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Drogué aux grands espaces sans personne, fuyant les villes et surtout les plus denses, je n’étais pas prédestiné à aller à Hong Kong, ce n’était pas quelque chose qui m’attirait naturellement.
Ayant un trou d’une dizaine de jours dans mon agenda de voyages (vous voyez le ministre du tourisme en action), quand j’ai vu une offre imbattable pour un vol aller retour à 350€, je me suis étonnamment dit “et pourquoi pas”. Bah ouais tiens, et pourquoi pas.
A l’origine je devais y passer une dizaine de jours, mais des amis qui y ont étudié m’ont conseillé d’en profiter pour passer quelques jours en dehors de la ville, donc au final j’aurai passé 5-6 jours à Hong Kong pour découvrir et profiter de la ville et les îles aux alentours. Et le reste dans les Temples d’Angkor Vat (dingues aussi!)
Mise à jour 2026 — une précision d’honnêteté avant de commencer : j’ai fait ce voyage en 2018, avant les manifestations de 2019 et avant la fermeture liée au covid. Le récit et les coups de cœur sont les miens, tels que je les ai vécus. Les infos pratiques ont été revérifiées pour 2026, et je le signale quand un prix date de mon séjour.
Mais tout, les iles, les randos, les points de vue, tout ça rien n’a changé entre temps, donc vous aurez une expérience aussi dingue que la mienne 🙂
Pourquoi aller à Hong Kong, et pourquoi en hiver
5 raisons d’aller à Hong Kong
- Le dimsum, c’est la vie
- Découvrir ce qu’est une ville vraiment dense
- Une double culture anglo-chinoise
- La nature est presque partout
- Une ville entre traditions et modernité
3 raisons de ne pas aller à Hong Kong
- La pollution peut être vraiment intense
- Vous n’aimez pas les foules
- Le logement est vraiment cher
Quand partir à Hong Kong
C’est là que ça devient intéressant, parce que la réponse n’est pas celle qu’on croit.
La meilleure période, c’est l’hiver. De décembre à février, vous avez autour de 20-21 °C en journée, un temps sec, une bonne luminosité et surtout une humidité basse. Pour une ville où on marche beaucoup et où on grimpe, ça change tout.
L’été, c’est l’inverse exact. Entre juin et septembre on tape les 30-32 °C avec une humidité record et jusqu’à 20 jours de pluie par mois en juin et en août. C’est suffocant, il n’y a pas d’autre mot.
Et le piège, celui que personne ne mentionne : l’automne n’est pas la meilleure réponse. Octobre et novembre gardent encore la chaleur de l’été, 28 à 31 °C, avec un risque de typhon jusqu’en novembre. Beaucoup de gens vous diront « allez-y en automne » par réflexe. Franchement, visez l’hiver si vous pouvez. Sinon, ben vous aurez juste un peu plus chaud! Mais ça restera top 🙂
Le seul bémol : il peut y avoir des coups de froid autour de 10 °C. Prévoyez une vraie veste, surtout pour le Victoria Peak le soir où le vent ne rigole pas.
Un peu de géographie
Hong Kong est située au sud est de la Chine, en bordure de la mer de Chine méridionale. C’est une zone très densément peuplée car Hong Kong et ses 7 millions d’habitants sont à proximité de Shenzen (10M), Canton (14M) ou Dongguan (8M).
Le territoire est composé de l’ile historique de Hong Kong, Kowloon au nord et les Nouveaux Territoires qui occupent 80% de la province.
Ce qui frappe quand on arrive à Hong Kong, c’est le relief très prononcé (seulement 20% du territoire est constructible), ce qui offre des centaines de km de randonnées.
On y trouve également le quartier le plus densément peuplé au monde : Mong Kok avec ses 130.000 habitants au km². C’est là où j’ai résidé et je confirme que c’est animé!
Comment venir à Hong Kong et rejoindre le centre
Hong Kong se rejoint en vol direct depuis Paris, comptez une douzaine d’heures. Moi j’avais chopé un aller-retour à 350 € sur une offre Voyages Pirates, ce qui reste un très bon prix — mais surveillez, cette destination sort régulièrement en promo.
Une fois à l’aéroport, sur l’île de Chek Lap Kok, la question c’est comment rejoindre la ville. Trois options, et une seule qui vaut vraiment le coup.
