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Je vais être honnête sur ce coup-là : je ne cherchais pas ce ferry. Je montais de Paris à Tromsø, il était tard le soir, et j’étais persuadé d’aller prendre un pont plus au nord que le pont de l’Oresund. Je me suis retrouvé devant un terminal de ferry à Helsingør. Le gros malin.

Car je n’avais absolument pas préparé, je ne connaissais pas les horaires (est ce qu’il y a des ferries la nuit), les prix, comment payer… bref l’improvisation totale.

Parce que ce bateau fait un truc que le pont d’Øresund ne fait pas : il vous dépose 60 km plus au nord, à Helsingborg, exactement là où commence la E4 qui remonte toute la Suède. Si votre cap c’est la Laponie, la Norvège du Nord ou juste Stockholm, vous venez de vous épargner le crochet par Malmö.

La traversée dure 20 minutes. Il y a un départ toutes les 20 minutes en journée, et ça tourne 24 h/24. Voilà, vous savez presque tout. Le reste, c’est les prix, les horaires de nuit et les deux ou trois trucs que j’aurais aimé savoir avant de me pointer au guichet sans rien avoir préparé.

⛴️ Le ferry Helsingør – Helsingborg en bref

  • Durée : 20 minutes, pour 4 km de mer
  • Fréquence : jusqu’à un départ toutes les 20 minutes en journée, une cinquantaine par jour au total — ça tourne aussi la nuit, mais plus espacé
  • Compagnie : Øresundslinjen (l’ex-ForSea), seul opérateur voitures sur la ligne
  • Prix voiture : à partir de 199 DKK (~27 €) en tarif web, passagers compris — mais ~460 DKK (~62 €) si vous payez au guichet
  • Réservation : pas obligatoire, jamais complet pour une voiture… mais réserver divise la note par deux
  • Le vrai intérêt : vous débarquez 60 km plus au nord qu’avec le pont, au départ de la E4

Pourquoi prendre le ferry plutôt que le pont d’Øresund

Les deux vous font passer du Danemark à la Suède. Ils ne vous déposent pas au même endroit, et c’est tout le sujet.

Le pont d’Øresund part de Copenhague et arrive à Malmö. Parfait si vous venez de l’aéroport, du centre de Copenhague, ou si vous filez vers le sud de la Suède.

Le ferry part de Helsingør, à 45 km au nord de Copenhague, et arrive à Helsingborg. Et Helsingborg, c’est le kilomètre zéro de la E4, l’autoroute qui remonte toute la Suède jusqu’à Haparanda, à la frontière finlandaise. La E6 vers Göteborg et Oslo passe aussi par là.

Autrement dit : si vous montez vers le nord, le pont vous fait descendre à Malmö pour ensuite remonter 60 km le long de la côte. Le ferry vous pose directement au bon endroit.

Mon verdict : au nord de Copenhague et cap au nord, c’est le ferry, sans hésiter. Au sud, ou si vous partez de l’aéroport de Copenhague, prenez le pont, ça n’a aucun sens de faire 45 km à contresens pour gagner un bateau.

Le défaut à assumer, et il est réel : le ferry vous impose une rupture de charge. Vous ralentissez, vous faites la queue, vous embarquez, vous coupez le moteur, vous ressortez. Sur le papier c’est 20 minutes de traversée, dans la vraie vie comptez 40 à 50 minutes entre le moment où vous quittez la route et celui où vous y revenez. Le pont, lui, vous ne levez pas le pied.

Après, 40 minutes de pause forcée après huit heures de route, ce n’est pas franchement une punition.

Vu sur une carte à l’échelle, l’argument devient évident : la traversée fait 4 km quand le pont en fait 16, et surtout les deux ne vous déposent pas du tout à la même latitude.

Carte à l'échelle du détroit de l'Øresund : le ferry Helsingør-Helsingborg (4 km, 20 min) face au pont d'Øresund entre Copenhague et Malmö (16 km), avec les 60 km de E6 à remonter côté suédois et les 45 km à faire côté danois.

Les deux traversées à l’échelle : 4 km pour le ferry, 16 km pour le pont — et 60 km de route entre les deux points d’arrivée.

Au retour, j’ai fait exactement l’inverse — et c’était volontaire. On redescendait de Tromsø vers Paris via Oslo, puis toute la côte suédoise par la E6. Autrement dit, on arrivait pile sur Helsingborg : le ferry était là, sur notre route, et c’était clairement le plus rapide.

On a quand même continué jusqu’au pont d’Øresund, juste pour voir à quoi il ressemblait. Ça nous a coûté une trentaine de minutes et un péage. Zéro regret, l’ouvrage vaut le détour une fois dans sa vie — mais si vous n’avez pas cette curiosité à assouvir, la carte ci-dessus vous dit quoi faire.

