
Dernière modification le
C’est probablement la photo d’Islande que vous avez vue le plus souvent : une carcasse d’avion argentée posée au milieu d’une immense plaine de sable noir, avec absolument rien autour. Et à chaque fois la même question revient : comment on y va, et surtout, est-ce que ça vaut vraiment les 2h que ça va me prendre ?
Bon, soyons clairs tout de suite : oui c’est chouette, et oui c’est à faire. Mais c’est une visite qui coûte du temps, et le temps c’est exactement ce qui manque quand on fait la côte sud de l’Islande. Donc autant savoir dans quoi on met les pieds avant de se garer !
Parce que ça a beaucoup changé. Lors de mes premiers séjours en Islande, on se garait sur le bord de la route et il n’y avait rien du tout. Aujourd’hui il y a un parking (payant), une navette, et même un deuxième avion depuis 2025. Oui oui, deux avions (plus ceux encore un peu plus loin!).
Voyons tout ça en détail, et je vous donnerai aussi les autres épaves du pays, dont une nettement plus facile d’accès juste à côté de Seljalandsfoss. Allez zou, c’est parti !
L'essentiel en 30 secondes
Avant d'entrer dans le détail, voici le résumé de ce qu'il faut savoir avant de vous garer. (Prix indicatifs 2026, à confirmer sur place.)
| Le point | Ce qu'il faut retenir |
|---|---|
| Où | Route 1, côte sud, entre Skógafoss et Vík |
| GPS du parking | 63.4912, -19.3633 |
| GPS de l'épave | 63.4591, -19.3648 |
| Accès au site | Gratuit, ouvert 24h/24, toute l'année |
| Parking | Payant : 750 ISK (≈5 €) pour une voiture, 1 000 ISK (≈7 €) pour un van |
| À pied | 3,5 à 3,7 km aller, soit 7 à 8 km A/R — comptez 2h à 2h30 avec l'arrêt sur place |
| En navette | ≈3 200 à 3 500 ISK (22-25 €) A/R par adulte — comptez 1h en tout |
| Sur place | Aucune toilette, aucun abri, aucune eau. Rien du tout. |
| Voiture jusqu'à l'épave | Interdit depuis 2016 |

Faut-il vraiment aller voir l’épave du DC-3?
Ça dépend surtout d’une chose : combien de jours vous avez.
Concrètement, ce n’est pas quelque chose de super spectaculaire, ce n’est pas un grand paysage. C’est quelque chose qui divise. La moitié des gens disent “c’est à voir”, l’autre moitié disent de ne pas perdre de temps.
On parle d’une carcasse (maintenant deux) d’avion perdue sur une immense plage de sable noir, au milieu de nulle part. Donc je comprends que cela ne plaise pas à tout le monde.
Si vous faites la côte sud en 3 jours ou plus, allez-y, franchement. L’endroit est vraiment particulier. Ce n’est pas beau au sens classique du terme, c’est même carrément désolé : du sable noir jusqu’à l’horizon, la mer d’un côté, les montagnes de l’autre, et cette carcasse plantée au milieu du grand nulle part. On ne s’attend pas du tout à voir ça, et c’est précisément ce qui fait le truc ! D’ailleurs il figure en bonne place dans ma sélection des plus beaux endroits d’Islande.
Par contre. Si vous faites Reykjavik-Jökulsárlón en une seule journée, oubliez. Vous allez cramer 2h30 de votre journée pour un site qui, une fois sur place, se visite en 20 minutes. Sur le même créneau vous faites Dyrhólaey et Reynisfjara et Sólheimajökull, ou n’importe laquelle des autres activités incontournables du pays.
Le rapport temps/plaisir n’est vraiment pas en faveur de l’avion, surtout si vous enchaînez la route circulaire avec des étapes serrées.
Et il faut être honnête sur un point : la marche est ennuyeuse. Ce n’est pas une randonnée, c’est une ligne droite plate de 3,5 km sur du gravier compacté, sans panorama, sans rien, avec le vent dans la tronche. Les gens qui reviennent déçus, ce sont presque toujours ceux qui s’attendaient à un joli sentier :p Par contre, si vous avez un drone, c’est un endroit intéressant vu d’en haut.
