Prendre le ferry aux Iles Canaries

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Bon, autant le dire tout de suite : sur les treize lignes de ferry des Canaries, j’en ai pris une. Une seule, la plus petite évidemment. La navette de La Graciosa, vingt-cinq minutes, même pas de voiture à bord. Pas exactement de quoi me prendre pour un vieux loup de mer! Enfin, pas ici. Ce n’est pas parce que je ne le voulais pas, mais parce que mes séjours ne s’y prêtaient pas. Lanzarote et La Palma sont totalement à l’opposé, par exemple.

Sauf que les ferries et les balades en bateau, à force, c’est un peu devenu mon dada dans d’autres destinations. J’ai passé des mois à éplucher les traversées norvégiennes au point d’en faire un site entier, et j’ai fini par comprendre un truc : sur ces lignes-là, l’information publiée est presque toujours fausse ou périmée. Les Canaries ne font pas exception. J’ai donc repris le sujet à zéro, ligne par ligne, chez les compagnies elles-mêmes. Pas chez les comparateurs, pas chez les blogs : chez Fred. Olsen, Baleària, Líneas Romero.

Un mot pour situer, parce que ça change tout ce qui suit : cet article est surtout écrit pour ceux qui roulent. Si vous avez une voiture de location et que vous voulez la garder d’une ile à l’autre, le ferry n’est pas une option parmi d’autres, c’est la seule. Si vous voyagez à pied, vous trouverez aussi votre compte, l’avion vous concernera davantage, mais vous trouverez aussi toutes les informations qui vous intéressent.

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Les lignes de ferries qui relient les iles Canaries

⛴️ Les liaisons en ferry entre les iles Canaries

Cliquez une ligne sur la carte — ou un nom sous la carte — pour la durée, les compagnies, le tarif et la réservation. Zoomez avec les boutons +/− ou à la molette après un clic sur la carte.

Durées, fréquences et compagnies relevées en août 2026 chez les armateurs. Tarifs d'appel non-résidents, par personne et par trajet : la bonification de 75 % réservée aux résidents des Canaries ne s'applique pas aux visiteurs. Les prix voiture sont relevés un par un dans les moteurs de réservation des compagnies, aucune ne publiant de barème véhicule.

Les 13 liaisons en un coup d’œil

La carte répond bien à « je veux aller de telle ile à telle autre ». Elle répond moins bien à « montrez-moi tout, vite ». Alors voici le réseau entier, en une page, groupé par étoile.

Une seule chose à savoir pour le lire : les traversées ne sont indiquées que dans un sens, mais elles fonctionnent évidemment dans les deux. Les mettre deux fois aurait donné vingt-six lignes pour treize bateaux.

Étoile ouest — tout part de Los Cristianos (Tenerife)

Aucune de ces trois iles n'est reliée aux autres : tout repasse par Tenerife.

TraverséeDuréeDépartsCompagniesVoiture + 1 pers.
Tenerife → La GomeraLos Cristianos → San Sebastián50 min5/jourFred. Olsen · Baleàriadès 60 €Comparer
Tenerife → La PalmaLos Cristianos → Santa Cruz de La Palma2 h 304/jourFred. Olsen · Baleàriadès 62 €Comparer
Tenerife → El HierroLos Cristianos → Puerto de La Estaca2 h 20quotidienFred. Olsen · Baleàriadès 77 €Comparer

La charnière — le seul lien entre les deux moitiés de l'archipel

Deux compagnies, deux ports différents, seize euros d'écart.

TraverséeDuréeDépartsCompagniesVoiture + 1 pers.
Gran Canaria → TenerifeAgaete → Santa Cruz1 h 208/jourFred. Olsendès 54 €Comparer
Gran Canaria → TenerifeLas Palmas → Santa Cruz1 h 408/jourBaleàriadès 70 €Comparer

Étoile est — autour de Las Palmas (Gran Canaria)

Les traversées longues du réseau, dont deux de nuit avec cabines.

TraverséeDuréeDépartsCompagniesVoiture + 1 pers.
Fuerteventura → Gran CanariaMorro Jable → Las Palmas2 h4/jourFred. Olsen · Baleàriadès 72 €Comparer
Fuerteventura → Gran CanariaPuerto del Rosario → Las Palmas · de nuit6 h 151/jourBaleàriadès 77 €Comparer
Lanzarote → Gran CanariaArrecife → Las Palmas · de nuit6 à 10 hquotidienBaleàriadès 126 €Comparer
Fuerteventura → LanzarotePuerto del Rosario → Arrecife · 3 h du matin2 h1/semaineBaleàriadès 47 €Comparer

Les navettes locales — sans passer par une capitale

Courtes, fréquentes, et pour deux d'entre elles sans voiture à bord.