Quels sont les horaires de ce ferry

C’est l’argument massue de cette ligne. C’est aussi le seul endroit où j’ai eu un vrai doute.

  • En journée : jusqu’à un départ toutes les 20 minutes dans chaque sens
  • Sur 24 heures : une cinquantaine de traversées, soit une moyenne réelle d’environ une toutes les 27 minutes
  • La nuit : ça ne s’arrête pas, mais ça se desserre — il y a bien des départs à 1 h, 2 h, 3 h et 4 h du matin, simplement plus espacés

Concrètement, vous n’avez pas d’horaire à retenir. Vous arrivez au terminal, et le bateau suivant part dans moins de 20 minutes. C’est une des liaisons maritimes les plus fréquentées du monde : Øresundslinjen annonce plus de 6 millions de passagers et 1 million de voitures par an, plus 410 000 camions.

Le moment où je me suis posé la question. J’arrive à Helsingør tard le soir, je m’engage dans la file d’embarquement… et il n’y a pas une seule voiture. Pas une. Difficile de ne pas se demander si on n’attend pas un bateau qui ne viendra qu’au matin. Réponse : il vient. La ligne ne s’arrête jamais. Mais un terminal désert le soir, ça ne rassure pas du tout, et rien sur place ne vous dit que le prochain part dans vingt minutes.

Le détail que personne n’écrit : certains départs de nuit — 2h40 du mardi au samedi, 3h00 le dimanche et le lundi — sont des rotations marchandises dangereuses, à capacité passagers restreinte. Ils figurent à la grille, mais ils ne vous sont pas forcément ouverts. Si votre traversée tombe en plein milieu de la nuit, vérifiez-la le jour même sur le site de la compagnie plutôt que de faire confiance au « 24 h/24 ».

Un mot sur la flotte, parce que c’est assez rare pour être signalé : la compagnie exploite cinq navires, dont les trois plus gros fonctionnent sur batteries. Il y a donc de bonnes chances que votre traversée se fasse à l’électrique, sans bruit de moteur diesel. Sur 20 minutes, ça se remarque.

Combien coûte la traversée Helsingør – Helsingborg ?

Voici les tarifs officiels d’Øresundslinjen, relevés en août 2026, en aller simple. Les prix sont affichés en couronnes danoises (DKK), avec la conversion à titre indicatif.

Tarif web (Lavpris) Tarif Standard / guichet
Voiture < 6 m (passagers compris) à partir de 199 DKK (~27 €) ~460 DKK (~62 €)
Camping-car jusqu’à 10 m à partir de ~420 DKK (~56 €) plus élevé, facturé à la longueur
Moto à partir de ~119 DKK (~16 €) ~245 DKK (~33 €)
Piéton adulte à partir de ~45 DKK (~6 €) ~56 DKK (~7,50 €)

Trois choses à retenir, et la première vaut de l’argent.

1. Le tarif voiture inclut tous les passagers. Contrairement à beaucoup de ferries, vous ne payez pas le véhicule et chaque personne à bord. Une voiture avec quatre personnes dedans paie le prix d’une voiture. À quatre, la traversée revient à moins de 7 € par tête au tarif web.

2. L’écart entre réserver et payer sur place est énorme. 199 DKK contre environ 460 DKK, c’est plus du double pour exactement le même bateau. C’est là que se joue votre budget, pas ailleurs.

3. La différence, c’est la souplesse. Le billet Lavpris n’est pas remboursable et vous cale sur un départ, avec une tolérance d’environ une heure autour de l’horaire. Le billet Standard est flexible sur environ 8 heures et remboursable. Sur une ligne qui part toutes les 20 minutes, la tolérance d’une heure suffit très largement.

À savoir aussi : la haute saison 2026 court du 1er juin au 31 août, le reste de l’année est en basse saison. Et si vous faites le trajet souvent, Øresundslinjen vend des cartes multi-trajets voiture qui descendent jusqu’à 159 DKK le passage (~21 €) à partir de 35 trajets, valables un an. Pour un aller-retour de vacances, ça n’a aucun intérêt. Pour un frontalier, si.

Conversions données à titre indicatif (1 DKK ≈ 0,134 €) : vérifiez le taux du jour. Et les tarifs bougent — le plus simple est de comparer les horaires et les prix du jour sur Direct Ferries.

Faut-il réserver à l’avance ?

Techniquement, non. Vous pouvez débarquer au terminal sans billet, payer, et embarquer sur le départ suivant. C’est exactement ce que j’ai fait, tard le soir, sans rien avoir planifié — je croyais prendre un pont, je vous rappelle.

Ça a marché, mais je conseille vraiment de réserver.