Enfin maintenant on peut faire le trajet avec une navette depuis le parking donc cela fait gagner énormément de temps (24€ l’aller retour tout de même).
Du coup le vrai arbitrage est là :
- Vous avez du temps et vous aimez marcher ? À pied, tôt le matin. C’est le meilleur choix, et de loin.
- Vous êtes serrés, en famille, ou avec de jeunes enfants ? La navette, sans hésiter une seconde.
- Vous avez vraiment très peu de temps ? Allez plutôt voir l’autre DC-3 près de Seljalandsfoss (j’en parle plus bas), c’est 200 m de marche !
Où se trouve l’épave et comment ne pas rater le parking
L’épave est sur le sandur de Sólheimasandur, une immense plaine d’épandage glaciaire au sud de la route 1, entre la cascade de Skógafoss et la petite ville de Vík i Mýrdal.
Le repère qui ne trompe pas
Le parking est du côté sud de la route 1 (à droite en venant de Reykjavik), sur une grande aire de gravier bien plate, environ 2 km après le panneau Sólheimajökull et juste avant le pont sur la rivière Jökulsá á Sólheimasandi.
Attention, c’est peu signalé et ça arrive vite ! Mettez les coordonnées GPS dans votre téléphone avant de partir, parce que le réseau est franchement aléatoire dans le coin.
- Parking : 63.4912, -19.3633 (soit 63°29’28.4″N, 19°21’48.2″O)
- Épave : 63.4591, -19.3648 (soit 63°27’32.7″N, 19°21’53.3″O)
Petit avertissement au passage : plusieurs sites francophones publient des coordonnées fausses pour ce site (dont certaines carrément impossibles, avec des secondes à 86…). Prenez celles-ci, elles sont recoupées.
Les temps de route
- Reykjavik → parking : environ 160 km, comptez 2h15 à 2h30
- Skógafoss → parking : 6 à 10 km selon d’où vous partez, une dizaine de minutes
- Vík → parking : 27 km, 15 à 20 minutes
- Seljalandsfoss → parking : environ 40 km
Si vous cherchez où poser vos valises dans le coin, j’ai un article dédié sur les hôtels, gîtes et campings de la côte sud.
Le parking est payant, et il y a un piège
Eh oui, le parking est payant maintenant, et ça surprend encore pas mal de monde. Il est géré par Parka pour le compte de l’association des propriétaires terriens. C’est exactement le même système que pour le parking du Landmannalaugar, donc si vous avez déjà eu affaire à Parka ailleurs en Islande, vous ne serez pas dépaysé.
Les tarifs
- Voiture particulière : 750 ISK (≈5 €)
- Voiture ou van avec plus de sièges : 1 000 ISK (≈7 €)
- Moto : 300 ISK (≈2 €)
- Autocars : de 1 800 à 6 400 ISK
La catégorie dépend du nombre de places assises inscrit sur la carte grise. C’est ce qui explique que certains blogs annoncent 750 et d’autres 1 000 : les deux sont vrais, ça dépend juste du véhicule ! Une voiture de location classique 5 places, c’est 750 ISK. Un van 9 places bascule à 1 000. D’ailleurs si vous hésitez encore sur votre véhicule, voici mon article sur quel type de voiture louer en Islande.
Bonne nouvelle quand même : le tarif couvre 24h, pas une heure.
Le piège : il n’y a aucun horodateur
Et c’est là que les gens se font avoir. Pas de borne, pas de terminal CB, pas de ticket. Rien. Des caméras lisent votre plaque à l’entrée, et c’est à vous d’aller payer en ligne sur parka.is (ou via l’app Parka) en saisissant votre immatriculation.
Deux conséquences très concrètes :
- Vous avez jusqu’à 24h après votre départ pour payer. Donc si vous n’avez pas de réseau sur le parking (ça arrive!), pas de panique, vous payez le soir à l’hôtel tranquillou.
- Si vous ne payez pas, c’est 1 960 ISK de pénalité (≈14 €) en plus du tarif, recouvré auprès du propriétaire du véhicule. Donc auprès de votre loueur, qui vous le refacturera avec ses propres frais de dossier par-dessus. Ça peut vite chiffrer pour un parking à 5 € !
Bon à savoir avant de vous lancer :
- Il n’y a aucune toilette sur le parking ni sur les 3,5 km. Les dernières sont à Skógafoss ou à la station-service de Vík.