TraverséeDuréeDépartsCompagniesVoiture + 1 pers.
Lanzarote → FuerteventuraPlaya Blanca → Corralejo25-35 min12/jourFred. Olsen · Baleària · Romerodès 43,70 €Comparer
Lanzarote → La GraciosaÓrzola → Caleta de Sebo25 min9/jourRomero · Biosferapas de voitureComparer
Fuerteventura → LobosCorralejo → Isla de Lobos · autorisation15 minplusieurs/jourRomeropas de voitureComparer
La Gomera, la côte sudSan Sebastián · Playa Santiago · Valle Gran Rey30-70 min3/jourFred. Olsenpas de voitureComparer

Prix voiture + 1 personne, aller simple, tarif visiteur non-résident, relevés en août 2026 dans les moteurs de réservation des compagnies. Ce sont des ordres de grandeur : le montant du jour dépend de la date et se voit à la réservation.

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Deux réseaux, pas un archipel

Alors ça, c’est LE truc à comprendre avant de bâtir un itinéraire. Et c’est pas forcément évident à voir au premier coup d’oeil.

On imagine les Canaries comme une chaine d’iles reliées entre elles de proche en proche. Eh bien non, pas du tout. Ce sont deux étoiles séparées, avec un seul point de contact.

À l’ouest, tout tourne autour de Tenerife, Los Cristianos, au sud de l’ile. La Gomera, La Palma et El Hierro y sont reliées — et à rien d’autre. Aucun bateau direct ne relie La Gomera à La Palma. Aucun ne relie La Palma à El Hierro. Aucun ne relie La Gomera à El Hierro. Vous verrez pourtant les compagnies vendre ces trajets : ce sont des billets avec correspondance, pas des traversées. Pour passer de l’une à l’autre, il faut repasser par Tenerife. À chaque fois.

À l’est, tout tourne autour de Las Palmas, avec en plus une navette Corralejo – Playa Blanca qui relie Fuerteventura à Lanzarote directement — la traversée la plus utile de l’archipel si vous enchainez les deux iles.

Et entre les deux moitiés : une seule charnière, Tenerife – Gran Canaria.

Donc si vous rêviez d’un Lanzarote – La Palma en bateau : c’est trois traversées et deux jours de votre séjour. Franchement, prenez l’avion — et si vous tenez absolument à garder la voiture, mieux vaut revoir l’itinéraire que de s’infliger ça.

Côté pratique : quel port, quelle ile?

Les noms de ports canariens sont un nid à erreurs de réservation. Santa Cruz de Tenerife et Santa Cruz de La Palma sont deux ports différents, sur deux iles différentes, et les moteurs de réservation les affichent souvent l’un sous l’autre. Gardez ce tableau sous la main :

Le port L’ile
Las Palmas, Agaete Gran Canaria
Santa Cruz de Tenerife, Los Cristianos Tenerife
Santa Cruz de La Palma La Palma
San Sebastián, Playa Santiago, Valle Gran Rey La Gomera
Puerto de La Estaca El Hierro
Arrecife, Playa Blanca, Órzola Lanzarote
Corralejo, Puerto del Rosario, Morro Jable Fuerteventura
Caleta de Sebo La Graciosa
Huelva, Cadix Andalousie, sur le continent

 

Deux pièges à retenir. Las Palmas est sur Gran Canaria, pas sur La Palma — ce sont deux iles à 300 km l’une de l’autre. Et Puerto del Rosario est le chef-lieu de Fuerteventura, à ne pas confondre avec Puerto de La Estaca, qui est sur El Hierro.

Les différentes compagnies de ferries dans les Iles Canaries

Trois familles de compagnies se partagent l’archipel.

Fred. Olsen Express, c’est l’historique. Une famille d’armateurs norvégiens installée à Tenerife depuis des décennies, des trimarans rapides qui filent jusqu’à 38 nœuds. Sept liaisons. Ce sont eux qui font Tenerife – Gran Canaria en 1h20, et c’est la flotte la plus rapide des Canaries.

Baleària Canarias, et là attention, parce que c’est tout frais : le 18 mai 2026, Baleària a repris les activités canariennes d’Armas Trasmediterránea. Les deux marques cohabitent encore le temps de la transition, mais il n’y a plus deux réseaux concurrents, il n’y en a plus qu’un. Neuf liaisons, des fast ferries de jour sur les axes courts et de vrais navires à cabines pour les traversées de nuit. Si vous allez sur leur site, oui vous trouverez les lignes des Iles Canaries, mais vous serez discrètement redirigés vers le site de Balearia

Líneas Romero et Biosfera Express, enfin, ce sont les petits du nord de Lanzarote. La Graciosa depuis Órzola, Lobos depuis Corralejo, et Líneas Romero est aussi sur Corralejo – Playa Blanca.
Là où ça se bagarre vraiment, c’est sur cinq lignes seulement : les trois au départ de Los Cristianos, Corralejo – Playa Blanca, et Morro Jable – Las Palmas. Partout ailleurs, monopole. Et ça se sent sur les tarifs.