Deux raisons. La première, c’est le prix : payer au guichet, c’est plus du double du tarif web. Sur une traversée de 20 minutes, se faire avoir de 35 € parce qu’on n’a pas anticipé, ça pique un peu.

La seconde, c’est le stress inutile. Quand vous roulez de nuit dans un pays que vous ne connaissez pas, la question « est-ce qu’il reste des ferries à cette heure-ci ? » vous trotte dans la tête pendant des kilomètres. Avoir un billet dans le téléphone, ça vide la question. Le bateau tourne 24 h/24 de toute façon, mais on ne le sait qu’après.

Mon conseil, et il est tranché : réservez, même la veille, même une heure avant. Vous prenez le tarif web, vous savez à quelle heure vous embarquez, et vous n’avez plus qu’à conduire.

Le défaut de la réservation : vous vous engagez sur un créneau. Si vous êtes du genre à prendre trois heures de retard sur votre planning de route, prenez le billet Standard flexible ou achetez sur place — c’est plus cher, mais c’est fait pour ça.

Bonne nouvelle quand même : sur cette ligne, une voiture ne reste jamais à quai. Avec une cinquantaine de départs par jour, la question de la place ne se pose pas comme sur un ferry longue distance.

Les deux terminaux

Côté danois : Helsingør

Le terminal est collé à la gare de Helsingør, en bord de mer, à la sortie du centre-ville. L’accès voiture est fléché depuis la route principale.

Et si vous avez une heure devant vous, le château de Kronborg est juste là, à quelques minutes à pied. C’est le château d’Hamlet, classé à l’UNESCO, planté sur la pointe face à la Suède. Franchement, ça vaut le détour si vous passez de jour.

Côté suédois : Helsingborg

Le terminal, c’est Knutpunkten, et c’est un cas assez rare : le port, la gare ferroviaire et la gare routière sont dans le même bâtiment, en plein centre-ville. Vous descendez du bateau et vous êtes dans la ville.

Pour les voitures, la sortie du terminal vous met directement sur les axes vers la E4 (nord et Stockholm) et la E6 (Göteborg et Oslo).

Le défaut : à Helsingborg, la sortie du terminal débouche en pleine ville, avec des feux et de la circulation. Ce n’est pas un péage d’autoroute, comptez quelques minutes pour rejoindre les grands axes.

Que faire de chaque côté du détroit ?

Vingt minutes de traversée, ça veut dire qu’on peut très bien caler une visite d’un côté et repartir de l’autre dans la foulée. Et il se trouve qu’il y a un château sur chaque rive.

Moi je suis passé tard le soir, donc autant dire que je n’ai rien vu de tout ça. Si vous traversez de jour, ne faites pas pareil.

Kronborg, le château d’Hamlet (côté danois)

C’est le gros morceau, et il est à dix minutes à pied du terminal de Helsingør. Kronborg, c’est la forteresse Renaissance du XVIe siècle plantée à la pointe, face à la Suède, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est aussi l’Elseneur de Shakespeare : c’est ici qu’il situe Hamlet.

On visite les salles d’apparat, la grande salle des banquets, et surtout les casemates sous le château, sombres et voûtées, où dort la statue de Holger Danske. Les remparts donnent sur le détroit, et de là on voit passer les ferries toutes les vingt minutes.

Le billet d’entrée est à partir de 20 €, noté 4,5/5 sur 279 avis, avec annulation gratuite jusqu’à 24 h avant. Vous pouvez le réserver à l’avance ici, ce qui évite la file du guichet en été.

Le défaut à assumer : ça vous coûte au minimum deux heures, et plutôt trois si vous faites les casemates. Sur une journée de route déjà longue, ce n’est pas rien. Et si vous venez pour Hamlet, sachez que le lien est purement littéraire — Shakespeare n’y a jamais mis les pieds.

Kärnan et Sofiero (côté suédois)

Côté Helsingborg, c’est plus modeste mais plus rapide à faire.

Kärnan est la tour médiévale en brique qui domine le centre-ville, à quelques minutes du terminal. C’est le dernier vestige du château fort danois qui tenait le détroit avant que la Scanie ne devienne suédoise. On monte, on a la vue sur l’Øresund et sur Kronborg en face. C’est court, c’est bien, ça se glisse dans une pause déjeuner.

Sofiero est l’autre option, à 5 km au nord de la ville. Ancienne résidence d’été royale de 1865, avec un parc de 15 hectares et surtout 10 000 rhododendrons en 300 variétés plantés dans deux ravins. C’est ouvert du 8 avril au 24 septembre, de 10 h à 18 h.

Les défauts, et ils sont réels : Sofiero est fermé plus de six mois par an, et hors floraison des rhododendrons — le pic est en mai-juin — vous visitez un joli parc, rien de plus. Il faut aussi la voiture, ce n’est pas à pied depuis le port. Quant à Kärnan, ne vous attendez pas à un château : c’est une tour, et il y a des marches.