- Pas d’eau, pas de nourriture, pas d’abri, pas de poubelle. Vraiment rien.
- Dormir ou camper sur le parking est interdit.
Les 3 façons d’atteindre l’épave
À pied : 3,5 km d’une traite
C’est l’option gratuite et la plus fréquente. Le chemin est large, bien plat, balisé par des piquets réfléchissants sur tout le trajet. Il n’y a que 30 m de dénivelé sur l’ensemble, donc aucune difficulté technique, c’est vraiment à la portée de tout le monde.
Comptez 45 min à 1h par sens selon le vent, et 2h à 2h30 en tout avec les 20-30 minutes passées sur place. Le retour paraît toujours plus long : on a le vent de face, et on a déjà tout vu.
Un conseil tiré de mon expérience : suivez bien le chemin balisé. Je m’en suis éloigné une fois en pensant couper malin, ça n’ajoute que de la distance pour rien (et le hors-sentier est très mal vu sur ces terrains).
En navette : la solution confort
Une navette officielle relie le parking à l’épave, opérée par Icelandic Mountain Guides / Icelandia.
- Prix : environ 3 200 à 3 500 ISK (22-25 €) l’aller-retour par adulte
- Enfants 6-15 ans : environ 2 380 ISK (≈17 €) — à confirmer au moment de réserver, ce tarif n’est pas affiché partout
- Gratuit pour les moins de 6 ans
- Départs toutes les 30 minutes environ, de 10h à 17h, 7j/7, toute l’année
- 10 à 15 min de trajet dans chaque sens
- Pas besoin de réserver ! On peut acheter son billet directement dans le bus. En été et le week-end, réserver reste plus tranquille cela dit.
- Vous revenez avec la rotation que vous voulez
Un point d’attention pour l’hiver : l’opérateur annonce bien 10h-17h toute l’année, mais le dernier départ dépend de la lumière du jour. En décembre-janvier, où la nuit tombe vers 16h, ça s’arrête forcément plus tôt. Vérifiez le jour même.
En vélo électrique
2 options beaucoup moins connues :
- on peut louer des vélos électriques directement sur le parking ! Pas de réservation, premier arrivé premier servi. Sympa si vous voulez éviter la marche sans payer la navette pour toute la famille, mais l’offre est limitée et absolument pas garantie. C’est Icelandia qui fait ça, par contre même sur leur site impossible de connaitre le prix de la location en avance.
- on peut également y aller en e-bike mais avec un guide! là évidemment la location est garantie et vous n’avez qu’à pédaler et suivre “celui qui sait”.
Et en voiture ?
Ben non. C’est interdit depuis le printemps 2016. Les propriétaires ont fermé la piste parce que le hors-piste sauvage ravageait le sandur, et on peut difficilement leur donner tort. Le hors-piste (utanvegaakstur) est d’ailleurs un délit environnemental en Islande, et les propriétaires ont instauré une pénalité de 100 000 ISK (≈700 €) pour tout véhicule qui s’engage sur le sable. Seule la navette a le droit de passer.
Alors, marcher ou prendre la navette ?
| À pied | Navette | |
|---|---|---|
| Coût | Gratuit | ≈24 € / adulte |
| Temps total | 2h à 2h30 | ≈1h |
| Par mauvais temps | Déconseillé | Ça passe |
| Avec des enfants | Compliqué | Idéal |
| Poussette / mobilité réduite | Non | Seule option |
| Horaires | 24h/24 | 10h - 17h |
Le calcul est assez simple : marcher, c’est échanger 1h30 de votre journée contre 24 € par personne. Tout seul, ça se défend largement. À quatre, la navette coûte près de 100 € et là franchement l’arbitrage se discute.
Et il y a un effet de bord assez malin : comme la navette ne tourne qu’entre 10h et 17h, si vous marchez tôt le matin ou en fin de journée, vous aurez le site quasiment pour vous !

Météo et sécurité : peut-on aller voir l’épave dans toutes les conditions
C’est la partie que les guides oublient, et pourtant c’est de loin la plus importante.