Le cas le plus rigolo, c’est Tenerife – Gran Canaria : les deux compagnies s’affrontent depuis des ports différents. Fred. Olsen arrive à Agaete, au nord-ouest, et gagne vingt minutes sur l’eau. Baleària arrive à Las Palmas, en pleine ville. Sauf qu’Agaete est à une trentaine de kilomètres de la capitale — Fred. Olsen affrète une navette de bus gratuite pour compenser.
Donc si vous allez à Las Palmas, l’avantage disparait. Si vous allez dans le nord de l’ile, il est réel. Le choix du port dépend donc surtout de l’endroit où vous dormez. D’ailleurs j’ai détaillé les quartiers dans où se loger à Gran Canaria et où dormir à Lanzarote.

Quel est le prix d’un trajet de ferry aux iles Canaries

Voici ce que j’ai relevé, en aller simple, tarif visiteur non-résident. La colonne qui vous intéresse est sans doute la dernière : c’est le prix réel d’une voiture avec son conducteur. Mais j’ai aussi mis pour les piétons.

J’indique entre parenthèses chez qui je l’ai relevé, parce que — vous allez voir — sur certaines lignes ça change tout. Chaque traversée renvoie vers son comparateur pour vos dates :

Traversée Durée À pied Voiture + 1 pers.
Órzola – La Graciosa 25 min 16 € pas de voiture
Playa Blanca – Corralejo 25 à 35 min 31 € 43,70 € (Bal.) · 46 € (F.O.)
Puerto del Rosario – Arrecife 2h15, 1 fois/semaine 47 € (Bal.)
Agaete – Santa Cruz de Tenerife 1h20 48 € 54 € (F.O.)
Los Cristianos – San Sebastián de La Gomera 50 min 40 € 60 € (F.O.) · 61 € (Bal.)
Los Cristianos – Santa Cruz de La Palma 2h30 49 € 62 € (F.O.) · 62,50 € (Bal.)
Las Palmas – Santa Cruz de Tenerife 1h40 60 € 70 € (Bal.)
Morro Jable – Las Palmas 2h 55 € 72 € (F.O.) · 77 € (Bal.)
Los Cristianos – Puerto de La Estaca 2h20 77 € (F.O.)
Puerto del Rosario – Las Palmas 6h15, de nuit 62 € 77 € (Bal.)
Arrecife – Las Palmas 6 à 10h, de nuit 112 € 126 € (Bal.)

 

F.O. = Fred. Olsen Express, Bal. = Baleària Canarias. Quand les deux chiffres figurent, c’est que les deux compagnies font la ligne et que j’ai relevé les deux.

Alors regardez cette colonne de droite de près, parce qu’il y a plusieurs choses dedans.
D’abord la bonne surprise : sur Agaete – Santa Cruz, la voiture ne coûte que six euros de plus que le billet piéton. Ailleurs le supplément tourne entre dix et vingt euros. Autrement dit : embarquer sa voiture entre Gran Canaria et Tenerife coûte à peu près le prix d’un sandwich. Comparez ça au fait de rendre le véhicule, prendre l’avion et en relouer un autre à l’arrivée…

Ensuite, la comparaison entre compagnies, que je n’ai vue nulle part ailleurs. Sur Gran Canaria – Tenerife, les deux compagnies ne partent pas du même port, et l’écart est massif : 54 € par Agaete chez Fred. Olsen, 70 € par Las Palmas chez Baleària. Seize euros pour relier les deux mêmes iles. Si vous ne dormez pas spécifiquement à Las Palmas, passez par Agaete — la navette de bus est comprise, et vous économisez le prix d’un bon repas.

Sur Fuerteventura – Gran Canaria, même logique : 72 € depuis Morro Jable chez Fred. Olsen contre 77 € chez Baleària au départ du même port. Mais Baleària a une carte que Fred. Olsen n’a pas — la ligne de nuit depuis Puerto del Rosario, également à 77 €. Si vous logez dans le centre ou le nord de Fuerteventura, les deux heures de route évitées jusqu’à Morro Jable valent largement les cinq euros d’écart.

Et sur Corralejo – Playa Blanca, le classement s’inverse : Baleària passe devant à 43,70 € contre 46 € chez Fred. Olsen. L’écart est mince, et sur cette ligne-là c’est surtout l’horaire qui doit décider — chaque compagnie part environ toutes les deux heures, ce qui fait jusqu’à douze traversées par jour une fois les trois cumulées.