Un mot d’honnêteté sur les réservations : côté danois, Kronborg se réserve en ligne sans problème. Côté suédois, il n’y a pas d’équivalent — les billets de Kärnan et de Sofiero se prennent sur place ou sur le site de l’office de tourisme de Helsingborg. Ne cherchez pas à tout caler à l’avance, ça n’existe pas.

Vous trouverez pas mal de choses à faire soit du côté de Stockholm, soit vers Gôteborg.

Dormir d’un côté ou de l’autre du détroit

Il y a deux bonnes raisons de couper la route ici plutôt que d’enchaîner : prendre le temps de visiter, ou caler le ferry au petit matin pour attaquer la journée avec des heures devant soi.

Côté danois, si vous voulez faire Kronborg tranquillement ou embarquer à la première heure : le Hotel Hamlet — oui, il porte le nom qui va bien — est à deux pas du terminal de Helsingør et à quelques minutes à pied du château. Un 3 étoiles de la vieille ville, sur Bramstræde, ce qui est de loin le coin le plus agréable où dormir ici. Le matin vous roulez cinq minutes et vous êtes à bord.

Le défaut : Helsingør est une petite ville. Les soirées y sont calmes, ne comptez pas dessus pour sortir.

Côté suédois, pour visiter Helsingborg ou simplement souffler après la route : l’Hotell Linnéa, joli, proche du terminal comme du centre-ville, et à des tarifs raisonnables pour la Scandinavie — ce qui n’est pas rien dans le coin.

Le défaut : c’est l’inverse du précédent. On est en ville, donc ça vit, et le calme dépendra de la chambre.

Mon conseil, et il découle directement de la carte plus haut : si vous montez vers le nord, traversez le soir et dormez côté suédois. Vous économisez la traversée du matin et vous démarrez direct sur la E4. Si vous redescendez vers Copenhague, faites exactement l’inverse.

Questions fréquentes sur le ferry Helsingør – Helsingborg

Combien de temps dure la traversée ?

20 minutes de port à port, pour 4 km de mer. Avec l’embarquement et le débarquement, comptez 40 à 50 minutes entre le moment où vous quittez la route et celui où vous la retrouvez.

Le ferry circule-t-il la nuit ?

Oui, toute l’année et sans interruption nocturne : il y a des départs à 1 h, 2 h, 3 h et 4 h du matin. La cadence se desserre simplement par rapport aux 20 minutes de la journée. Deux créneaux de nuit (2h40 et 3h00 selon les jours) sont réservés au fret avec une capacité passagers restreinte : à vérifier le jour même si vous comptez dessus.

Faut-il réserver ?

Ce n’est pas obligatoire, une voiture trouve toujours de la place. Mais le tarif web démarre à 199 DKK quand le tarif au guichet tourne autour de 460 DKK : réserver, même une heure avant, divise la note par deux.

Les passagers sont-ils compris dans le prix de la voiture ?

Oui. Le tarif véhicule couvre tous les occupants, ce qui rend la traversée très intéressante à trois ou quatre.

Ferry ou pont d’Øresund ?

Le pont relie Copenhague à Malmö, le ferry relie Helsingør à Helsingborg, 60 km plus au nord. Si vous roulez vers le nord de la Suède ou vers la Norvège, le ferry vous évite le crochet par Malmö. Si vous venez de l’aéroport de Copenhague ou filez vers le sud, prenez le pont.

Peut-on traverser à pied ou à vélo ?

Oui, et c’est très bon marché : à partir d’environ 45 DKK (~6 €) pour un piéton. Les deux terminaux sont accolés à une gare, donc la traversée s’enchaîne facilement avec un train de chaque côté.

Quelle compagnie opère la ligne ?

Øresundslinjen, l’ancienne ForSea, seul opérateur pour les véhicules. Elle exploite cinq navires, dont les trois plus gros fonctionnent sur batteries.

En conclusion

Ce ferry n’est pas une attraction, c’est un raccourci. 20 minutes, un départ tous les quarts d’heure ou presque, et vous débarquez 60 km plus haut que le pont, pile au départ de la E4.

Ce que je retiens de mon passage : réservez en ligne, même au dernier moment, parce que l’écart avec le tarif guichet est indécent. Et montez sur le pont extérieur au lieu de rester dans la voiture — 20 minutes, ça passe très vite, autant les regarder.

Si vous êtes en train de préparer une longue route vers le nord, j’ai détaillé les autres passages du trajet ici :

Si vous hésitez encore entre le pont et le bateau, regardez juste où vous allez ensuite. C’est le seul critère qui compte vraiment. Et si vous avez une question sur le trajet, n’hésitez pas à me contacter !

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