Sur ces 3,5 km, il n’y a strictement aucun abri. Pas un rocher, pas un bâtiment, pas un arbre, rien. Vous êtes sur une plaine de sable noir totalement exposée, où le vent monte très vite et où les tempêtes de sable existent pour de vrai. Si ça tourne mal à mi-chemin, vous êtes à 1h de votre voiture, dans les deux sens.
Et ce n’est pas théorique : en janvier 2020, deux touristes sont morts d’hypothermie sur ce sentier pendant une tempête. Le chemin est balisé, oui, mais par blizzard ou de nuit, sur une plaine sans le moindre repère, ça ne suffit pas.
Je me souviens de la première fois où je l’ai fait, en 2016, aucune installation ou indication, temps pas top top, et quand ça se gâtait on pouvait tout à fait perdre toute notion de lieu car on ne voyait plus les paysages pour se repérer, on n’était que sur une immense plage de sable noir avec… du rien tout autour et un vent à défriser un mouton.
Mes règles, toutes simples :
- Consultez vedur.is (météo) et safetravel.is avant de partir. Toujours, même en juillet.
- Vent annoncé au-delà de 15 m/s, ou alerte jaune : renoncez, ou prenez la navette.
- En hiver, partez au moins 3h avant le coucher du soleil.
- Coupe-vent imperméable obligatoire. Le vent seul suffit à vous refroidir, même par beau temps.
- Téléchargez la carte hors ligne et l’application 112 Iceland. Le réseau est mauvais sur le sandur.
- Prenez de l’eau ! Il n’y en a nulle part.
Rien de tout ça n’est dramatique par beau temps, hein : c’est une balade plate et facile. Mais l’Islande change d’avis en 20 minutes, et là il n’y a nulle part où se réfugier.


Quand aller au DC-3 pour être (presque) seul
Le site est ouvert 24h/24 toute l’année, et c’est un vrai avantage.
Avant 10h et après 17h, c’est-à-dire en dehors des horaires de navette, la fréquentation s’effondre. C’est aussi bête que ça : la grande majorité des visiteurs arrive en navette ou en excursion organisée, et ces deux flux s’arrêtent à 17h. Faites le calcul 🙂
Par saison :
- Été : bondé de 10h à 17h. Mais avec le soleil de minuit, une visite à 22h ou à 6h du matin se fait parfaitement, et là c’est très sympa. Le gros souci quand il y a du monde, c’est de voir tous ces gens irrespectueux qui saccagent l’épave, la taguent, tirent les fils…
- Mi-saison (mai, septembre) : le meilleur compromis à mon avis. Jours encore longs et beaucoup moins de monde.
- Hiver : très peu de monde, lumière superbe, et possibilité de voir des aurores boréales au-dessus de l’épave. Mais le créneau est riquiqui : nuit à 16h, navette qui s’arrête plus tôt, et marche risquée. À réserver aux gens équipés et prudents.
Si vous hésitez encore sur la période de votre voyage, tout est détaillé dans mon article sur quand partir en Islande.
Et pour le drone ? Sólheimasandur ne figure pas sur la liste des zones où le vol récréatif est interdit (contrairement à Skógafoss et Dyrhólaey, juste à côté, qui sont eux formellement interdits depuis mai 2026). Mais c’est une propriété privée, et en Islande décoller d’un terrain privé demande l’accord du propriétaire.
Ajoutez l’enregistrement obligatoire sur flydrone.is (≈5 900 ISK pour 5 ans, l’enregistrement européen est reconnu) et le plafond de 120 m. Et surtout : dans les faits, c’est le vent qui décidera pour vous. Sur un sandur, entre les rafales et le sable abrasif, votre drone ne va pas aimer. Mais ça se fait bien!
Depuis l’été 2025, il y a deux avions sur Solheimasandur
L’épave d’origine se dégrade année après année (enfin non, l’épave est dégradée par les touristes d’année en année).
En mars 2025, les propriétaires ont donc racheté un autre Douglas DC-3, le « Gunnfaxi » (immatriculé TF-ISB), un ancien avion de ligne islandais qui n’avait plus volé depuis 1976. Il a été convoyé depuis Keflavik de nuit avec escorte policière en juin 2025, garé quelques semaines dans un champ le temps d’être retapé, puis installé sur le sable à côté de l’épave de 1973 dans le courant de l’été 2025.