L’Airport Express, c’est la bonne réponse dans la grande majorité des cas. C’est le train dédié du réseau MTR, il vous dépose à Kowloon puis à Hong Kong station en une petite demi-heure. Comptez 115 HKD avec la carte Octopus, soit environ 13 €. Des navettes gratuites font la liaison entre les gares et les principaux hôtels, ce qui règle le dernier kilomètre avec les valises.
Le bus est beaucoup moins cher mais beaucoup plus long, une bonne heure et demie selon le trafic. À réserver aux petits budgets ou aux arrivées tardives.
Le taxi, comptez dans les 300 à 350 HKD pour Kowloon. Ça se défend à trois ou quatre avec des bagages, sinon l’Airport Express est imbattable.
Petit conseil vécu quand même : achetez votre carte Octopus dès l’aéroport, ça vous évite de galérer au premier tourniquet du métro.
Se déplacer à Hong Kong
Bonne nouvelle, c’est l’une des villes les plus simples du monde pour ça. Le réseau est dense, propre, ponctuel et pas cher.
La carte Octopus, c’est le premier réflexe. Elle coûte 150 HKD au total, dont 50 de dépôt remboursable et 100 de crédit utilisable. Vous rechargez par tranches de 50 HKD minimum. Elle marche dans le métro, les bus, les trams, le Star Ferry, et même dans les supérettes et beaucoup de restos. Au retour vous récupérez le dépôt, avec 9 HKD de frais si vous rendez la carte dans les trois mois, gratuitement au-delà.
Le MTR, c’est le métro, et il est redoutablement efficace. Signalétique en anglais partout, fréquences élevées, on ne peut pas se perdre.
Et puis il y a le tram sur l’île, le fameux « ding ding », lent mais tellement charmant pour traverser Hong Kong Island au ras des immeubles.
Le Star Ferry, le plus beau trajet de la ville
Je ne pouvais pas ne pas parler du moyen de transport le plus sympathique à Hong Kong : le bateau. La société Star Ferry fait la traverse Kowloon-Hong Kong depuis 1888. Pour une poignée de dollars (hongkongais hein), et comme plus de 10 millions de personnes chaque année, vous profiterez de la vue fort sympathique sur les deux rives. Alors qu’elles sont reliées par un métro ultra efficace, le bateau garde ses nombreux adeptes car il faut bien dire que ça a énormément de charme. Et en plus c’est moins cher. Trente centimes d’euro pour une petite dizaine de minutes de traversée, on multiplie forcément les trajets.
Les autres iles et Macao sont également accessibles en bateau, toujours à un prix dérisoire. Il serait dommage de s’en priver.
Tarifs 2026 : la traversée coûte 2,70 HKD sur le pont inférieur et 3,70 HKD sur le pont supérieur, soit toujours quelques dizaines de centimes d’euro. Prenez le pont supérieur, la vue vaut largement la différence.

Où dormir à Hong Kong
Autant le dire tout de suite, c’est le poste qui fait mal : le logement est vraiment cher à Hong Kong, et les chambres sont petites. Très petites. C’est le prix de la densité.
Moi j’avais logé à Mong Kok, le quartier le plus densément peuplé au monde avec ses 130 000 habitants au kilomètre carré. Je confirme que c’est animé. C’est populaire, bruyant, avec les marchés de nuit en bas de chez soi. J’ai adoré, mais ce n’est pas pour tout le monde.
Les trois zones à considérer :
Tsim Sha Tsui, au sud de Kowloon, c’est le meilleur compromis pour un premier séjour. Vous êtes sur le front de mer face aux buildings, à deux pas du Star Ferry, du light show et de l’Avenue of the Stars, avec le MTR et l’Airport Express juste là.
Central et Sheung Wan, sur l’île, c’est plus chic et plus calme le soir, au pied du Victoria Peak et du vieux Hong Kong. C’est aussi le plus cher.
Mong Kok et Jordan, plus au nord, c’est le Hong Kong populaire et le meilleur rapport qualité-prix. Bruyant, mais c’est là qu’on sent la ville.