Sur les deux lignes au départ de Los Cristianos, en revanche, c’est match nul. Vers La Gomera, 60 € chez Fred. Olsen contre 61 € chez Baleària. Vers La Palma, 62 € contre 62,50 €. Un euro d’écart, autant dire zéro : sur ces deux traversées, prenez simplement celui qui part quand ça vous arrange. Et il y a du choix — jusqu’à cinq départs par jour vers La Gomera, du matin au début de soirée.

Une dernière ligne mérite un mot : Arrecife – Las Palmas à 126 € avec la voiture, c’est de loin la plus chère de l’archipel, et c’est logique — six à dix heures de mer, de nuit, sur un vrai navire à cabines. Si vous devez relier Lanzarote à Gran Canaria en voiture, c’est le seul bateau direct. Et non, couper par Fuerteventura ne vous fera pas économiser : 47 € pour Puerto del Rosario – Arrecife plus 77 € pour Puerto del Rosario – Las Palmas, ça fait 124 €, soit deux euros de moins que le direct. Autant dire rien.

D’autant que cette ligne Puerto del Rosario – Arrecife, que j’ai mise dans le tableau par honnêteté, n’est pas vraiment une option : un seul départ par semaine, le lundi à 3 h du matin, arrivée à 5 h 15. Pour passer de Fuerteventura à Lanzarote, on prend Corralejo – Playa Blanca, point. Je vous la signale surtout pour que vous ne la découvriez pas en croyant avoir trouvé un bon plan.

Si vous voulez vraiment relier Lanzarote à Gran Canaria en coupant, faites-le en trois temps par Corralejo puis Morro Jable, et prévoyez d’y dormir. C’est un itinéraire de vacances, pas un raccourci.

Et maintenant le piège, parce qu’il y en a un gros. En cherchant vous allez tomber sur des tarifs à 11 €, 13 €, 15 €, affichés en énorme sur les sites des compagnies. Vous allez vous dire chouette, c’est donné! Eh non. Ce sont les tarifs résidents, et vous n’y avez pas droit.

Les Canariens ont 75 % de réduction sur les traversées entre iles. Ce n’est pas une promo, c’est un dispositif public : 50 % payés par l’État espagnol, plus 25 % ajoutés par le gouvernement des Canaries. Et la condition, ce n’est pas la nationalité — c’est la résidence effective aux Canaries, contrôlée au guichet. Un Français qui vit en France n’y a pas droit. Un Français installé à Tenerife, si.

En gros : sur ces sites, le petit prix n’est jamais pour vous.

Une précision sur le tableau : les deux colonnes n’ont pas été relevées au même moment, et le tarif piéton et le tarif voiture ne relèvent pas toujours de la même classe de billet. L’écart entre les deux donne donc un ordre de grandeur du supplément véhicule — assez fiable pour décider, pas assez pour être annoncé à l’euro près.

Quand vous réservez, faites vraiment attention à bien cocher “non résident”

Prendre sa voiture en ferry

Vous l’avez compris, c’est le cœur du sujet. Et c’est aussi le point sur lequel les compagnies sont les plus discrètes.

Avant même de penser à l’embarquer, encore faut-il l’avoir choisie : j’ai comparé les agences et les prix dans louer une voiture à Gran Canaria. mais aussi à Lanzarote, où ça ne coute vraiment pas cher.

Ensuite, les véhicules sont classés par gabarit et pas au mètre. Chez Fred. Olsen, un « turismo » fait moins de 1,90 m de haut et moins de 5 m de long. Un seul des deux seuils dépassé et vous basculez en « véhicule grand », nettement plus cher. Motos et scooters ont leur tarif à part. Donc si vous avez un coffre de toit ou un van : mesurez avant de réserver, pas au guichet.

Et là, il faut que je sois honnête avec vous : aucune compagnie ne publie de grille voiture toute faite. Les tarifs affichés sur les pages d’accueil sont des prix résidents ou des promos ponctuelles. Les onze chiffres du tableau plus haut, je suis allé les chercher un par un dans les moteurs de réservation de Fred. Olsen et de Baleària, en cochant « non résident » à chaque fois — c’est le seul endroit où le vrai prix apparait.

Bonne nouvelle au passage : le supplément véhicule est bien plus doux qu’on ne le craint. Entre dix et vingt euros sur la plupart des lignes, six euros seulement entre Agaete et Santa Cruz. On imagine toujours que la voiture double la facture ; en réalité elle l’augmente d’un quart.

Trois réflexes avant d’embarquer une voiture :

Réservez la place véhicule à l’avance, elle est contingentée et elle part vite l’été. Présentez-vous 40 minutes avant le départ, contre 20 minutes pour un piéton — et le retard fait perdre la réservation, sans discussion.