Concrètement, quand vous arrivez au bout des 3,5 km, vous trouvez maintenant deux DC-3 sur le sable, séparés de quelques centaines de mètres. Pas collés l’un à l’autre, mais largement dans le même champ de vision : sur une plaine aussi nue, on voit le second de très loin.
Et le contraste entre les deux est saisissant. Le Gunnfaxi est un avion complet : ailes, moteurs, dérive, fuselage blanc crème avec sa bande sombre et sa livrée d’ancienne compagnie islandaise. Il est même posé sur des dalles glissées sous les roues pour ne pas s’enfoncer dans le sable. Ce n’est donc pas un avion « échoué », c’est un avion garé, et ça se voit tout de suite. L’épave de 1973, elle, n’est plus qu’une coque nue : pas d’ailes, pas de moteurs, pas de queue, du métal rongé et des graffitis.
Autrement dit : l’un ressemble à un avion, l’autre ressemble à une épave. C’est le second que vous êtes venu voir, et c’est le seul dans lequel on peut entrer.
Si vous cherchiez la photo classique de la carcasse toute seule au milieu du vide, sachez-le avant de partir : selon l’angle, vous aurez l’autre appareil dans le cadre.
Autour de cet ajout, il y a eu une belle bagarre locale. Le musée des transports de Skógar voulait récupérer le Gunnfaxi pour le conserver. Les propriétaires — l’association foncière Loðmundur — ont bien accepté de le céder, mais à une condition : qu’on leur fournisse un autre DC-3 à poser sur le sable à la place ! Autant dire une impasse. Une association, les « Amis de Gunnfaxi », a alors lancé une collecte nationale à l’automne 2025 pour sortir l’appareil du sable. Ça n’a pas marché, et l’association a jeté l’éponge en mars 2026, remboursant ses donateurs avant de se dissoudre. Le directeur de Loðmundur a eu cette phrase, rapportée par le Morgunblaðið : « Je préfère encore que l’avion se détruise sur le sable plutôt qu’il aille chez vous, au musée. » Ambiance.
Le projet des propriétaires est maintenant de le mettre en valeur sur place, sur un socle — les dalles sous les roues et les travaux de carrosserie visibles sur les photos de 2026 montrent que c’est déjà bien engagé. Une partie des Islandais parle ouvertement de « disneyfication » du site : on remplace une épave authentique, qui s’efface doucement, par un avion installé là exprès. Le débat n’est pas tranché, et l’aspect du site va probablement encore bouger dans les prochaines années.

Les autres épaves d’avion en Islande
Il y en a plusieurs, mais une seule est vraiment une alternative touristique.
Le DC-3 d’Eyvindarholt, à côté de Seljalandsfoss
C’est celui que beaucoup de gens ont en tête sans savoir le nommer : un DC-3 au nez rouge, posé dans un champ à quelques minutes de Seljalandsfoss et Gljúfrabúi.
- GPS : 63.6484, -19.9398
- 200 m de marche depuis le parking. Voiture normale, aucune piste galère.
- Parking payant : 1 000 ISK (≈7 €) pour une voiture, 1 300 ISK pour un van — même système Parka
- Il y a des toilettes ! Et même une borne de recharge électrique
- Ouvert 24h/24 toute l’année, site officiel : planewreck.is
Un petit point d’honnêteté quand même : ce n’est pas une épave in situ. C’est un C-47 de 1944, accidenté en 1969 à Sauðanes dans le nord-est, dont le fuselage a été transporté à Eyvindarholt en 2023 et installé là exprès pour le tourisme. On n’a donc pas du tout la même émotion qu’à Sólheimasandur : pas de plaine infinie, pas de solitude, pas de « waouh ». Mais l’appareil est en bien meilleur état, il y a beaucoup moins de monde, et surtout c’est 5 minutes au lieu de 2h30.
Si vous êtes très serrés en temps, avec des enfants en bas âge, ou si la météo est pourrie le jour où vous passez : allez là. Vous cochez la case « épave d’avion » sans y laisser une demi-journée 🙂
Les épaves de la Seconde Guerre mondiale, sur Reykjanes
La péninsule de Reykjanes, autour de Fagradalsfjall, est parsemée de sites de crash de la Seconde Guerre mondiale : un B-24 Liberator, un Sunderland, plusieurs Hudson, un Canso… Le plus connu est celui du B-24 « Hot Stuff », écrasé le 3 mai 1943, qui a tué 14 personnes dont le général Frank M. Andrews. Un monument y a été inauguré en 2018.