Quelques adresses bien notées à Tsim Sha Tsui, le quartier que je conseillerais pour une première fois :
- Le mieux noté : le New World Millennium, 8,9/10 sur plus de 2 100 avis, avec sa piscine sur le toit. Autour de 200 € la nuit
- Mon rapport qualité-prix : le Royal Garden Tsim Sha Tsui, 8,7/10 sur près de 2 500 avis, piscine sur le toit et spa, autour de 160 € la nuit
- Le classique familial : le Holiday Inn Golden Mile sur Nathan Road, 8,1/10 sur plus de 3 000 avis, chambres familiales, autour de 150 € la nuit
- Le petit budget : Pillows CoLiving, 8,4/10, autour de 70 € la nuit. Minuscule, mais très bien placé et honnête sur ce qu’il propose
Combien de jours à Hong Kong
À l’origine je devais y passer une dizaine de jours. Des amis qui y ont étudié m’ont conseillé d’en profiter pour sortir de la ville, donc j’ai finalement passé 5 à 6 jours à Hong Kong même et le reste sur les îles alentour. Avec le recul, c’est le bon découpage.
Mon conseil selon le temps que vous avez :
- 3 jours : le minimum. Kowloon et le front de mer le premier jour avec le light show le soir, l’île de Hong Kong et le Victoria Peak le deuxième, les marchés et le vieux Hong Kong le troisième
- 5 jours : le bon format. Vous ajoutez une journée sur Lantau pour le Grand Bouddha, et une journée au sud de l’île vers Aberdeen et Stanley
- Une semaine et plus : vous partez randonner sur les îles, vous poussez jusqu’à Macao en bateau, et là vous commencez vraiment à comprendre le territoire
Le truc à ne pas faire, c’est de rester enfermé dans le centre. La moitié de l’intérêt de Hong Kong, c’est le contraste entre la densité folle et la nature à vingt minutes.
Hong Kong, la ville verticale
Les immeubles de Hong Kong
Hong Kong a un “léger” souci de logement, depuis très longtemps. C’est donc une ville très verticale, de très grands immeubles, dont certains ont pas mal de charme. Le fameux “charme de l’ancien”. Ils se situent principalement du côté de Quarry Bay, comme celui-ci, devenu iconique. Il s’agit du Fok Cheong Building.
Il y a environ 1300 gratte ciel à Hong Kong, soit 15% des gratte ciel mondiaux. Et il s’en construit 30 nouveaux par an. C’est évidemment la ville qui en comporte le plus, et en compte plus du double que le second sur la liste, à savoir New York. Rien que ça.

Victoria Peak
L’une des attractions les plus populaires de Hong Kong est la vue depuis le Victoria Peak. Il s’agit du point culminant de l’ile de Hong Kong, à 554m et qui offre donc un panorama assez fantastique sur le territoire et ses buildings. Le top est d’y aller pour le coucher de soleil, pour ensuite voir les lumières des immeubles de nuit à perte de vue.
Il y a 3 possibilités pour y aller. La plus tentante est le tram, qui ne dure que 7 minutes mais vaut largement le coup. Sinon il y a une rando de 3.5km, idéale pour faire travailler vos mollets. Mieux pour redescendre du Peak. Ou alors en taxi, mais c’est moins drôle.
Le tram se prend à Garden Road, à quelques minutes de marche de Central Station. L’aller retour coute 52HKD, mais vous avez la possibilité de prendre le ticket pour la fameuse terrasse du centre commercial qui est situé tout en haut, le Sky Terrasse 428, et l’ensemble 99HKD. Honnêtement, je trouve que cela vaut le coup de prendre ça, car la vue est meilleure que les terrasses “gratuites” mais en revanche, c’est très touristique, attendez-vous à avoir pas mal de monde. Donc profitez, restez un moment. Et pensez à prendre une petite laine car il peut y faire froid une fois la nuit tombée.
Plus d’infos ici : Tram + Sky Terrasse 428
Attention, les tarifs ci-dessus sont ceux de mon séjour en 2018. Le Peak Tram a été entièrement rénové depuis et les prix ont augmenté, vérifiez avant d’y aller. Le conseil, lui, ne bouge pas : montez pour le coucher de soleil et restez pour les lumières.

Le light show de l’Avenue of the Stars
Au sud de Kowloon, l’avenue des stars est une promenade sur le front de mer donnant sur l’ile de Hong Kong. Basée sur le modèle du Walk of Fame, l’objectif est de rendre hommage aux grands noms du cinéma hongkongais. Mais surtout, la promenade offre une chouette vue et est une sortie agréable.