Et surtout, vérifiez votre contrat de location : emmener une voiture de location sur une autre ile n’est pas toujours autorisé, et quand ça l’est ça peut piquer. J’avais testé le coup de la voiture prise sur une ile et rendue sur une autre dans mon article sur la location à Lanzarote : boum, 380 €! Ça se prépare avant.

Dernier point qu’on oublie toujours : avec un véhicule, les bagages ne sont plus limités. À pied, c’est 20 kg par personne.

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Ferry ou avion : ça dépend surtout de votre voiture

Sept iles sur huit ont un aéroport. Binter les dessert toutes, Canaryfly double huit liaisons mais n’en ouvre aucune de plus. Sur le papier, l’avion écrase tout : 40 minutes de vol contre 2h30 de mer.

Sauf que la vraie question n’est pas là. Elle est de savoir si vous conduisez.

Vous roulez avec une voiture : le bateau, point final

Si vous avez loué une voiture et que vous comptez rouler sur l’ile suivante, la comparaison n’existe pas. L’avion vous obligerait à rendre le véhicule, voler, et en relouer un à l’arrivée. Ça veut dire deux contrats au lieu d’un, deux passages au comptoir, deux états des lieux, deux franchises — et souvent un supplément salé si vous rendez le véhicule ailleurs qu’à l’agence de départ. J’avais testé le coup : boum, 380 €!

Le ferry, lui, vous embarque avec votre voiture chargée, vos bagages dedans, vos sièges enfants installés. Vous descendez la rampe et vous repartez.

Donc si vous conduisez, la seule chose à regarder c’est s’il existe un bateau direct. Quand il existe, prenez-le :

Vous voulez aller de… …à Le bateau Votre voiture + vous
Lanzarote Fuerteventura 25 min, jusqu’à 12/jour dès 43,70 €
Gran Canaria Tenerife 1h20, jusqu’à 8/jour dès 54 €
Fuerteventura Gran Canaria 2h, jusqu’à 4/jour dès 72 €
Lanzarote Gran Canaria de nuit, cabines dès 126 €
Tenerife La Gomera 50 min, jusqu’à 5/jour dès 60 €
Tenerife La Palma 2h30, jusqu’à 4/jour dès 62 €
Tenerife El Hierro 2h20, tous les jours dès 77 €

Regardez ces montants une seconde : six des sept liaisons vous transportent, vous et votre voiture, pour moins de 80 €. Un aller-retour à l’agence de location pour rendre un véhicule et en reprendre un autre coûte plus cher que ça rien qu’en frais de dossier, sans compter le temps.

Oui, Tenerife – La Palma prend 2h30 contre 40 minutes de vol. Mais avec votre voiture à bord, ces 2h30 remplacent une demi-journée de démarches et un second contrat de location. Le calcul n’est plus le même du tout.

Vous ne conduisez pas : là, l’avion reprend la main

Si vous enchainez les iles à pied, en bus ou en excursions organisées, vous n’avez pas beaucoup de raisons de vous imposer 2h30 de mer pour rejoindre La Palma ou El Hierro. Prenez l’avion sur ces grandes diagonales, et gardez le bateau pour les sauts courts où il gagne de toute façon.

Enfin, ça dépend aussi où vous logez, si votre ferry vous amène directement à votre point de logement, alors ça vaut le coup plutôt que de prendre l’avion.

Il faut savoir que les vols sont super rapides, à la base pas chers, mais si on s’y prend au dernier moment ça peut grimper rapidement.

Prendre le ferry en tant que piéton a du sens si vous y allez tranquilou et vous aimez prendre votre temps.

Vos deux iles n’ont pas de bateau direct : l’avion, sans hésiter

C’est le piège le plus fréquent, et il concerne 14 paires d’iles sur 21. Aucun bateau ne relie directement Lanzarote à Tenerife, Fuerteventura à Tenerife, Gran Canaria à La Palma, La Gomera à La Palma, ni El Hierro à quoi que ce soit d’autre que Tenerife.

Sur ces trajets-là, le ferry vous imposerait deux ou trois traversées avec correspondance — comptez la journée. L’avion le fait en une heure. Même avec une voiture de location, il vaut souvent mieux la rendre et en reprendre une.

Un cas mérite d’être signalé : La Gomera – La Palma n’a ni bateau direct ni vol direct. Il faut repasser par Tenerife dans les deux cas.

Trois cas où le bateau gagne quoi qu’il arrive

La Graciosa. Pas d’aéroport, pas de piste, rien. Le bateau, c’est le seul accès qui existe. Point.