Mais soyons clairs : ce ne sont pas des avions, ce sont des champs de débris épars, souvent recouverts de mousse, à trouver hors sentier avec le GPS à la main, dans des champs de lave. Ce sont aussi des tombes de guerre : on regarde, on ne touche à rien. Et une partie de la zone est affectée par les éruptions depuis 2021, donc vérifiez safetravel.is. Bref, c’est un sujet pour passionnés d’histoire, pas une étape d’itinéraire.
L’épave de Héðinsfjörður, dans le nord
Sur le flanc du Hestfjall, entre Siglufjörður et Ólafsfjörður, se trouve le site du crash le plus meurtrier de l’histoire islandaise : un DC-3 de Flugfélag Íslands, le 29 mai 1947, 25 morts, aucun survivant. Là encore, l’appareil a brûlé et s’est désintégré : il ne reste que des débris et une croix celtique érigée en 1997. Accès par randonnée en montagne, aucun aménagement. C’est un lieu de mémoire, pas une attraction.
Ce qu’on vous raconte parfois et qui n’existe pas
Petit point de vigilance, parce que certaines épaves circulent sur les forums sans exister :
- Stokksnes / Hvalnes : pas d’épave d’avion. Le site est payant (1 000 ISK par personne), mais pour le Vestrahorn, la plage noire et le village viking de cinéma.
- Skálavík, dans les Westfjords : rien de documenté, ni en anglais ni en islandais.
- Núpsstaðarskógar : rien non plus. La confusion vient probablement du DC-4 « Geysir », écrasé sur le Vatnajökull en 1950 — dont l’épave est ensevelie sous la glace et totalement inaccessible.
Y aller sans voiture : l’agence, ou rien
Là c’est net : aucun bus public ne dessert le parking de l’épave.
La ligne Strætó 52 (Reykjavik-Höfn) passe physiquement devant, mais ne s’y arrête pas — et elle ne circule que 4 fois par semaine (mardi, jeudi, vendredi, dimanche) depuis la réforme du réseau interurbain de janvier 2026. L’arrêt le plus proche est Skógar (environ 7 200 ISK l’aller simple depuis Reykjavik), et de là il faudrait se taper 6 à 10 km le long de la route 1 sans trottoir. Autant dire non. En Islande, les seules liaisons en bus vraiment pratiques restent celles entre l’aéroport de Keflavik et le centre de Reykjavik. J’ai détaillé tout le reste dans mon article sur comment visiter l’Islande sans voiture.
La seule option réaliste, c’est l’excursion organisée depuis Reykjavik. Plusieurs opérateurs proposent une journée côte sud incluant le DC-3, avec la navette au sol comprise dans le prix — donc zéro marche.
Concrètement, sur ces journées :
- Durée : environ 12h, ramassage à Reykjavik
- Prix : autour de 150 à 180 € par personne
- Contenu type : Seljalandsfoss, Skógafoss, l’épave du DC-3 (navette incluse), Sólheimajökull, Dyrhólaey (où l’on peut voir des macareux en été), Reynisfjara
- Guide anglophone la plupart du temps, âge minimum souvent 8 ans
C’est cher rapporté à la journée, oui, mais c’est le prix de la côte sud sans voiture. Et honnêtement, sur ce format l’avion est un très bon ajout : vous n’y perdez qu’une heure au lieu d’une demi-journée. Pensez juste à bien choisir votre logement à Reykjavik, parce que le ramassage se fait très tôt le matin.
Et si vous avez une journée de rab dans la capitale avant ou après, j’ai listé tout ce qu’il faut voir à Reykjavik.
L’autre solution si vous voulez rester libre : loger à Skógar ou dans les environs de Vík, et louer une voiture sur place ou prendre un taxi pour la portion.
L’histoire du DC-3 en deux minutes
Le 21 novembre 1973, un Douglas Super DC-3 de l’US Navy (un R4D-8 / C-117D, immatriculé 17171) est contraint à un atterrissage d’urgence sur le sandur de Sólheimasandur. Selon les versions : givrage des moteurs, ou erreur de sélection de réservoir de carburant.