Tous les soirs, à 20h, ça s’anime. Une musique se lance et les immeubles s’illuminent. C’est le light show quotidien. Pendant 10 minutes, on a donc droit à une chorégraphie des immeubles, c’est très sympathique. Et c’est bourré de monde, donc il vaut mieux venir 15-20 minutes avant pour pouvoir être bien placé.

Les marchés et la vie de rue
Un des petits plaisir de Hong Kong, ce sont les différents marchés qui pullulent dans la ville. Des marchés dédiés ou des marchés nocturnes, on trouve absolument de tout à Hong Kong.
Quelques marchés de jour
- Le marché aux fleurs. Pas fou, mais agréable pour sortir du brouhaha ambiant. Flower Market Road
- Le marché aux oiseaux. Ca devrait faire mal au coeur à pas mal de monde. On trouve quantités d’oiseaux, de perruches, perroquets assez entassés dans des cages. Pourtant l’ambiance est sympa. Yuen Po Street, au bout du marché aux fleurs.
- Le marché aux poissons rouges. Alors là, vous allez trouver dans une rue des dizaines de boutiques présentant des murs entiers de poissons pas que rouges dans des petits sacs. Ceux-ci représentent la richesse et l’or, il est donc bien vu d’en avoir. Tung Choi Street North.
- Le marché de jade. Ze plate to be pour acheter des bijoux de jade, pierre profondément ancrée dans la culture chinoise, qui symbolise la beauté et l’immortalité. Attention aux arnaques. Kansu Street/Battery Street
Les marchés de nuit
On trouve deux très gros marchés de nuit à Hong Kong:
- Ladies’ Market : ce marché à l’origine proposait des vêtements et accessoires de mode pour femmes, mais il est depuis devenu un marché bien plus généraliste et touristique. Situé dans le quartier de Mongkok (vous savez, le quartier le plus dense au monde) il va falloir jouer des coudes pour déambuler dans ce marché. Mais ça vaut le coup car c’est sympa et vraiment pas cher. Tung Choi Street.
- Temple Street Night Market : le marché de nuit le plus connu. Faut dire qu’il est vraiment grand, vraiment animé et on y trouve absolument de tout. Ce qui est marrant, c’est qu’aux abords on y trouve des chanteurs et des voyants et c’est très populaire. Attention les oreilles car ya du niveau. Enfin, c’est un bon endroit où grignoter après le shopping car il y a pléthore d’endroits sympa où manger. Temple Street.

Les rues de Hong Kong
L’île de Hong Kong est différente du reste du territoire, plus “chinois” par son immigration récente. On estime que depuis la rétrocession à la Chine en 1997, plus d’un millions de Chinois continentaux sont arrivés à Hong Kong.
Mais le coeur historique de Hong Kong n’a pas forcément beaucoup évolué même si on pense à la modernité de l’île. Les petits étals de rue sont toujours présents, les petits marchés, et c’est pourtant plus calme qu’à Kowloon. Je pense qu’il faut vraiment visiter ces deux faces de Hong Kong pour mesurer le contraste entre le Hong Kong d’avant, et ce que c’est devenu.

Superstitions et voyants
Bien qu’Hong Kong soit une ville ultra moderne, sa population a toujours gardé nombre de croyances et superstitions. Les voyants sont présents en nombre sur le territoire, et beaucoup sont concentrés à proximité du Temple Street Night Market. Chacun sa spécialité: paume, tarot, pierres, tout est expliqué sur une fiche dans le stand. Et il y a vraiment pas mal de monde qui y va tous les soirs. Mais bon pour moi, c’est un peu du Chinois tout ça (ohohoh!)

Manger à Hong Kong : le vrai coup de cœur du séjour
Bon, il faut que je vous parle de ça, parce que c’est probablement ce qui m’a le plus surpris.
Je suis arrivé à Hong Kong sans aucune attente côté nourriture. Je suis reparti en me disant que j’y retournerais rien que pour manger. Les dumplings, sérieusement, je m’en suis régalé comme rarement. Et le plus dingue, c’est que ça ne coûte quasiment rien.
C’est ça le paradoxe de Hong Kong : la ville où le logement vous ruine est aussi celle où vous mangez comme un roi pour le prix d’un sandwich parisien. Les bonnes adresses ne sont pas les plus jolies, c’est même souvent l’inverse.