Lanzarote – Fuerteventura. Deux iles voisines, onze kilomètres d’eau entre elles — et aucun vol direct. Zéro! Prendre l’avion vous oblige à un détour par Gran Canaria ou Tenerife, soit une demi-journée envolée. Le ferry met vingt-cinq minutes et part jusqu’à douze fois par jour. Là, franchement, la question ne se pose même pas.

La Gomera. L’aéroport de l’ile est à 34 km de San Sebastián, perdu dans le sud. Le port, lui, est en ville. Cinquante minutes de bateau depuis Los Cristianos et vous êtes au centre. L’avion, lui, vous largue dans la montagne.

Deux détails qui changent le calcul

L’enregistrement est étonnamment léger sur les vols intérieurs : Binter ferme l’embarquement 30 minutes avant, ce qui réduit l’écart. Mais les aéroports ne sont pas en ville — 18 km à Gran Canaria, 10 km à Tenerife Nord — alors que les ports de Las Palmas, Santa Cruz ou San Sebastián sont en plein centre. Et côté bagages, Binter n’inclut que 8 kg en cabine sur son tarif de base, sans soute, quand le ferry vous en accorde 20 — et l’illimité si vous avez la voiture.

Un mot sur les prix des vols, parce que je ne vais pas vous vendre une comparaison bidon : Binter ne publie aucun tarif d’aller simple entre iles, juste un forfait Airpass à 40 € le trajet avec minimum trois trajets. Canaryfly affiche des calendriers entre 13 et 24 € sans jamais préciser s’il s’agit du tarif résident ou du vôtre. Donc tous les comparatifs chiffrés que vous lirez ailleurs reposent sur du sable. Le seul vrai test, c’est vos dates dans les deux moteurs.

Plus beaux paysages Gran Canaria mirador Degollada de las Yeguas
Rues Puerto de Mogan Gran Canaria

Peut-on faire l’aller-retour dans la journée

Question qu’on me pose souvent! Et la réponse dépend entièrement de la ligne.

Un conseil avant la liste : pour une excursion à la journée, laissez la voiture au port et partez à pied. Vous économisez le tarif véhicule dans les deux sens, et sur des iles comme La Graciosa vous n’auriez de toute façon pas le droit de débarquer avec. C’est d’ailleurs tout à fait jouable de visiter Lanzarote sans voiture en s’appuyant sur les bus et les excursions.

Avec des enfants, la question se pose différemment — les traversées courtes passent très bien, les six heures de nuit beaucoup moins. J’en parle dans Lanzarote en famille.

Oui, largement : Lanzarote → Fuerteventura (25 min, jusqu’à 12 départs par jour, vous partez le matin et vous rentrez au diner sans y penser), Lanzarote → La Graciosa (25 min, 9 départs, l’aller-retour dans la journée est même le mode normal), Tenerife → La Gomera (50 min, jusqu’à 5 départs, une belle journée bien remplie).

Oui, mais serré : Gran Canaria ↔ Tenerife (1h20 à 1h40, jusqu’à 8 départs). Faisable, mais vous passez trois heures sur l’eau. À réserver aux gens qui ont un truc précis à faire de l’autre côté.

Non, oubliez : Tenerife → La Palma et Tenerife → El Hierro (2h20 à 2h30 dans chaque sens, et seulement quelques départs). Vous passeriez cinq heures en bateau pour trois heures sur place. Ces iles-là se dorment, point.

Et carrément non : tout ce qui se fait de nuit avec cabine, Arrecife – Las Palmas et Puerto del Rosario – Las Palmas. Ce ne sont pas des excursions, ce sont des étapes.

Les deux traversées qui valent le voyage en elles-mêmes

La Graciosa, la seule que j’ai faite

Bon, c’est la seule que j’ai faite, donc autant vous en parler pour de vrai.

Je n’avais pas prévu d’y aller. C’est la vue depuis le Mirador del Rio qui m’a fait changer mes plans en cours de séjour — on voit l’ile entière depuis là-haut, posée dans une eau turquoise, et on se dit qu’il faut y aller. J’ai fini par y passer deux nuits, en janvier.

La traversée part d’Órzola, tout au nord de Lanzarote. Vingt-cinq minutes annoncées par Líneas Romero — comptez plutôt une demi-heure quai à quai, embarquement compris, c’est la durée que vous verrez sur les billetteries. Neuf départs par jour, 16 € l’aller et 29 € l’aller-retour. Le bateau longe la falaise du Risco de Famara — six cents mètres de basalte qui tombent droit dans l’eau — et c’est déjà un spectacle à lui tout seul!

Et à l’arrivée, pas de voiture. Ni la vôtre ni celle de personne : la circulation motorisée est plafonnée par la mairie de Teguise, les rues ne sont même pas goudronnées. On débarque à pied ou à vélo, et c’est exactement ce qui fait le charme du truc! J’en ai fait un article complet ici si l’ile vous tente, et elle figure évidemment sur ma carte de Lanzarote avec le reste de mes coups de cœur.