Le point important, et qu’on oublie souvent de dire : tout l’équipage a survécu. C’est utile à savoir quand on visite, parce que beaucoup de gens abordent le site comme un lieu de drame, ce qu’il n’est pas du tout.
L’armée américaine a récupéré ce qui l’intéressait puis a laissé la carlingue sur place. Elle y est restée plus de cinquante ans, dépouillée de ses ailes, de son moteur et de tout ce qui pouvait être emporté, à s’enfoncer doucement dans le sable noir.
Deux petites règles quand même : on peut entrer dans la carlingue, mais il est demandé de ne pas monter sur le fuselage ni sur les ailes. C’est fragile, ça se déforme, et ça finit toujours par la photo de trop. Et le camping sur le site est formellement interdit.
FAQ : l’épave de l’avion DC-3 en Islande
Combien de temps faut-il prévoir en tout ?
À pied, comptez 2h à 2h30 depuis votre voiture : environ 45 min à 1h à l’aller, 20 à 30 min sur place, autant au retour. Le retour est toujours un peu plus long, avec le vent de face. En navette, l’ensemble tient en 1h environ, trajets et photos compris. Ajoutez le temps de route depuis Reykjavik, soit 2h15 à 2h30 dans chaque sens.
Le parking est-il vraiment payant ?
Oui. 750 ISK pour une voiture standard, 1 000 ISK pour un van, valables 24h. Il n’y a aucun horodateur sur place : le paiement se fait en ligne sur parka.is par lecture de plaque, jusqu’à 24h après votre départ. En cas d’oubli, une pénalité de 1 960 ISK s’ajoute et sera refacturée par votre loueur.
Peut-on aller en voiture jusqu’à l’avion ?
Non, c’est interdit depuis le printemps 2016. Les propriétaires ont fermé la piste parce que le hors-piste sauvage abîmait le sandur. Seule la navette officielle est autorisée à circuler. S’engager sur le sable expose à une pénalité de 100 000 ISK (environ 700 €) des propriétaires, en plus des sanctions légales islandaises pour hors-piste, qui sont lourdes.
Peut-on y aller en hiver ?
Oui, et c’est même la plus belle période pour la lumière et la tranquillité. Mais c’est aussi la plus risquée : deux personnes sont mortes d’hypothermie sur ce sentier en janvier 2020. Vérifiez vedur.is, partez 3h avant le coucher du soleil, et par mauvais temps prenez la navette ou renoncez.
Y a-t-il des toilettes sur place ?
Non, il n’y a rien : ni toilettes, ni eau, ni nourriture, ni abri, ni au parking ni sur les 3,5 km. Les dernières toilettes sont à Skógafoss ou à Vík. À noter que l’autre épave, celle d’Eyvindarholt, en a.
Peut-on entrer dans l’avion ?
Oui, on peut entrer dans la carlingue de l’épave de 1973, qui est ouverte et vide. En revanche il est demandé de ne pas grimper sur le fuselage ni sur les ailes : la structure est fragile et se déforme sous le poids. Beaucoup de gens le font quand même, ce qui accélère la dégradation de l’appareil.
Y a-t-il eu des morts dans le crash ?
Non, tout l’équipage a survécu à l’atterrissage d’urgence du 21 novembre 1973, sans blessé grave. Ce n’est donc pas un lieu de drame, contrairement à ce que beaucoup imaginent. Les seuls décès liés au site sont ceux de deux touristes morts d’hypothermie sur le chemin d’accès en janvier 2020.
Est-il vrai qu’il y a deux avions sur le site ?
Oui, depuis l’été 2025. Les propriétaires ont installé sur le sable un second DC-3, le « Gunnfaxi », un ancien avion de ligne islandais bien plus complet que l’épave d’origine. Les deux appareils sont séparés de quelques centaines de mètres. L’épave de 1973 reste la seule dans laquelle on peut entrer.
Est-ce que ça vaut le coup si je n’ai qu’une journée sur la côte sud ?
Non, je ne le conseille pas. Sur une seule journée, 2h30 pour un site qui se visite en 20 min, c’est trop cher payé. Prenez plutôt la navette, ou allez voir l’épave d’Eyvindarholt près de Seljalandsfoss qui ne demande que 200 m de marche.