Les dim sum, et surtout à quelle heure les manger
Le dimsum, c’est la vie. Je l’ai mis dans mes cinq raisons de venir et je le maintiens.
Ce sont ces petites bouchées vapeur qu’on partage à plusieurs, servies dans des paniers en bambou empilés sur la table. On appelle ça le yum cha, littéralement « boire le thé », parce qu’à l’origine c’est une affaire de thé autant que de nourriture. Le thé arrive en premier, on le laisse infuser, et les paniers défilent.
Ce qu’il faut commander pour ne pas se tromper :
- Har gow : les raviolis aux crevettes, avec cette pâte translucide qu’on voit à travers. Le test ultime d’une bonne maison
- Siu mai : les bouchées de porc ouvertes sur le dessus, souvent avec une pointe orange d’œuf de crabe
- Char siu bao : la brioche vapeur au porc laqué, sucrée-salée. Celle qui met tout le monde d’accord
- Cheung fun : les rouleaux de riz mous arrosés de sauce soja sucrée, à la crevette ou au bœuf
Et voilà le piège, celui qui gâche le séjour de plein de gens : le dim sum, ça se mange le matin et le midi. Pas le soir. Les meilleures maisons servent de l’ouverture jusqu’au milieu de l’après-midi, et après c’est fini. Si vous prévoyez de sortir dîner en vous disant « ce soir on se fait des dim sum », vous allez être déçu. Calez ça sur un petit-déjeuner tardif ou un déjeuner, c’est comme ça que ça se vit.
Une adresse qui vaut le détour, et elle est née à Mong Kok, le quartier où je logeais : Tim Ho Wan. C’est la maison qui est devenue célèbre pour avoir été l’un des restaurants les moins chers au monde à décrocher une étoile au Michelin. Sa spécialité, ce sont les char siu bao version croustillante, avec une croûte légèrement sucrée qui n’a rien à voir avec la brioche vapeur classique. Le guide a fait bouger ses distinctions selon les adresses depuis, donc ne venez pas pour l’étoile, venez pour les buns. Prévoyez d’y être à l’ouverture, la file se forme vite.
Les cha chaan teng, l’héritage anglo-chinois dans l’assiette
C’est là que la double culture de Hong Kong devient comestible, et franchement, c’est ce qu’il y a de plus dépaysant.
Le cha chaan teng, c’est le diner hongkongais. Formica, néons, tables partagées avec des inconnus, service ultra rapide et pas franchement délicat. On y mange une cuisine hybride née de la colonisation britannique, qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
Ce qu’il faut goûter au moins une fois :
- Le milk tea, le thé au lait local, filtré à travers une étoffe qui a fini par lui valoir le surnom de « thé au bas de soie ». Beaucoup plus corsé et plus onctueux qu’un thé au lait anglais
- Le bo lo bao, le « pain-ananas », avec sa croûte craquelée dorée. Et non, il n’y a pas d’ananas dedans, le nom vient juste de l’aspect de la croûte. On le sert souvent avec une tranche de beurre froid glissée dedans, ce qui est une hérésie diététique et un bonheur absolu
- Le french toast version Hong Kong, deux tranches de pain de mie frites, sirop et beurre. C’est indéfendable et c’est délicieux
- Le yuenyeung, moitié café moitié thé au lait. Ça ne devrait pas marcher. Ça marche
La street food et les échoppes de rue
C’est le meilleur moment des marchés de nuit, et je vous en parlais plus haut : après le shopping sur Temple Street, il y a pléthore d’endroits sympa où grignoter.
Les classiques à repérer sur les étals :
- Les curry fish balls : des boulettes de poisson embrochées dans une sauce curry. Le snack de rue par excellence, celui que les lycéens mangent en sortant des cours
- Le gai daan jai, la gaufre à bulles. Une plaque de petites sphères dorées qu’on détache une par une, croustillantes dehors et moelleuses dedans. C’est l’emblème sucré de la ville
- La soupe de nouilles aux wontons : bouillon clair, nouilles fines, raviolis aux crevettes. Un plat complet pour trois fois rien
- Les egg tarts, les petits flans pâtissiers en pâte feuilletée, tièdes de préférence. Le goûter local
- Le siu mei, les viandes laquées qu’on voit pendre aux vitrines : porc char siu, canard, et surtout l’oie rôtie, qui est une institution ici
Et si vous croisez un dai pai dong, arrêtez-vous. Ce sont les échoppes de rue historiques, en plein air, avec les tabourets en plastique et le wok qui rugit à deux mètres de vous. Il n’en reste qu’une poignée, les licences ne se transmettent quasiment plus et elles disparaissent une par une. C’est le Hong Kong d’avant, et il ne sera plus là très longtemps.