Lobos, et son autorisation obligatoire

Celle-là, je ne l’ai pas faite, mais elle demande une préparation que beaucoup découvrent trop tard.

L’ilot de Lobos, en face de Corralejo, est protégé et l’accès est contingenté. Il faut une autorisation gratuite du Cabildo de Fuerteventura, à demander au moins trois jours à l’avance sur la plateforme Lobos Pass. Le quota est de 200 visiteurs en même temps, sur deux créneaux de quatre heures, soit 400 personnes par jour maximum.

Sans autorisation, on ne vous embarque pas. Point final. C’est contraignant, et c’est précisément pour ça que l’ile est restée ce qu’elle est.

Je mentionne aussi la ligne côtière de La Gomera, un mini-ferry qui relie San Sebastián, Playa Santiago et Valle Gran Rey en longeant la côte sud. Il ne prend pas les voitures — huit scooters grand maximum — mais il évite une route de montagne assez éprouvante. 15 € le trajet.

Coucher de soleil la Graciosa Iles Canaries
la graciosa vue depuis mirador lanzarote

Venir aux iles Canaries en ferry depuis l’Espagne

Voilà le scénario sympathique, et qui est pourtant le plus beau cadeau que le ferry puisse faire à un voyageur en voiture : on peut rejoindre les Canaries par la mer depuis l’Espagne continentale, avec son propre véhicule.

Plus de location, plus de contrat, plus de franchise. Vous chargez votre voiture chez vous, vous roulez jusqu’en Andalousie, vous embarquez, et vous débarquez à Tenerife avec vos affaires, vos vélos sur le toit et vos sièges enfants en place. Pour un séjour de trois semaines ou un hivernage, le calcul devient vite intéressant.

Le trajet se prend à Huelva, à l’ouest de l’Andalousie, entre Séville et la frontière portugaise. Fred. Olsen Express et Baleària exploitent la ligne ensemble, avec deux navires, le Marie Curie et le Buenavista Express. Le second donne une idée de l’échelle de la chose : 172 mètres, 1 250 passagers, 390 véhicules et plus de 200 cabines.

Deux destinations depuis Huelva : Santa Cruz de Tenerife en 33 heures en direct, et Las Palmas en 40 heures, avec une escale de quatre heures. Comptez trois rotations par semaine, et quatre en été.

À bord, vous choisissez votre niveau de confort : fauteuil standard, fauteuil premium, « sleep lounge », ou cabine intérieure, extérieure et supérieure. La cabine n’est pas obligatoire — mais sur trente-trois heures de mer, je vous laisse deviner ce que je prendrais. Et le meilleur : aucune limite de bagages, puisque tout reste dans la voiture.

Une réserve d’honnêteté, parce que les deux compagnies ne racontent pas tout à fait la même chose. Fred. Olsen ne parle que de Huelva, mais la page des lignes de Baleària, elle, annonce des départs depuis Cadix vers Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote et La Palma — sans mentionner Huelva. Les deux ports semblent donc actifs, probablement par héritage du réseau Trasmediterranea puis Balearia côté Cadix. Vérifiez le port de départ au moment de réserver plutôt que de vous fier à un article, celui-ci compris.

Dernier point pratique : ces traversées se réservent longtemps à l’avance en été. Trois rotations par semaine et 390 places véhicules, ça part vite quand tout le monde part au même moment.

Ce qui est un bon argument pour décaler son séjour. Les Canaries sont agréables toute l’année — j’ai détaillé le mois par mois dans quand partir à Lanzarote — et elles figurent en bonne place parmi mes destinations pour partir en septembre comme pour les vacances de la Toussaint. Hors juillet-août, les bateaux sont moins pleins et les tarifs plus doux.

FAQ – Les questions les plus importantes

Faut-il réserver son ferry à l’avance aux Canaries?
Pour un piéton hors saison, pas indispensable. Pour une voiture, ou pour n’importe quelle traversée en juillet-août : oui, sans hésiter. Les places véhicules sont contingentées et partent bien avant le jour J. Pour une voiture hors saison, ne prenez pas de risque car… ben il n’y a pas de hors saison aux iles Canaries en fait! C’est tout le temps relativement touristique. Donc réservez quand vous savez.

Combien coûte un ferry aux Canaries avec une voiture?
Entre 43,70 € et 126 € l’aller simple pour la voiture plus son conducteur, tarif visiteur non-résident. Le moins cher est Corralejo – Playa Blanca, le plus cher Arrecife – Las Palmas, qui est aussi le plus long. Sur la plupart des lignes courtes, comptez entre 50 et 80 €.

