcans ici. Arrivés en haut, on a une vue assez incroyable sur d’un côté le Ngauruhoe et sa plaine, de l’autre côté sur le cratère totalement rouge et noir. Et tout ça fume un peu en prime. Mais après un chouille dernier effort, on arrive sur l’autre versant et les lacs se dévoilent. 3 superbes lacs dont les couleurs oscillent entre le vert emeraude, le bleu turquoise (je suis d’humeur pierre précieuse apparemment), qui doivent leurs couleurs aux minéraux et au souffre, et leur nom à… leur couleur. Logique.

La descente vers ces lacs est assez drôle. C’est très très pentu, chacun y va de sa méthode, entre ceux qui courrent (foutu pour foutu), se vautre, y va comme en ski sur une piste noire. Très bon enfant, surtout quand on voit les Chinois en mocassins s’y risquer.
Donc là on descend 145 mètres de dénivelé en à peine 400m, c’est à dire une jolie pente de 36°, ceci explique les gadins 😀

Malgré les odeurs de souffre, les lacs sont un super endroit pour casser la croute et se reposer. La terre fume de partout, c’est sympa. Il serati vraiment vraiment dommage de ne pas profiter de l’endroit et de repartir tout de suite. C’est ce que font certains mais franchement, ce n’est pas la course.

Le plus dur est fait. Et pourtant, il n’y a que 9km depuis le point de départ. Et c’est normalement maintenant que vous vous rendez compte que vous n’avez plus d’eau.

tongariro nouvelle zelande
tongariro emerald lakes lacs
tongariro emerald lakes lacs
tongariro emerald lakes lacs
descente emerald lakes

Le Blue Lake

A environ une demi heure à partir des Emerald Lakes, vous trouverez le dernier lac avant d’entamer le chemin du retour, le Blue Lake, en passant par une grande plaine qui s’appelle Central Crater. Un immense champ de lave.

Le Blue Lake est sacré et acide, bien qu’il le soit moins que les autres. Il est donc recommandé de ne pas s’y baigner ou même de le toucher. Mais ça fait une pause sympa avant de repartir et d’avaler les derniers (gloups) kilomètres.

blue lake tongariro

La descente vers Ketetahi

C’est pas tout, mais jusqu’ici on n’a fait que la moitié du chemin. On a morflé, mais il reste encore 10km de (presque) descente. Il y a de fortes chances que vous passiez le début dans la brume. Car vous êtes sur un autre versant et quand même à pas loin de 2000m.

Honnêtement, ce n’est pas la partie la plus intéressante. Si le temps est bon, vous aurez une jolie vue sur des montagnes puis le lac Rotoaira, et enfin dans le bush, mais le retour dure 3 heures mine de rien.

L’arrivée se fait au Ketetahi Car Park, où une navette vous attendra. Mais, si vous êtes en forme et qu’il n’y a pas trop de monde, une alternative est de faire marche arrière et de repasser dans les volcans. Une seule grosse difficulté vous attend, c’est la montée des Emerald Lakes vers le Red Crater. Celle où tout le monde se vautre en descente. Autrement, vous bénéficierez de la superbe vue que vous avez eu à l’aller, plus agréable que le chemin vers Ketetahi.

randonnée tongariro retour parking
randonnée tongariro retour lac Rotoaira
retour tongariro foret

Quelques recommandations

  • La navette est payante (40 NZ$) pour vous amener et vous rechercher. Ok ce n’est pas donné, mais cette rando vaut bien plus qu’une dépense de 40$, vraiment
  • La dernière navette est à 18h, mais les guides vous diront tout ça. Ils pourront venir vous chercher plus tard si besoin
  • L’eau. Si comme moi vous êtes un hydrolique, c’est compliqué car il faut amener beaucoup d’eau. Il n’y a pas de point de ravitaillement en chemin, sauf à la Ketetahi Hut, mais l’eau n’est pas potable. Donc il est pertinent de prendre une gourde filtrante.
  • L’équipement. Il peut faire très froid là haut et beaucoup beaucoup de vent. Mais il peut également faire très chaud. C’est pratique hein. Vérifiez bien les conditions météo, mais dans tous les cas ça change toutes les 10 minutes. Des batons de marche seront vraiment utiles pour vous épauler dans les montées mais également les descentes qui forcent sur les genoux. Et de bonnes chaussures de rando sont indispensables.
  • Les conditions météo. Le parc est très souvent fermé et pour de bonnes raisons. S’il pleut, cela devient extrèmement dangereux. S’il neige, ça peut être assez drôle. Mais surtout, faites confiance aux rangers et au site du DOC (Department of Conservation) qui vont vous dire si oui ou non le parc est ouvert. Mon conseil serait donc de rester plusieurs jours dans les environs pour attendre une ouverture. Je suis resté 3 jours à National Park (ville la plus proche et la plus pratique) et il a été ouvert une journée, avec un temps magnifique. Cela vaut vraiment le coup d’attendre.
  • Le parking. Si vous êtes en voiture, vous ne pouvez pas laisser votre voiture plus de 4h stationnée entre octobre et avril pour cause de surpopulation. Lors de la haute saison, la rando est vraiment populaire, donc tout le monde ne peut pas laisser sa voiture.
  • La condition physique. Peut-être le point le plus important avec la météo. C’est une rando costaud, les km 5 à 9 sont vraiment difficiles, que de la montée très abrupte. Mais (car il y a un mais), cela se fait en prenant son temps. Je l’ai fait, avec ma bedaine et mon manque d’endurance. J’en ai chié dans les montées, mais si je l’ai fait, je dirais bien que tout le monde peut le faire. Ayez juste confiance en vous.

En conclusion

La réputation de cette randonnée est très loin d’être usurpée. Même si elle peut se faire désirer à cause du temps, même si les mollets souffrent, même si on n’a plus d’eau à mi-parcours, on en prend vraiment plein la vue et on prend plaisir à se retrouver sur une autre planête.

Cette rando à elle seule mérite de faire un passage sur l’ile du Nord. Et si jamais vous pensez que c’est trop simple pour vous, je vous propose la version longue 😀 Le Tongariro Northern Circuit, l’une des Great Walks de Nouvelle Zélande. 43km entre les volcans.

Vous avez apprécié ces paysages lunaires ? alors maintenant je vous propose de découvrir tous les plus beaux paysages de Nouvelle Zélande !

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