Le seul vrai bémol, et autant le savoir avant de pousser la porte : dans les bonnes adresses populaires, on ne vient pas passer la soirée. On vous assoit à une table déjà occupée par d’autres, on prend la commande en trente secondes, la nourriture arrive en trois minutes et on attend gentiment que vous libériez la place. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, c’est le rythme de la ville. Et si vous cherchez un serveur souriant qui vous explique la carte, passez votre chemin — vous mangerez moins bien.
Dernier conseil, le plus important : ne jugez jamais un restaurant sur sa devanture à Hong Kong. Les meilleures tables que j’ai faites étaient dans des endroits que je n’aurais jamais poussés en France.
Sortir prendre l’air : les îles, les randos et les plages
Un truc top avec Hong Kong, c’est que quand on en a marre de l’agitation et du bruit de la ville, on peut très facilement aller au vert, randonner, aller à la plage. De nombreuses plages bordent le sud de l’ile de Hong Kong ou les iles alentours. On trouve des chemins de randonnées partout et les iles de l’archipel sont très facilement accessibles en bateau.
L’ile la plus prisée est celle de Lantau pour deux raisons. D’abord son parc Disneyland, mais aussi pour l’imposant Bouddha Tian Tian, 34m de haut, trônant fièrement sur sa fleur de lotus. C’est LE lieu touristique, drainant beaucoup de monde. Le trajet est sympa car on peut prendre un cable car pour y aller.
En revanche, le Bouddha est entouré de collines sympa et verdoyantes. C’est l’occasion parfaite de s’échapper après la visite pour randonner un peu et vous êtes sur de n’y croiser personne.

Aberdeen et Stanley, bienvenue en Écosse
C’est assez marrant de voir les vestiges de la colonisation britannique à Hong Kong. Au sud de l’ile, on trouve la “petite” ville d’Aberdeen, qui a encore ses pêcheurs et leurs bateaux, sur fond de buildings et de nature. C’est un contraste assez marrant, mais surtout le cadre est agréable car il fait moins lourd qu’à Hong Kong même. On trouve plus loin la ville chic de Stanley, prisée par les expats français. Stanley et Aberdeen, deux noms qui sonnent bon le haggis, et pour cause, ces villes ont été fondées par des Ecossais lors de la colonisation.

Les activités et les excursions depuis Hong Kong
Hong Kong, ce n’est pas qu’une ville qu’on arpente. Il y a un vrai catalogue d’activités, et surtout une excursion que je ne peux que vous recommander parce que je l’ai faite et que ça vaut largement le déplacement.
Macao, l’excursion que je conseille les yeux fermés
Ça, je l’ai fait, et c’est probablement la meilleure journée hors de la ville.
Macao, c’est l’autre région administrative spéciale, l’ancienne colonie portugaise face à l’ancienne colonie britannique. Autant dire que le contraste est total. Vous passez d’un Hong Kong anglo-chinois à des façades pastel, des azulejos, des églises baroques et des noms de rues en portugais. Le centre historique est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec la façade des ruines de Saint-Paul et le Largo do Senado en cartes postales obligatoires.
Et puis il y a l’autre Macao, celui des casinos géants de Cotai, qui a largement dépassé Las Vegas en chiffre d’affaires. Les deux coexistent à quelques kilomètres l’un de l’autre, et c’est franchement bizarre à voir. Même sans jouer un centime, ça vaut le coup d’œil.
Comment y aller :
- Le ferry, c’est la bonne option. 55 à 70 minutes, des départs toutes les 15 à 30 minutes, comptez 20 à 35 € l’aller. Vous partez de Sheung Wan (le terminal principal), de Tsim Sha Tsui ou de l’aéroport. À l’arrivée, choisissez bien : Outer Harbour vous dépose près du centre historique, Taipa près des casinos
- Le bus par le pont Hong Kong-Zhuhai-Macao, beaucoup moins cher, autour de 65 HKD. Le pont lui-même se traverse en 40-45 minutes, mais comptez 2h30 à 3h porte à porte avec les formalités
Et le truc à ne surtout pas oublier : prenez votre passeport. Macao a sa propre immigration, vous passez deux contrôles, une sortie de Hong Kong et une entrée à Macao. Ce n’est pas une excursion, c’est un passage de frontière. Pas de visa pour les Français en séjour court, mais sans passeport vous restez à quai. Arrivez 30 à 45 minutes avant le départ du ferry.