Vaut-il mieux emmener sa voiture ou en relouer une sur place?
Si vous changez d’ile pour plus de deux ou trois jours et qu’il existe un bateau direct, emmenez-la. Vous évitez un second contrat, un second état des lieux, une seconde franchise, et le supplément d’aller simple si vous rendez le véhicule ailleurs. En plus, louer une voiture sur une longue durée coûte moins cher que deux locations courte durée. Pour un aller-retour à la journée, l’inverse : laissez-la au port et voyagez à pied.

Peut-on emmener une voiture de location sur une autre ile?
Ça dépend entièrement de votre contrat, et ce n’est pas systématiquement autorisé. Quand ça l’est, l’aller simple avec restitution sur une autre ile peut couter très cher — j’ai testé, 380 € dans mon cas. À régler avant de réserver le bateau, jamais au guichet d’embarquement. Mais idéalement il vaut mieux la rendre au même endroit que vous l’avez prise. Ca évite des frais assez importants.

Peut-on aller aux Canaries en ferry depuis la France?
Pas directement. Il faut rouler jusqu’en Andalousie et embarquer à Huelva — ou à Cadix selon la compagnie. Comptez 33 heures de mer jusqu’à Tenerife, avec votre voiture à bord et sans limite de bagages.

Quelles iles ne sont reliées par aucun ferry direct?
La Gomera, La Palma et El Hierro ne sont reliées entre elles par aucun bateau : tout repasse par Tenerife. Et il n’existe aucune liaison directe entre le groupe ouest (Tenerife, La Gomera, La Palma, El Hierro) et le groupe est (Gran Canaria, Fuerteventura, Lanzarote) autrement que par la charnière Tenerife – Gran Canaria.

Le ferry, ça tangue beaucoup aux Canaries?
On est en plein Atlantique, donc oui, ça peut remuer — surtout sur le bras de mer entre Tenerife et Gran Canaria, réputé pour ça. Si vous êtes sensible, prenez un fast ferry plutôt qu’un conventionnel, ou prenez un petit mercalm. Installez-vous au centre du bateau, et prévoyez quelque chose avant d’embarquer.
Après, les trajets ne sont jamais super super longs, donc ça ira 🙂

Combien de temps avant faut-il se présenter au port?
20 minutes avant le départ à pied, 40 minutes avec un véhicule. Au-delà, la réservation saute.

Y a-t-il une réduction pour les touristes?
Non. Les 75 % que vous verrez affichés sont réservés aux résidents des Canaries, sur justificatif. Aucune réduction n’existe pour les visiteurs, quelle que soit leur nationalité.

Peut-on aller à La Graciosa en avion?
Non, l’ile n’a pas d’aéroport. Le bateau depuis Órzola est le seul accès.

En conclusion

Tout se ramène à deux questions :

  • est-ce que vous conduisez
  • quel est votre itinéraire

Si vous conduisez et que les iles que vous souhaitez visiter ont des liaisons directes, alors il n’y a pas d’hésitation à avoir, prenez le ferry.

Si, comme moi, votre itinéraire vous amène à Lanzarote et La Palma, c’est à dire les deux iles les plus opposées (le gros malin), alors l’avion est indispensable, forcément.

Si vous ne conduisez pas, alors le bateau garde trois territoires où il est imbattable : La Graciosa qui n’a pas d’aéroport, Lanzarote – Fuerteventura qui n’a aucun vol direct, et La Gomera dont le port est en ville quand l’aéroport est à 34 km. Partout ailleurs, prenez l’avion sans culpabiliser. Sauf si vous aimez prendre votre temps, car voir les iles se rapprocher, c’est quand même super beau.

Et dans tous les cas, comparez sur vos vraies dates. Les prix affichés sur les pages d’accueil des compagnies sont des tarifs résidents qui ne vous concernent pas.

Une fois vos traversées calées, il reste le plus agréable : décider quoi voir de l’autre côté. Mes deux cartes sont faites pour ça — celle de Lanzarote et celle de Gran Canaria.

Bon voyage, et si vous n’en faites qu’une : Órzola – La Graciosa. Vingt-cinq minutes, et l’impression d’être parti beaucoup plus loin!

Durées, fréquences, ports et compagnies relevés en août 2026 chez Fred. Olsen Express, Baleària Canarias, Líneas Romero et Biosfera Express, plus Aena et le Cabildo de Fuerteventura pour les aéroports et l’accès à Lobos. Les horaires bougent selon les saisons : vérifiez toujours à vos dates avant de réserver.

Quelques ressources supplémentaires pour préparer votre voyage aux iles Canaries

J’ai pas mal écrit sur les Canaries, surtout sur Lanzarote et Gran Canaria, donc voici les principaux articles qui vont vous aider à préparer la suite du voyage — celle qui commence une fois descendu du bateau.

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