Dans quel état est l’avion
C’est super triste car les touristes dégradent l’épave. Tirent les cables, sautent sur l’épave, le taguent, des bouts tombent (le nez a disparu). Donc non il n’est pas en bon état, en vrai moins bon état qu’avant mais parce que personne va indiquer ce qu’il faut faire ou pas faire. Donc il y aura toujours quelques décérébrés pour aller dégrader l’appareil.
En conclusion
- Vous pouvez découvrir dans l’article suivant les infos indispensables pour votre voyage en Islande !
Voilà voilà, vous savez tout !
L’épave du DC-3 est un endroit vraiment particulier, et je comprends complètement pourquoi elle est devenue l’un des lieux les plus photographiés d’Islande. Mais c’est une visite qui se mérite : 7 à 8 km de marche sur une plaine sans le moindre intérêt, un parking payant, aucune infrastructure, et une météo qui peut vous cueillir en dix minutes.
Ma recommandation en une phrase : si vous avez le temps, allez-y à pied très tôt le matin ou en fin de journée (en haute saison), vous serez seuls et ça change absolument tout. Si vous êtes serrés ou en famille, prenez la navette sans culpabiliser une seconde. Et si vraiment le temps manque, le DC-3 d’Eyvindarholt à côté de Seljalandsfoss vous donnera votre photo d’avion pour 5 minutes d’effort.
Mais est-ce indispensable? non. Surtout maintenant avec la dégradation de l’appareil.
Dans tous les cas : regardez la météo avant de partir, prenez un coupe-vent, et payez votre parking le soir même ! Et si vous préparez encore votre itinéraire, pensez à récupérer mon guide PDF gratuit sur l’Islande, tout y est. Vous ne le regretterez pas 🙂
Pour se faciliter la vie et la préparation des voyages, j’ai créé une carte interactive de l’Islande. Elle comprend :
- les endroits indispensables
- les cascades, randonnées, bains thermaux…
- les activités
- les logements
- bref, tout ce dont vous avez besoin!
Autres ressources concernant l’Islande
J’ai écrit pas mal de choses sur l’Islande. Les articles suivants devraient vous intéresser, du moins je l’espère!
Généralités sur l’Islande
- Préparer son séjour en Islande – voici toutes les infos indispensables pour votre futur séjour dans ce superbe pays
- Quand partir en Islande – découvrez mois par mois ce que vous pouvez faire dans le pays
- Quel type de voiture louer en Islande – quel type de voiture, faut-il une assurance, comment rouler sur les routes F, je vous dis tout !
- Visiter l’Islande sans voiture – ce qui est réellement faisable en bus, et ce qui ne l’est pas du tout
- Les 35 plus beaux endroits d’Islande – je vous indique ce que vous ne devez pas manquer dans le pays !
- Que faire en Islande – grotte de glace, motoneige, aurores boréales… je vous donne toutes les activités indispensables !
- La meilleure carte de l’Islande – une carte interactive avec les plus beaux endroits, les balades, les cascades, les logements…
- Un guide de voyage gratuit sur l’Islande – avec toutes les informations indispensables pour passer de super vacances!
La côte sud et les itinéraires
- Les plus beaux endroits de la côte sud d’Islande – parce qu’il faut plusieurs jours pour découvrir cette région, et que l’avion n’en est qu’une étape
- Découvrir Vik i Myrdal – la petite ville à 27 km de l’épave, idéale pour dormir sur place
- Les hôtels sur la côte sud de l’Islande – pour vous conseiller sur les bons endroits où dormir et éviter les pièges
- Découvrir l’Islande par la route circulaire – quels sont les principaux endroits à voir lors de cet itinéraire
- Que voir dans le Cercle d’Or – les 5 endroits incroyables à voir dans cette région emblématique
Pour aller plus loin
- Où, quand et comment voir les aurores boréales – parce qu’en hiver, le sandur est un superbe spot d’observation
- Où et quand voir les macareux en Islande – les meilleurs endroits pour croiser ces drôles d’oiseaux
- Quels modes de transport entre Reykjavik et l’aéroport – bus, navettes, taxis… voici toutes les possibilités