Petit conseil vécu quand même : les egg tarts portugais de Macao, les pastéis de nata version locale, sont différents de ceux de Hong Kong. Plus caramélisés sur le dessus. Prenez-en un, puis un deuxième.
Les parcs d’attractions : Disneyland et Ocean Park
Alors là, je joue franc jeu : je ne les ai faits ni l’un ni l’autre. Ce n’est pas du tout ce que je cherchais sur ce voyage. Mais si vous venez en famille, ils sont incontournables et je serais malhonnête de ne pas en parler.
Hong Kong Disneyland se trouve sur l’île de Lantau, la même que le Grand Bouddha, ce qui permet de combiner. C’est le plus petit des parcs Disney du monde, ce qui a un vrai avantage : on en fait le tour en une journée sans courir, là où il en faut trois à Orlando.
Ocean Park, sur l’île de Hong Kong, est plus original selon ce qu’on m’en a dit. C’est un mélange de parc marin et de parc d’attractions, accroché à flanc de colline avec un téléphérique qui relie les deux moitiés et une vue sur la mer. Il abrite aussi des pandas géants.
Si je devais trancher sans y être allé, ce que je fais rarement : Disneyland si vos enfants sont petits et fans, Ocean Park si vous voulez quelque chose qu’on ne trouve pas ailleurs.
Les courses de Happy Valley, le mercredi soir
Voilà l’activité que personne ne met dans les guides, et c’est bien dommage.
L’hippodrome de Happy Valley est encastré en plein cœur de l’île, cerné de gratte-ciels de tous les côtés. Pendant la saison, de septembre à juillet, il y a des courses le mercredi soir, sous les projecteurs, avec les tours illuminées en toile de fond. C’est complètement dingue visuellement.
Et surtout, c’est une soirée profondément locale. L’entrée générale coûte une dizaine de dollars hongkongais, autant dire rien. Vous êtes au milieu des Hongkongais qui parient, boivent des bières et hurlent dans la dernière ligne droite. Vous n’êtes pas obligé de jouer, l’ambiance suffit largement.
Le défaut : ça ne marche que le mercredi et hors intersaison. Vérifiez le calendrier avant de caler vos dates dessus.
L’escalator des Mid-Levels
Un truc typiquement hongkongais, né du relief impossible de l’île : un système d’escalators couverts en plein air qui grimpe sur environ 800 mètres à flanc de colline, du quartier de Central jusqu’aux Mid-Levels. C’est le plus long du monde dans son genre.
Le détail qui fait toute la différence, et qui piège les visiteurs : il ne fonctionne que dans un sens à la fois. Il descend le matin, pour les habitants qui vont travailler, et remonte le reste de la journée jusqu’à minuit. Si vous arrivez au pied à 8 h en espérant monter, vous montez à pied.
C’est gratuit, et c’est une très belle façon de traverser les quartiers de Soho et de Sheung Wan sans se cramer les mollets, en descendant à n’importe quel palier pour explorer.
Et tout ce dont je vous ai déjà parlé plus haut
Pour ne pas me répéter, le reste des activités est détaillé dans les sections précédentes : la montée au Victoria Peak et le light show de l’Avenue of the Stars dans la ville verticale, le Star Ferry dans les transports, le Grand Bouddha de Lantau et les randonnées dans la mise au vert, et les marchés de nuit avec la street food.
Si vous ne deviez en garder que trois : le Peak au coucher du soleil, une journée à Macao, et une matinée de dim sum. Le reste, c’est du bonus.
Temples et héritage colonial
Les temples de Hong Kong
La religion est évidemment très importante à Hong Kong. On trouve de nombreux temples, mais la plupart sont récents. Toutefois, le temple de Man Mo est particulièrement sympa car relativement ancien, construit en 1847 et avec une chouette ambiance du à l’abondance d’encens. Il est dédié au dieu de la littérature ainsi qu’au dieu soldat. Et en plus, il est bien situé, dans le vieux Hong Kong, tout proche du quartier de Soho.

Un peu d’histoire
Hong Kong a eu une histoire un petit peu mouvementée. Idéalement située pour y établir un port pour commercer avec la Chine, les Britanniques récupèrent l’ile après la première guerre de l’opium en 1842 et ont par la suite agrandi le territoire via d’autres traités et guerres, pour finalement procéder à une rétrocession à la Chine en 1997.
Maintenant Hong Kong bénéficie d’un régime totalement à part du reste de la Chine, via le principe “un pays, deux systèmes” qui indique que l’ile fait partie du territoire chinois mais sans qu’on y applique les mêmes règles politiques et économiques. C’est également le cas pour Macao et Taiwan.
Questions fréquentes sur Hong Kong
Quelle est la meilleure période pour visiter Hong Kong ?
L’hiver, de décembre à février : 20-21 °C en journée, temps sec, humidité basse. C’est la seule saison où on marche toute la journée sans souffrir. Évitez juin à septembre, où l’humidité est écrasante, et méfiez-vous d’octobre-novembre qui gardent la chaleur de l’été avec un risque de typhon.
Combien de jours faut-il pour visiter Hong Kong ?
Trois jours pour l’essentiel, cinq pour être à l’aise et ajouter Lantau et le sud de l’île. J’y ai passé 5 à 6 jours et c’était le bon format.
Faut-il un visa pour Hong Kong ?
Pas pour les Français en séjour touristique court : Hong Kong applique ses propres règles d’entrée, distinctes de celles de la Chine continentale. Vérifiez tout de même la durée autorisée et la validité de votre passeport avant de partir, ces règles évoluent.
Comment payer et se déplacer à Hong Kong ?
La carte Octopus règle tout : 150 HKD dont 50 de dépôt remboursable. Elle marche dans le métro, les bus, les trams, le Star Ferry et beaucoup de commerces. Achetez-la dès l’aéroport.
Que faut-il absolument manger à Hong Kong ?
Les dim sum, et le matin ou le midi, jamais le soir — c’est l’erreur classique. Ensuite un passage en cha chaan teng pour le milk tea et le pain-ananas, et de la street food sur les marchés de nuit : gaufre à bulles, curry fish balls, soupe de nouilles aux wontons. Franchement, c’est le meilleur rapport plaisir-prix de tout le voyage.
Hong Kong est-elle une destination chère ?
Le logement, oui, franchement. Les chambres sont petites et chères, c’est le prix de la densité. En revanche les transports coûtent une misère et on mange très bien pour pas grand-chose dans les échoppes et les marchés. Le dimsum, c’est la vie, et ça ne ruine personne.
Peut-on aller à Macao depuis Hong Kong ?
Oui, et c’est la meilleure excursion à la journée. Comptez 55 à 70 minutes de ferry depuis Sheung Wan, avec des départs toutes les 15 à 30 minutes. Prenez votre passeport : Macao a sa propre immigration, vous passez deux contrôles à l’aller comme au retour.
Peut-on sortir de la ville facilement ?
Oui, et c’est ce qui rend Hong Kong unique. Seulement 20 % du territoire est constructible, le reste ce sont des collines et des centaines de kilomètres de sentiers. Les îles sont accessibles en bateau pour quelques dollars hongkongais, et vous pouvez être seul en pleine nature à vingt minutes du quartier le plus dense du monde.
En conclusion
Hong Kong, c’est la foule, l’animation H24, du bruit, des senteurs, un contraste entre traditions et modernité. Des Hong Kongais vraiment “à l’anglaise” c’est à dire polis et discrets, parlant un anglais parfait. Mais c’est aussi la pollution, une communication qui peut être parfois difficile avec les Chinois immigrés du continent, une densité pouvant oppresser.
Clairement, Hong Kong ne laissera pas indifférent. Cette ville mérite d’y passer et elle possède certains avantages indéniables. La possibilité de prendre l’air sur les nombreuses iles ou les sentiers de randonnée vue sur les buildings, une nourriture vraiment bonne et pas trop chère, se perdre dans certains quartiers et profiter des marchés de jour comme de nuit. Ce ne sont pas les activités qui manquent à Hong Kong. Donc hop hop hop! Les vols ne sont pas chers, c’est l’occasion 🙂